Nos universitaires réagissent

À l’Université et particulièrement aux enseignants universitaires.

L’histoire vous donne là, une occasion inédite de retrouver la place qui vous a été confisquée, volée, dérobée, diriez vous, mais est-ce la cas ?
Depuis ce 22 février historique où la rue (le peuple) a cassé les tabous, libéré les initiatives, encouragé les actions émancipatrices individuelles et collectives, depuis que la rue a régénéré les énergies dormantes, décrassé les habitudes suicidaires de l’attentisme et du fatalisme, quel signal majeur l’Université a envoyé, si l’on excepte le mouvement salutaire des étudiants ?
Aucun, oui malheureusement, aucun.

Absente, oui absente en tant qu’institution productrice du savoir et formatrice de matière grise appelée à prendre en mains la destinée du pays.
En tant que telle, elle n’a pas le droit de rester en retrait et d’attendre les évolutions que la scène politique est en train de vivre. Elle doit accompagner, proposer, se faire entendre, dire, éclairer car elle a le potentiel que d’autres institutions n’ont pas, elle a le savoir et la vision, absentes ailleurs, et l’expérience l’a prouvé à travers les décennies passées.

Qu’attendent les professeurs, les maîtres de conférences dans ces moments de révolution, oui je dis bien de révolution !
Qu’attendent-ils pour s’impliquer davantage dans les marches, les slogans, les rencontres, les conférences qu’ils doivent initier. Pourquoi ce retrait ? Pourquoi cette indifférence d’une grande majorité des enseignants de grade
magistral? Cela fait peur, oui moi j’ai peur pour mon université, j’ai peur pour son avenir car l’Université n’est pas un lycée, l’Université n’est pas qu’un lieu où l’on dispense des cours et où l’on délivre des diplômes, non, non et non.

L’Université est un lieu de création, d’accompagnement et de proposition. Elle éclaire quand il n’y a plus ou peu de lumière. Justement, aujourd’hui l’avenir de notre pays est en jeu et tous ont besoin de cette lumière que
l’Université pourrait fournir.À défaut, cet éclairage viendra d’un autre espace au nom de n’importe quelle légitimité et on retombera dans une autre catastrophe que nous subirons encore longtemps

Pourquoi ce désistement, cette absence, pourquoi ? Le peuple algérien nous a payé nos études des années durant, il a financé, en se privant de beaucoup de choses nécessaires pour lui, ces stages de formation à l’étranger, il continue à nous envoyer là où nous demandons à la recherche du savoir et du savoir faire. Ce peuple dont nous faisons partie, ce peuple qui est notre chair et notre sang, ce peuple a besoin de nous car il n’a d’espoir qu’en des gens porteurs de savoir et de lumière. Ce peuple joue son avenir, sa liberté future, il joue la justice pour laquelle il s’est battu et continue à se battre, mais il a besoin d’une main qui le tient, qui le
soutient, une main qui le réchauffe et l’encourage, une main qui lui fait traverser ces moments difficiles et historiques et l’amener vers les rives qu’il espère atteindre. C’est la moindre des choses que l’Université devrait
lui offrir maintenant. Elle peut réaliser cela grâce à une mobilisation sans précédent de ses enseignants qui devraient occuper tous les espaces (y compris médiatiques) pour éviter toute déviation de la volonté de la rue,
qui serait préjudiciable pour l’avenir de notre nation.

Comment oserions nous demain demander la réhabilitation de l’Université et la majoration de son rôle, ou la révision du statut de l’universitaire, si aujourd’hui, au moment où nous devons non seulement être présents,
mais être à la tête de tout mouvement salvateur, être les guides, les éclaireurs de toute initiative qui aiderait à asseoir les bases de notre deuxième république, si en ce moment crucial pour l’avenir de notre nation, nous sommes en retrait ou carrément, absents.

Comment ensuite attendre une quelconque reconnaissance de la part de l’histoire ou des historiens ? Comment espérer une certaine indulgence de nos étudiants qui ont été les premiers dans la rue ?
Que dire à nos enfants qui nous regardent avec des yeux de pitié ? Pitié pour notre petitesse, notre insignifiance à l’égard du pays, de la nation et plus encore, de l’histoire qui ne pardonnera jamais.
Nous avons été gangrené par l’habitude qui faisait que nous bougeons que si nous recevons un retour à l’ordre dans le sens vertical, c’est à dire de la hiérarchie. La démocratie encourage plus les échanges à l’horizontal car
au moins, il n’y a aucune injonction même sous entendue.

Il est encore temps de faire en sorte de retrouver notre place en tant que force de proposition et surtout, se positionner en tant que partie garante de la non spoliation des espoirs de la rue.
Je me suis emporté car c’est la passion qui m’anime et l’avenir de mon pays est à mes yeux beaucoup plus important que celui de mes propres enfants. l’Université qui m’a tout donné ne doit pas rester à l’écart de la révolution.

Professeur Bouterfas Belabbas. Centre universitaire Ain Temouchent.

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09 avril 2019

le 09 avril 2019


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09 avril 2019

2 Commentaires pour “Nos universitaires réagissent”

  1. youssef

    étant enseignant universitaire a la retraite de l’université de sidi bel abbes je peux donné ma propre analyse et ensuite proposer une mouture. la première chose a remarqué depuis la fin de la guerre froide, la chose est redevenue majoriterment financière. ya plus d’ideologie c’est pourquoi on n’entend que argent, ya plus islame socialisme capitalisme laicité arabe amazigh etc. donc la chose est redevenue purement financière d’ou maintenant la remise en cause de l’activité des vieux partis..
    je considere que la situation éctuel n’est table de notre propéte sidna Issa 3alayhi essalam..el maida..c’est une table ou il ya la richesse de notre pays.
    autour de cette mayda on peut facilement distingué les differentes parie de la société qui gravite autour
    1.il ya le patronat privé
    2.le secteur publqiue
    3.les consommateur
    4.les syndicat du travail
    et 5 les autres qui ont un mouvement reduit les femmes enceinte, les femmes aux foyers les enfants moins de 18 ans, les personnes agés, les malades. c’est cette categorie qui doit choisir une femme ex juge …et je pense ya pas meilleur qu’une femme qui va défendre les femmes et leurs enfants

    vous voyez ya pas de parti politique..ces cinq categories doivent proposé un juge en retraite qui a une renommé national dans la defense de chaque catégorie.
    nous aurons donc 5 juges a proposé dans la course au présidentiel avec une condition que le président élus par tout l’Algérie doit travailler en collégialité dans ce qui concerne les affaire internes.. le président élus aura entre les mains les choses stratégique la défense les affaire étrangère et aussi les affaire financière entre etats..les juges doivent être choisi parmi ceux qui ont exercé dans la finance et non dans le pénal, car la problématique aujourd’hui c’est financière et non pénal..ces juges par expérience auraient traités beaucoup d’affaire entre patronna et syndicat , les différents étaient d’ordre financière

    puisque le président sera un juge ya rien a craindre des nominations puisque le juge regarde le CV des personnes et non leur appartenance ni leurs croyance ni leur langues ..

    le role des partis politique c’est la commune et le gouvernement..c’est un programme économqiue qui cherche une finance, ou une finance qui cherche un parti pour l’executer..

    donc ya pas aucun problème en algerie car le gros problème se trouve dans les idéologie. donc nous sommes a mon avis devant l’argent et l’argent c’est du technique..des chiffres sur une base d’étude claire. si vous allez chez un banquier pour un credit de développement il ne va vous demander ta couleur ou ta religion, il te demande de déposer ton Bisness Plan..

    donc ya aucun probléme…les choses vont évoluer vers le technique..les anciens partis versé dans les idéologie vont disparaitre ils n’ont pas le choix..
    parler de capitalisme de socialisme de langue d’islame ou autre chose ne rapportent plus.. a part les choses infranchissable qui sont dans notre madhabe malékite et qui ont été deja traité il ya de cela 2000 ans..rien a rajouter tout a été analysé et décortiquer ils nous ont rien laisser a ajouter
    sauf pour des cas rares isolés lié aux nouvelle technologie comme facebook
    avant y’avait ce cas..

  2. abbes

    si les enseignants ont fait leur travail de formation et le font actuelemnt c’est déja une importante chose, chacun fait son travail, ya pas l’élite, ça n’existe pas c’est un faux concepte qu’on avait herité des judeo chretiens. chacun pretend chez eux etre le peuple élue, nous n’avons pas ce probléme chez nous les muslmans, bien que certains courant comme chez les chi3ite font de principe un objet de stratification, bonne ou mauvaise utile ou pas utiles, ça reste a discuter, dans le l’élitisme il ya l’obstruction. chez nous notre base de travail culturel est basé sur le choura, meme nos méres qui n’ont pas d’etude de doctorat a chaque occasion elle demande a son fils ou sa marie de prendre l’avis d’un proche..notre base de travail c’est ”chawar” ..avant de faire n’importe quoi le mot reviend ”chawar” ..c’est un principe qu’on avait herité de notre histoire et le mot chawar est la base des études en droit. le juge ainsi que le chirurgien font dans ce principe un principe fondamental. prendre l’avis d’autre juge d’autre chirurgien avant d’entamer quoi que ce soit..
    malheureusement ce principe a été dilué pour des raisons historiques nous etions entre les juedeo chretiens d’un coté et les chi3ite de l’autre, chacun des 3 dit avoir raison et essaye de l’imposer …
    tout ce que peut faire un enseignant universitaire verser dans le domaine de l’analyse et non dans la technologie et le technqiue peut proposer des nouvelles idées..car ce probléme ne se pose pas qu’au algeriens meme en europe il existe car ils ne peuvent plus sirtir facilement de l’élitisme le messianisme et l’imamisme c’est leurs culture pas la notre..
    nous algeriens puisqu’on etait en face de plusieurs grande civilisation qui sont passé ici, nous avions acquit un grand héritage scientifique et même technique..y’a pas un monde arabe qui a connu cela. c’est pourquoi l’Algérie a produit de grand savant..
    en Algérie le problème n’est pas nationale mais de région vaux mieux parler de wialya et même de région dans une wilaya car chaque region a ces spécificités geographique et culturel et économique..si chaque université réussira a analyser sa propre wilaya c’est déjà un exploit..

    pour justement faire integrer l’intellegentia algerienne dans le domaine dite politique bien qu’il n’est pas politique. la politique par definition c’est un groupe de personne qui ont un projet économique et qui cherche un financement ou l’inverse un financier qui propose un projet et qui cherche les executant..c’est cela la politique. la politique c’est la finance et dans ce mileiu les regles du jeux sont connue, tous les coup sont permis..mais le juge essaye d’imposer des regles afin que ce milieu ne va pas tomber dans les reglements de compte la violence et la justice faire par soit meme. d’ou la regle il faut se constituer en société qui est basé sur des regles precis. le juge n’interviendra que sur la base de ce qui a été décidé dans un acte notariale rédigé et publier devant tout le monde..les choses sont claire et le droit de chacun est protégé par le juge donc la force publique, l’individu n’a pas besoin de faire justice soit même. le juge n’est pas un monstre il écoute plus qu’il en parle..il n’est pas actionnaire dans l’affaire.
    c’est pourquoi j’ai une fois proposé la démocratie dite du crépuscule au lieu de la démocratie dite nocturne. le monde européens en crise est dans la démocratie dite diurne. voila donc un objet de réflexion, ici chez nous ..

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