Chronique du jeudi: ODE AUX MARTYRS (ES).

Quand les attentats du Bataclan émeuvent le monde entier,
Quand un chauffard fait un carton sur la promenade des Anglais,
Paris devient la mobilisatrice. Nice devient la martyre.
Quand Omrane se fait brûler à Alep, on accuse Assad,
Quand Aylan échoue sur une côte européenne telle une épave trouée ;
Tout le monde se transforme en alligator et verse des larmes
Pourtant, c’est les avions US qui bombardent,
C’est les officiers Israéliens, Turcs et Américains qui entraînent ;
Au nom d’une démocratie, mais pour le pétrole et Rockefeller
Quand on envahit l’Irak, c’est pour mettre fin au terrorisme,
Quand on détruit la Libye, assassine Guedaffi, c’est pour la Démocratie.
Après Paris, Nice, Bruxelles et Cologne, tiens, tiens, le terrorisme est là !
Mobilisation tout azimut, tous Pays confondus, toutes races, toutes ethnies ;
Peu importe le danger est réel, aux portes de la civilisation.
Pourtant, en 1990, le message était déjà là. Alger, Bentalaa et Ramka
La guerre des Balkans finie, le wahhabisme lâcha la horde sur l’Algérie
Guemmar sera le déclenchement de la sauvagerie.
Après qu’Ali Belhadj se préservant, enrôle les jeunes désabusés,
Les destinant à une boucherie sans précédent connu.
Allaités aux mamelles d’Hassan Essabah et de l’autre El Benna
Relayés par El Qaradaoui devenu esclave des Princes mégalomanes
La Mitidja, Ramka et Chekala, les Paysans fuient terres et taudis
À Baraki, dans la ville, la sécurité espérée n’est que chimère impromptue
Les rues d’Alger deviennent des coupe-gorges où le sang jaillit
Belkaid, Benhamouda, Boucebci, Belkhanchir, Liabes et Senhadri
S’ils font pleurer les Leurs et le Pays, font éclater la joie de la horde.
Rictus et baves illustrent les gueules taciturnes des dirigeants terroristes ;
Djaout, Mekbel, Yefsah, au lieu de se taire, préfèrent parler et trépasser.
Oran n’eut pas eu le temps de pleurer Rachid qu’Alloula et Hasni suivent
L’Algérie pleure Katia, Soumia, Batoul. L’Algérie pleure les Martyrs(es)

Le serment a été trahi au lendemain de l’indépendance,
Le pouvoir confisqué par des «Marsiens» et des Harkis soudain patriotes.
A permis cette guerre par l’instauration de la corruption et de la rente;
Ce pouvoir a permis, que la décennie de mille neuf cents quatre-vingt-dix,
Eut raison de la pureté, la noblesse, la naïveté et le patriotisme du sang
Des martyrs du devoir, amoureux de leur Pays malgré l’injustice et le déni;
Ce pouvoir a permis ce samedi de septembre mille neuf cents quatre-vingt-dix-sept
Ce vingt-sept à partir de quinze heures, la nature écœurée, éructa, toussa puis vomit
Les relents nauséabonds d’assassinats d’enfournage et d’écartèlements,
Elle se déchaîna à travers tous ses éléments : air, eau, ciel et terre…
Le ciel honteux, voulait à tout prix effacer les traces de l’ignominie;
Il prit une couleur ocre, se cacha derrière une masse de nuages en atmosphère ;
Plus bas, à raser les cimes des arbres, il importa une énorme tempête de sable ;
Le pauvre, faible et vulnérable Humain se confina dans ses prières ;
Redoutant le jugement dernier, il psalmodia, pria et vénéra
Rien n’y fit, puisque le tour du déluge vint : pluie, grêle et blizzard
De Benbadis à l’ouest, jusqu’à Ain-frass à l’est, c’était les limites de la Wilaya
En plein centre de laquelle se préparait l’inimaginable, l’inhumain, le cruel.
À Sfisef, le même climat engendre des peurs plus fortes et effrayantes.
Était-ce dû au fait qu’elle fut le théâtre de l’ignominie, de la boucherie?
Ou à la forêt qui surplombe dont les peupliers se firent fantômes et monstres ?
Plus loin, juste derrière le sommet de cette forêt d’eucalyptus, dense et touffue
Onze Belles et un Gentleman se vouaient au devoir divin: enseigner les chérubins.
Aïn Adden s’impose plus haut que Souabria, sur le mont des Guetarnias
Elle est la jonction du carrefour Sfisef, Sig, Sidi-Hamadouche et Zerouala
Premier hameau connu, avant le village agricole drôlement baptisé «Teffaha»
Scrutant d’un coin de l’œil, la vitre de sa classe, Kheira ne pouvait rien voir
Le sable du sud, le blizzard et le teint pris par le ciel éteignirent son regard.
Autant que ses sœurs et son frère Sabeur, l’inquiétude la drape, la ronge
N’empêche! Elle continue son œuvre sacrée : enseigner. Sans oublier les prières
À seize heures, la cloche sonne. Les chérubins sortent pour une fois en silence.
Apeurés, hagards, obnubilés par des couleurs à Stamboul, jamais vues.
Ils font vite, quittent l’école et rentrent chez eux, Ain Adden, soudain se vide.
La Karsan stationnée est à peine visible avec les flots qui giclent d’un ciel en colère
Elle ne suffit pas pour embarquer tout le monde. Certaines ont peur.
Elles prennent un autre chemin. Leur vie est encore longue, pardi! C’est écrit.
Restent les onze Belles et le Gentleman, la Karsan défie la tempête
Quelques encablures, à l’orée de la jungle, des troncs d’arbres, des détritus.
Le chauffeur aveuglé crut en les séquelles de la colère de Dame Nature.
Que nenni, Eddhib Eji’ane est sorti de sa tanière, exorcisant son passé pervers
Conciliabule avec le chauffeur, ensuite avec ses acolytes, la horde obtempère
À la décision de l’Émir de pacotille de fabriquer un Harem en saisissant les Belles.
La Karsan, écœurée refuse d’obtempérer, le moteur à peine ronfla et se tut.
Les Belles psalmodièrent à l’arrière, en chœur annoncèrent la chahada ;
Profitant du brouhaha, de la gêne imposée à la horde sauvage;
Notre Gentleman, d’un coup d’épaule éjecta le tango pour s’éclipser dans la forêt.
Une rafale s’ensuivit, le blessant surement mais n’arrêta nullement.
Un vilain terroriste le poursuivit, des rafales aveugles tirant.
Dans un état de transe, sous l’effet du panadol, du musc et d’autres excitants ;
Le chef de la horde, des Belles s’occupa. De fort mauvaise manière, il les agrippa
Une à une, la bête les égorgea, debout avant de lâcher le corps frêle qui s’affaissa
Au bout, un tas de corps ensanglantés, que la pluie lava, puis purifia.
Seul le chauffeur épargné, s’étonna quand la karsan répondit.
Au premier quart de clé, le moteur démarra. Hagard, absent, à Sfisef arriva.
La population ameuta. Des questions fusent. Aucune réponse. Enfin…. Il sanglota.
Demain fut un autre jour. Demain fut un autre deuil. El Watan, El Moudjahid, Liberté
Tous les journaux se vendront comme des petits pains en annonçant le glas
Que dis-je ? Le Monde, TF1, France2, CNN, la BBC dénoncèrent la forfaiture.
El Djazeera ne s’empêcha pas d’en parler non sans douter des assassins
Le Qui-tue-qui revient. San Egidio n’en démord guère. Le sang ne sèche point.
À la Compagnie de Gendarmerie de Sfisef, le sac de Kheira, je récupère.
Il y avait un cahier qui ne lui appartenait pas, un mouchoir, un porte-monnaie.
Une photo subitement usagée par les flots de la soirée
Sur le corps frêle de Kheira, ma nièce égorgée.
Repose en paix, Kheira. Reposez en Paix Martyrs de la Patrie.
Malgré votre Martyre, le Pays n’est pas encore définitivement sauvé…..
Puisque les héros d’une police communale sont au chômage,
Alors que pour l’assassin Merzag sont rendus, les hommages…..

djillali@bel-abbes.info

N.B.  Cette chronique est  celle de l’année dernière, fortement actualisée.

29 septembre 2016

le 29 septembre 2016


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29 septembre 2016

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