«QUAND SARKO SE FAIT RATTRAPPER PAR LA CONSCIENCE DE « SES » SOLDATS»

   Le 19 Mars, je n’ai jamais su comment le prendre. Est-ce réellement une « journée nationale » caractère que les officiels veulent lui donner ? On parle même de « journée fériée ».Ou bien est-ce un jour de « félonie»?

Moi, cette journée me rappelle deux tristes souvenirs :

Le premier, celui où j’avais  moins de douze ans, sortant de l’école et me dirigeant d’un pas pressé à la cantine scolaire qui se trouvait à quelques centaines de mètres de ma classe de cours. J’avais hâte d’y arriver afin de me régaler du « festin » que je ne saurais trouver chez moi. Je m’en foutais éperdument des balles qui,  soudain venant de partout, sifflotaient à mes oreilles. N’était-ce l’intervention d’un jeune soldat qui me prit sous son corps et ne me lâcha que le calme revenu. Je me débattais fortement sous lui, pour me libérer afin de ne pas rater mon déjeuner. Mais il était dit que ce jour-là, je devais jeuner. Que ce jour-là, un soldat probablement du contingent, devait me sauver la vie.

Le second, c’est que cette journée du 19 mars, me rappelle, les différentes affirmations qui abondaient dans le sens où elle fut mise à profit par des harkis et des personnes n’ayant rien à voir avec la révolution, pour s’accaparer du Pouvoir dans mon Pays et profanèrent ce pourquoi mon père et ses compagnons ont combattu.

Voilà, pourquoi, je ne sais plus comment prendre cette journée. Le hic, dans tout ça c’est que moi, je connais les raisons, mais les autres les connaissent-elles ? Les autres ? J’ai constaté que pratiquement tout le monde –colons et colonisés- ne savent pas comment prendre cette journée. D’ailleurs, personne ne l’a célébrée. Même le congrès des Moudjahidines, l’a passé en sourdine. En France, Sarko a interdit toute manifestation sur la date des accords d’Evian. Seul Hollande s’est exprimé à travers une tribune sur …. El Watan, où il conclue lapidairement   « ne pas rester prisonnier d’une repentance jamais déclarée et un oubli impardonnable »

Mais il se trouve des personnes qui ont « célébré » à leur manière cette journée. Parce que les pouvoirs des deux rives n’ont rien fait d’utile, ces gens-là ont préféré 50 ans plus tard, ne plus continuer à subir les tortures de leur conscience. Ils ont choisi courageusement de les libérer.

Surtout qu’il s’agit de témoins de première ligne. D’autant plus qu’il s’agit d’acteurs de l’évènement. C’est des soldats du contingent qui ont passé 2 ans de leur vie en faisant la Guerre en Algérie. Ils ont décidé de témoigner, afin de libérer leur conscience. Ils ont donc tout organisé. Cela a du prendre beaucoup de temps. D’abord pour se regrouper, se mettre d’accord et décider.  Ils l’ont fait le jour de la signature des Accords d’Evian. Ils l’ont fait pour dire que la Guerre était très sale. Qu’ils avaient assisté à des tortures insupportables. A des exécutions sommaires. A des viols en masse.

Leurs témoignages ont fait l’objet d’un film projeté le 18 mars à Saint Etienne, devant un public qui n’en revenait pas, qui ignorait tout, mais qui ne s’est pas empêché de se lever comme un seul homme à la fin de la projection pour exprimer une ovation intense et émouvante a ses ex-soldats qui ont choisi la vérité.  Admirables, même si c’était pour libérer leur conscience.

L’un d’eux disait : « On a tous actuellement plus de 70 ans. Nous avons fait le choix de témoigner afin que nos proches le sachent, car jusqu’à présent, ils ne savaient rien. Ce que j’ai vécu, ce que j’ai vu, était non seulement atroce, inimaginable, mais il me poursuit, chaque jour, chaque nuit  …. Alors, je parle, je suis sur que cela va me soulager.”

«J’ai personnellement assisté à tous types de torture : le chiffon mouillé, la baignoire, l’électrocution des parties génitales… Un jour, toute la nuit j’entendais des cris. Le lendemain, l’Adjudant nous appela pour nous dire : « venez ! On va enterrer ces ….. Quand j’ai vu l’état dans lequel ils étaient, j’ai vomi mes entrailles. J’étais malade 15 jours. »

Un autre raconte : « Dès mon arrivée dans un village Kabyle, en pleine montagne, j’étais ecoeuré par la vie des populations, par leur pauvreté. Ni gaz, ni électricité, ni eau. Même pas de quoi acheter un pain. Ils vivaient dans le dénuement le plus total. J’étais choqué. Et je me suis dit qu’ils avaient raison de se révolter.   Mais, ce que je vis par la suite, était plus cruel, plus animal. Un jour, on a ramené des civils. Le chef était de leur poser des questions en arabe. Puis d’un seul coup, il prit son pistolet mitrailleur et vide son chargeur sur tout le groupe. Je n’ai jamais pensé qu’on pouvait tuer des gens de cette façon !»

Et Sarko, toute honte bue, proclame que les erreurs étaient des deux côtés. Il ose mettre dans le même sac « bourreaux » et « victimes »  Il n’y a pas eu de guerre, dit-il, mais juste une guerre civile.

Si au moins,  il le disait par une intime conviction, même n’étant pas d’accord, je me serais éfforcé de respecter son point de vue. Mais, calculateur depuis qu’il était môme, il le fait par surenchère électoraliste, tout comme il l’a fait avec le génocide arménien.

La Guerre d’Algérie était une véritable guerre où même l’OTAN a été impliquée. C’était une guerre où l’armée Française toute entière dans ses trois corps (air, mer et terre) a participé.

Vouloir la réduire à une guerre civile entre colons et autochtones, c’est mépriser l’Histoire. Car l’Histoire atteste qu’il y avait une vie communautaire. Qu’il y avait beaucoup de colons qui aimaient les Algériens et qu’il y avait beaucoup d’autres qui ont participé au sein de  l’OAS. L’Histoire a écrit qu’il y avait beaucoup de Français (colons, médecins, corps administratifs et même soldats et simples citoyens) qui ont soutenu l’indépendance de l’Algérie, tout comme il y eut de nombreux Algériens qui soutinrent l’Algérie Française.

La Guerre d’Algérie est une véritable guerre : Le seul moyen de respecter l’Histoire et les Peuples s’est de le reconnaître humblement et s’en repentir. Même l’Allemagne nazie l’a fait.Ce n’est que dans ce cas-là que les deux Pays et leurs Peuples peuvent amorcer une ère nouvelle, basée sur des relations sereines.

On ne peut être responsable de ce qu’ont fait nos aînés”, clame Sarko. Et les Turcs, sont-ils responsables de ce qu’ont fait leurs aînés?

Autrement, Sarko et ses compères, continueront toujours par être rattrapés par la conscience des humbles gens qui se repentent. Ils sont plus respectables et plus nobles. J’avoue que j’ai de l’admiration pour ces soldats du contingent.Il est sur que leur vœu de vouloir mourir en paix, sera exaucé.

 

djillali@bel-abbes.info

 

 


le 22 mars 2012


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22 mars 2012

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