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REDOUANE AINAD-TABET : L’historien de Sidi-Bel-Abbès a tiré sa révérence.

En effet, après des années d’efforts la plume à la main. L’historien Ainad-Tabet, a tiré sa révérence. Son décès survenu le 4 décembre 2017 à l’hôpital de Bouchaoui (Staoueli-Alger), à l’âge de 82ans est une triste date. Voilà encore un auteur qui s’en va en silence. Lui qui avait écrit sur le « silence de l’attente » en évoquant le 8 mai 1945. Le voilà donc emporté dans un silence au dernier mois de l’année. Il a été enterré au cimetière de Sidi-Yahia le mardi 5 décembre dernier. Son fils Mourad était là. Ses fidèles lecteurs se rappelèrent qu’il avait dédié son premier livre à son fils encore enfant. Et déjà 40 années se sont écoulées. Oui, absolument ! Une quarantaine d’années. Déjà ! A dire vrai, c’est à l’image de beaucoup de jeunes de la génération de l’indépendance. Un poète Français (B. Marchon) disait: « Quelqu’un meurt, et c’est comme un silence qui hurle. Mais s’il nous aidait à entendre la fragile musique de la vie».

Redouane Ainad-Tabet était un ancien membre de l’ALN, historien, politologue, maître-assistant à l’institut des Sciences Politiques d’Alger depuis 1968. Il fut aussi l’un des fondateurs des archives nationales d’Algérie dont il fut directeur entre 1972 et 1977. Il était ensuite secrétaire général au ministère du travail et de la formation Professionnelles puis de la cour des comptes et président de la commission de lecture et aide aux projets Audio-visuels.
Travailleur acharné, il est l’auteur de plusieurs ouvrages en Histoire, parmi lesquels une histoire locale de la région de Sidi-Bel-Abbès. Voilà une raison à la juste mesure, qu’il est naturel de désirer lui rendre hommage. De fait, au cœur de ce lundi, l’hommage a une place de choix.

Il était surtout connu comme auteur de livres sur l’histoire de l’Algérie, notamment son livre de référence;
Redouane Ainad-Tabet : Le 8 Mai 1945, édition Opu-Enal 1977. Ce même ouvrage fut traduit et édité en langue Arabe par l’office de publication universitaire d’Alger en 1986. Toutefois, il faudrait préciser que ce n’est qu’après la deuxième édition revue et corrigée en 1987- Préfacée par Dr Djeghloul Abd Kader de l’Université d’Oran que l’ouvrage a connu son succès auprès du grand public. Ce livre n’était pas seulement le sujet de sa thèse, il était aussi une nouvelle mouture développée à partir de nouvelles sources constituées essentiellement par les archives de la police (PRG), mais surtout à partir de témoignages de militants nationalistes de la première heure recueillis puis pérennisés dans la longue durée.

À juste titre, en 2015, j’étais invité par l’université de Guelma qui avait organisé à l’époque un colloque international sur la commémoration du 70eme anniversaire des massacres du mois de mai 1945. J’avais choisi une communication sur le mois de mai 1945 à Saida. Plus précisément une comparaison des archives de l’ANOM d’Aix en Provence communicables en 2012 sur les événements avec les témoignages de Kadi-Hanifi et Brahim Ahmed, recueillis à bon droit par R.A Tabet à Tipaza en 1974. C’est-à-dire 29 années après. J’étais impressionné par la similarité des documents sur le mois de mai 1945 à Saida avec les témoignages (Rapports = Témoignages). Pour dire qu’Ainad Tabet avait accompli un remarquable « travail d’enquête » à cette époque. La similitude de certains faits et en particulier les dates étaient troublantes. Pour dire aussi qu’il avait tout simplement rassemblé l’heuristique du sujet et l’on peut affirmer qu’il fut l’un des premiers chercheurs à déclencher le starter de l’écriture de cette «douloureuse et tragique histoire à travers d’abord les témoignages et bien évidement les différents textes de documents d’archives ».

Redouane Ainad-Tabet a écrit un autre ouvrage en 1988 en collaboration avec Bouamari Mohamed, dont le titre était : Mai 1945 : Mémoire d’un peuple. Et ce n’est qu’à la fin des années quatre vingt dix que Ainad Tabet, s’est intéressé de près à l’histoire locale Algérienne. Tout ce passait comme si l’histoire, pour être mieux appréciée, devait s’écrire selon trois cercles concentriques : Locale, Nationale et Universel. « Le petit épicier de Sidi-Ali-Benyoub a le droit aussi de connaître son histoire, toute son histoire », disait-il dans son livre en collaboration avec le feu Tayeb Nehari. Le lecteur aura remarqué cette double référence à l’histoire nationale et locale en haut de la couverture du livre. Il avait mis en gras cette notion « Histoire d’Algérie », comme pour nous dire que l’histoire locale s’écrit en parallèle avec l’histoire nationale. D’ailleurs, ce livre a été écrit en deux parties, la première était locale et la deuxième nationale. Certains spécialistes diront sûrement qu’il fallait choisir entre les deux. Autrement dit, l’histoire locale désigne une certaine façon de faire de l’histoire qui renvoie de facto à une institution, à une école historique, à des méthodes académiques, à une écriture en particulier loin de tout anachronisme. Mais, connaissons cette génération d’intellectuels qui ont tous connus la période coloniale. L’écriture de l’histoire était pour eux une démonstration nationaliste. On le sait, la réponse aux questions « quand, où, pourquoi et comment » est fondamentale en histoire. L’histoire locale ne sert selon eux que de point de départ à l’enseignement d’une histoire nationale, cadre choisi pour l’école élémentaire qui consiste à l’acquisition de connaissance de base.

Ainsi, nos précurseurs de l’histoire nationale, ont voulu d’une façon générale être considérer comme les instituteurs de la nation Algérienne. Invité l’année dernière par les omniprésents : Professeur Mohammed Ali Taleb et le Professeur Abderrahmane Yousefat de l’association locale « Émir Abdelkader ». Ainad-Tabet a été ce jour là, à la hauteur de sa réputation en exposant d’un coté son inquiétude légitime de voir la mémoire submergée par l’oubli, et d’un autre coté l’injection du devoir de mémoire toujours présente dans ses récits. C’est donc dans ce contexte qu’il avait rédigé son dernier livre avec la collaboration du feu NEHARI Mohamed dit Tayeb, ancien militant PPA et ex-officier ALN. – Histoire d’Algérie- SIDI-BEL-ABBES de la colonisation à la guerre de libération en Zone 5-Wilaya V (1830-1962), édition Enag, Alger, 1999 (405 Pages).

Les enfants et la femme du Feu Redouane Ainad Tabet, ainsi que tous ceux qui l’on connu à Alger et ici à Sidi-Bel-Abbès et partout ailleurs, demandent aux lecteurs d’avoir une pensée et une prière pour lui. Qu’Allah accorde au défunt sa Miséricorde et l’accueille en son vaste Paradis.

AL-MECHERFI.
Lundi 11 décembre 2017

11 décembre 2017

le 11 décembre 2017


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11 décembre 2017

1 Commentaire pour “REDOUANE AINAD-TABET : L’historien de Sidi-Bel-Abbès a tiré sa révérence.”

  1. youba3

    ellah yarhmou mais question ”ecrire l’histoire” n’est pas permise en dehors des facultés de l’histoire car c’est une thèse de doctorat qui obéit aux règles de la science qui régit les sciences de l’histoire
    normalement quelqu’un qui voudra écrire sur l’histoire il le fait dans un cadre d’autobiographie comme témoin de l’époque.. un acteur historique dans n’importe quel domaine guerre, commerce, industrie, artisanat etc doit écrire ces ”propres mémoires” et non écrire sur le domaine lui même, car il serais obligés de donner son avis que les autres ne vont pas le partagé.
    a mon avis il est interdit d’écrire sur l’histoire qu’a travers un travail de licence et de doctorat. voila il faut au moins faire une formation en science de l’histoire avant d’entamer un projet d’e’criture sur ”une histoire particulière”
    donc ecrire sa propre biographie c’est permis a tout le monde et l’etat doit donner des prix de la valeur d’une voiture justement pour encourager tout le monde a écrire sa propre biographie, car c’est dans les biographie que les historiens demain vont faire croiser les infos multiple un travail de fouille
    approfondie. je pense que si la faculté d’histoire va etre sous la houlette de la faculté d’archeologie elle meme sous la houlette de la faculté des langues serais mieux. l’histoire et l’archéologie ne sont que des départements de la faculté des langue car c’est les langues les écrits qui transmettent l’histoire. a travers les hiéroglyphe égyptiens que les historien essayent de recomposer l’histoir . et puis n’oubliez pas que l’algerie appartient au monde arabe c’est eux qui ont rendu l’histoir une science ”c’est lez problème qui a été posé aux scientifique pour rassembler les hadiths du prophètes Boukhari, Muslim, Tirmidhi, Abou Daoud, etc.) nous avons donc derrière nous une tres grande ecole dans ce domaine…

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