Chronique du jeudi: REQUIEM POUR KHEIRA ET LES MARTYRS.

Ce mercredi, déversoir de vingt-six ans d’asservissement,
Permit l’espoir de tout un Peuple, longtemps cloîtré, désavoué.
Cent trente ans de mouise, sept ans de guerre et de misère,
Que de Martyrs sacrifiés à l’autel de l’indépendance.
Tous «du genre qui paie de sa personne pour prouver ses vérités.» (1)
Mais Ceux assassinés par leurs Frères de combat Reniant le serment solennel, furent plus nombreux
Les assassins, bien qu’au Pouvoir pérenne, à jamais seront maudits.
Ce mercredi du mois d’Octobre, ne fut point un «chahut de gamins.»
Ce fut un Printemps hors saison, pour un Peuple, de justice épris.
L’année Quatre-vingt-huit du siècle dernier, fut l’annonce de la Liberté.
Liberté d’un Peuple amazigh, sitôt acquise, sitôt confisquée.
Chassés par la porte, les Rentiers par les fenêtres, reviennent.
Lutte au Pouvoir, FLN et FIS rappellent l’année soixante-deux.
Le Maquis de Kabylie paraît infime et Aït Ahmed incomparable au sinistre Abassi
Trente ans plus tard, Guemmar sera le déclenchement de la sauvagerie.
Après qu’Ali Belhadj se préservant, enrôle les jeunes désabusés,
Les destinant à une boucherie sans précédent connu.
Allaités aux mamelles d’Hassan Essabah et de l’Autre El Benna
Relayés par El Qaradaoui devenu esclave des Princes mégalomanes
La Mitidja, Ramka et Chekala, les Paysans fuient terres et taudis
À Baraki, dans la ville, la sécurité espérée n’est que chimère impromptue
Les rues d’Alger deviennent des coupe-gorges où le sang jaillit
Belkaid, Benhamouda, Boucebci, Belkhanchir, Liabes et Senhadri
S’ils font pleurer les Leurs et le Pays, font éclater la joie de la horde.
Rictus et baves illustrent les gueules taciturnes des dirigeants terroristes ;
Djaout, Mekbel, Yefsah, au lieu de se taire, préfèrent parler et trépasser.
Oran n’eut pas eu le temps de pleurer Rachid que Alloula et Hasni suivent.
Je pleure. L’Algérie pleure. Le serment a été trahi au lendemain de l’indépendance,
Le pouvoir confisqué par des «Marsiens» et des Harkis soudain patriotes.
A permis cette guerre par l’instauration de la corruption et de la rente;
Par le déni du travail, de la dignité et de la justice.
Ce pouvoir a permis que la décennie de mille neuf cents quatre-vingt-dix,
Eut raison de la pureté, la noblesse, la naïveté et le patriotisme du sang
Des martyrs du devoir, amoureux de leur Pays malgré l’injustice et le déni;
Benzohra écartelé en défendant son unité et ses travailleurs;
Son corps fut enterré ; sans sa tête et son cou à jamais disparus;
Bouhoud Lakhdar, le boute-en-train assuma le transport malgré les menaces;
Il fut une des premières victimes de la «Ferme des oranges», premier cadavre piégé
Samira, la championne équestre d’un douar de Tiaret, universitaire accomplie ;
Fut miraculée d’un égorgement d’une oreille à l’autre, alors de moins de deux ans, bébé.
Ce pouvoir a permis   ce samedi de septembre mille neuf cents quatre-vingt-dix-sept
Ce vingt-sept à partir de quinze heures, la nature écœurée, éructa, toussa puis vomit
Les relents nauséabonds d’assassinats d’enfournage et d’écartèlements,
Prise de panique par ce qui s’est passé et surtout ce qui s’apprête à se passer;
Elle se déchaîna à travers tous ses éléments : air, eau, ciel et terre…
Le ciel honteux, voulait à tout prix cacher l’ignominie à venir;
Il prit une couleur ocre, se cacha derrière une masse de nuages en atmosphère ;
Plus bas, à raser les cimes des arbres, il importa une énorme tempête de sable ;
Le pauvre, faible et vulnérable Humain se confina dans ses prières ;
Redoutant le jugement dernier, il psalmodia, pria et vénéra
Rien n’y fit, puisque le tour du déluge vint : pluie, grêle et blizzard
De Benbadis à l’ouest, jusqu’à Ain-frass à l’est, c’était les limites de la Wilaya
En plein centre de laquelle se préparait l’inimaginable, l’inhumain, le cruel.
À Sfisef, le même climat engendre des peurs plus fortes et effrayantes.
Était-ce dû au fait qu’elle sera le théâtre de l’ignominie, de la boucherie?
Ou à la forêt qui surplombe dont les peupliers se firent fantômes et monstres ?
Plus loin, juste derrière le sommet de cette forêt d’eucalyptus, dense et touffue
Onze Belles et un Gentleman se vouaient au devoir divin: enseigner les chérubins.
Aïn Adden s’impose plus haut que Souabria, sur le mont des Guetarnias
Elle est la jonction du carrefour Sfisef, Sig, Sidi-Hamadouche et Zerouala
Premier hameau connu, avant le village agricole drôlement baptisé «Teffaha»
Scrutant d’un coin de l’œil, la vitre de sa classe, Kheira ne pouvait rien voir
Le sable du sud, le blizzard et le teint pris par le ciel éteignirent son regard.
Autant que ses sœurs et son frère Sabeur, l’inquiétude la drape, la ronge
N’empêche! Elle continue son œuvre sacrée : enseigner. Sans oublier les prières
À seize heures, la cloche sonne. Les chérubins sortent pour une fois en silence.
Apeurés, hagards, obnubilés par des couleurs à Stamboul, jamais vues.
Ils font vite, quittent l’école et rentrent chez eux, Ain Adden, soudain se vide.
La Karsan stationnée est à peine visible avec les flots qui giclent d’un ciel en colère
Elle ne suffit pas pour embarquer tout le monde. Certaines ont peur.
Elles prennent un autre chemin. Leur vie est encore longue, pardi! s’est écrit.
Restent les onze Belles et le Gentleman, la Karsan défie la tempête
Quelques encablures, à l’orée de la jungle, des troncs d’arbres, des détritus.
Le chauffeur aveuglé crut en les séquelles de la colère de Dame Nature.
Que nenni, Eddhib Eji’ane est sorti de sa tanière, exorcisant son passé pervers
Conciliabule avec le chauffeur, ensuite avec ses acolytes, la horde obtempère
À la décision de l’Émir de pacotille de fabriquer un Harem en saisissant les Belles.
La Karsan, écœurée refuse d’obtempérer, le moteur à peine ronfla et se tut.
Les Belles psalmodièrent à l’arrière, en chœur annoncèrent la chahada ;
Profitant du brouhaha, de la gêne imposée à la horde sauvage ;
Notre Gentleman, d’un coup d’épaule éjecta le tango pour s’éclipser dans la forêt.
Une rafale s’ensuivit, le blessant surement mais n’arrêta nullement.
Un vilain terroriste le poursuivit, des rafales aveugles tirant.
Dans un état de transe, sous l’effet du panadol, du musc et d’autres excitants ;
Le chef de la horde, des Belles s’occupa. De fort mauvaise manière, il les agrippa
Une à une, la bête les égorgea, debout avant de lâcher le corps frêle qui s’affaissa
Au bout, un tas de corps ensanglantés, que la pluie lava, puis purifia.
Seul le chauffeur épargné, s’étonna quand la karsan répondit.
Au premier quart de clé, le moteur démarra. Hagard, absent, en ville arriva.
La population ameuta. Des questions fusent.  Aucune réponse. Enfin…. Il sanglota.
Demain fut un autre jour. Demain fut un autre deuil. El Watan, El Moudjahid, Liberté
Tous les journaux se vendront comme des petits pains en annonçant le glas
Que dis-je ? Le Monde, TF1, France2, CNN, la BBC dénoncèrent la forfaiture.
El Djazeera ne s’empêcha pas d’en parler non sans douter des assassins
Le Qui-tue-qui revient. San Egidio n’en démord guère. Le sang ne sèche point.
À la Compagnie de Gendarmerie de Sfisef, le sac de Kheira, je récupère.
Il y avait un cahier qui ne lui appartenait pas, un mouchoir, un porte-monnaie.
Une photo subitement usagée par les flots de la soirée
Sur le corps frêle de Kheira, ma nièce égorgée.
Repose en paix, Kheira. Reposez en Paix Martyrs de la Patrie.
Malgré votre Martyre, le Pays n’est pas encore définitivement sauvé…..
Puisque les héros d’une police communale sont au chômage,
Alors que pour l’assassin Merzag sont rendus, les hommages…..
djillali@bel-abbes.info
(1) Che Guevara

Requête: Madame BENGHABRIT, vous qui êtes en train d’accomplir un travail formidable, vous qui êtes consciente de la valeur de l’Enseignant, instituez la journée du 27 septembre comme journée nationale de l’Enseignant. Ce sera le niveau le plus faible de la Foi, eu égard à leur sacrifice.


le 24 septembre 2015


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24 septembre 2015

3 Commentaires pour “Chronique du jeudi: REQUIEM POUR KHEIRA ET LES MARTYRS.”

  1. Amirouche

    Bonsoir
    Une profonde tristesse m’envahit à chaque rappel de la mort de notre sœur Kheïra, ses collègues et tous ceux qui étaient atrocement assassinés, j’ai les larmes aux yeux, une vie si tragiquement courte, stoppée par les mains du mal.
    Dieu dit : «Quiconque tue intentionnellement un croyant, Sa rétribution alors sera l’Enfer, pour y demeurer éternellement. ALLAH l’a frappé de Sa colère, l’a maudit et LUI a préparé un énorme châtiment.» .Elles auront certainement leur vengeance, n’est-ce pas les Paroles de Dieu?.

    Allah yarhamhoume …C’est triste et douloureux pas qu’à leurs familles mais à nous tous.
    Aïd moubarek

  2. La Cygogne

    Lire ont été mobilisés (délégués)

  3. La Cygogne

    Bonjour Djillali

    La journée du 27 septembre a marqué l’humanité toute entière. Frédérico Mayor, directeur général de l’UNESCO a réagi officiellement pour dénoncer la barbarie islamiste qui a endeuillé le monde du savoir.
    L’occasion m’est donnée à travers votre contribution sur l’anniversaire de l’assassinat de nos soeurs enseignantes de SFISEF pour ajouter ce qui suit:
    Monsieur Fédérico Mayor, et suite à la résolution de l’assemblée générale de l’ONU à faire de l’année 2000, année internationale pour la culture de la paix, il a lancé un appel en 1997 à travers lequel je retiens:” Je suggère de créer ou d’ériger dans chaque pays, dans chaque ville, à l’image de la Tour Eiffel à Paris, un lieu ou un monument historique porteur d’un message de paix qui symbolise l’engagement politique et citoyen en faveur de la paix et de la non violence “.
    J’ai rédigé une lettre ouverte au secrétaire général de l’UNESCO qui a été reprise par la plupart des médias, notamment à la une du quotidien national “LIBERTE”. L’intitulée de la lettre était ” A la mémoire des martyrs du savoir de Sfisef,une signature pour ériger le parc de la paix autour de l’arbre de fer ou sentinelle de la paix”. Le projet a récolté des signatures à l’échelle nationale et internationale, de grandes personnalités du monde politique, sportif, littéraire, du cinéma, scientifique, des droits de l’homme, du théâtre. Jean Ziegler était à la tête des signataires. Comme convenu, j’ai déposé le projet au siège de l’UNESCO . La société civile de Sidi Bel Abbès a répondu à l’appel de l’UNESCO.Une copie a été remise par mes soins au président de la république actuel, et ce lors de la remise de la première médaille Africaine pour la paix en février 2000 par la société civile Africaine à monsieur Bouteflika. Les délégués de la société civile Africaine a été mobilisée par mes soins pour être présents à Alger sur la demande d’un membre du gouvernement. De Sidi Bel Abbès est née “La médaille Africaine pour la Paix”. Malheureusement, les promesses tenues par le président de la république au cours de la cérémonie à l’égard des représentants de la société civile Africaine pour la dynamisation de l’Académie Africaine de la Paix n’ont pas été respectées.
    Une copie du projet a été déposée au niveau de la wilaya de Sidi Bel Abbès pour une étude et probable réalisation du “Parc de La Paix” autour de l’arbre millénaire de Sfisef. Une deuxième copie a été déposée au niveau de monsieur Bentabet Mokhtar ex wali. Ce dernier a fait l’effort d’envoyer une commission pour étudier la possibilité de la réalisation du Parc de la Paix. Le projet consistait à la réalisation de deux terrains de pétanque, une scène en pleine pour les festivités culturelles, des bancs publiques, des espaces verts et des jeux pour enfants. Bien sûr une plaque commémorative accrochée sur le tronc de l’arbre de fer signalant” Parc de la Paix” à la mémoire des martyrs du savoir assassinées le 27 septembre 1997″. Que la mémoire collective s’en souvienne et prenne acte”. A la venue de ce Wali, une troisième copie a été déposée au niveau du bureau du chef de cabinet. Aucune réponse.
    J’insiste pour dire que la dénomination “Sentinelle de paix” attribuée à l’arbre de fer pour la réalisation de ce projet est une proposition de mon épouse acceptée par les initiateurs.Malheureusement, j’ai été surpris de constater dans un atlas des sites touristiques réalisé par la wilaya de Sidi Bel Abbès le titre ” Arbre de fer, la sentinelle de la paix” . Espérons, mon cher Djillali et cher cousin, que madame la ministre prend en considération votre noble proposition. Je tiens à ajouter que parmi les martyres qui étaient dans leur majorité mes patientes, existe ma petite cousine Mehaddene. Je tiens à te remercier vivement pour le rappel annuel de l’anniversaire. tahia El Djazaïr Horra Dimocratia.
    mes amitiés

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