Photo0231Les eaux usées, l’indifférence, l’ignorance de l’impact de la biodiversité sur la vie n’ont pas empêché la nature de maintenir son infini combat, de se défendre et se préserver par elle-même. Oued Mekera est continuellement mis à l’épreuve, son verdict prononcé par contumace a commencé depuis la décision de déverser les eaux domestiques sur son trajectoire. Et dieu seul sait de quoi on parle ! Un cocktail de poison létal qui empêche l’éclosion de toute biogenèse.

Sauf que la nature aura toujours son mot, elle ne cesse d’impressionner par

 

une apparition, un miracle à travers le quel, elle s’exprime acclamant un minimum de bon sens, de respect et de conscience. La rivière est déclaré morte dans les esprits. La couleur de son eau, sa stérilité dans certains endroits ont avantagé une crédulité.

L’oued est perçu aujourd’hui comme une décharge publique, un cimetière de toutes sortes de liquide qui encombre ses rives, et où, la vie est d’apparence inexistence. Au contraire, un lieu de démence qui porte tous les microbes et provoque toutes sortes de maladie.

Quel salaud d’être humain ! …. C’est lui la cause de ce mal, de cette image de désolation. L’état délabré de l’oued, c’est son œuvre, est pourtant il arrive par ingratitude et vulgaire arrogance à indexer la nature d’être à l’origine de son malaise et de sa mal vie.

Mais la nature reste supérieure, elle n’a pas de sentiments qui font dans le déséquilibre individuel ou social pour créer des différences, d’être juste ou injuste, bon ou mauvais. Elle n’a de comptes à rendre, à personne. Elle n’en veut à aucun. Elle donne sans précompte. Elle n’est pas coquette.

La nature est seulement ‘’MMBB’’, majestueuse, modeste, bonne et belle. C’est ce qui fait d’ailleurs sa suprématie, elle se préserve pour conclure dans la satisfaction du vivant, dans la préservation de la diversité quelle soit spécifique ou floristique.

C’est une école par spontanéité qui se distingue de sa prodigalité d’un coté, de sa persistance dans la vie pour juste donner vie, et apprend d’un autre à l’humain que ses actes et son comportement sont issus après tout, de son ignorance tant qu’il fait partie de cette diversité qu’il néglige, et parfois méprise sans le savoir, sans le vouloir au fond, du moment qu’il en parle, mais sans réelle intention efficace de la défendre.

L’oued qui prend d’un coté l’identité et fait la fierté de la région est aussi une source de vie de nombreuses espèces d’animaux, de volatiles, de poissons et d’insectes, d’arbres et arbrisseaux. C’est une biogénèse qui reprend miraculeusement, à chaque  fois, vie après être atteint de malheur devant l’impunité et l’absence d’une culture de l’environnement et d’une biodiversité.

Des dizaines de sources d’eaux claires et limpides ont éclaté à des niveaux éloignés de son cours au niveau de la commune de Boukhanefis, Tabia, Sidi Ali Benyoub et Moulay Slissen pour l’alimenter et lui redonné vie, comme pour rappeler inlassablement les consciences de prendre ‘’conscience’’ et cesser de s’adonner aux dégringolades quelles soient volontaire ou involontaire.

Le paysage de son bas fond comblé par des eaux abondantes en amont et ses rives qui ont retrouvé leurs végétations touffues, a retrouvé sa couche verte prenant la contexture d’une station thermale à ciel ouvert où, tout se fond et se confond dans une complexité ensorcelante, aux limites de l’ineffable, du moment que la vie et la mort cohabitent mystérieusement dans un eternel duel.

Le ruissèlement des eaux, le chant d’oiseaux interrompu par un Legé soufflement d’air intermittent constitue une symphonie irrésistible. Les arbres et arbustes préservent l’intimité de ce cocktail et donne l’envi de se perdre dans les songes, toute en larmes de crainte d’une déperdition improviste.

Une vie est soudain apparue après une longue absence qui a mis à rude épreuve la biodiversité de son entourage. Les pluies ont été prodigues, des sources d’eaux ensorcelantes ont surgi et ressurgi pour le plaisir d’alimenter l’OUED et lui donner son lustre.

L’eau a repris sa procession serpentant son sentier hydrique. Si les comportements néfastes incommensurables ont jusque là, réussi à freiner son développement, ils ne l’ont pas encore, par bonheur, arrêté. La rivière chante toujours ses claquement et pavane avec ses eaux, comme pour inciter, acclamer d’être accompagner dans son écoulement processif pour le besoin d’accomplir une unique nature : de vivre et donner vie tout court.

Les agressions n’en arrêtent pas ici. Les fellahs installent leur arsenal pour irriguer leurs champs de pastèques et melons, de tomates et autres fruits et légumes de la saison. Des dizaines de pompes, selon des infos, sont déjà sur place au niveau des sources aux alentours des communes précitées.

Le combat de la nature s’avère interminable devant l’absence d’une stratégie et une infinie impunité indescriptible. La biodiversité reste en constante menace. Des millions de mètres cubes seront puisés du cours de l’oued mettant en péril toute vie. Même la fraicheur disparait laissant place à une chaleur insupportable.

Les eaux usées prendront de nouveau le règne devant les rejets, une quantité qui reste insuffisante dans certains endroit pour préserver le cours d’eau, et ainsi disparaitre ici et là, mettant à sec l’oued. Le poisson meurt, les tortues aussi, les canardeaux, et la vie disparait jusqu’à nouvelle bénédiction.

Djillali T