ANNE-MARIE CARTHE : «SUR LE CHEMIN DE PEINTURE ET LA LIGNE D’ECRITURE.»

Les lecteurs de BAI se souviennent surement d’Anne-Marie CARTHE qui a accompagné Amel CHAOUATI lors du café littéraire organisé par le journal au mois de mai de l’année dernière sur l’œuvre d’Assia DJEBAR. Elles sont venues respectivement, en qualité de membre et de Présidente  de l’association «Le Cercle des Amis d’Assia Djebar»
Anne-Marie CARTHE qui est née à Sidi-Bel-Abbès, fille d’un couple d’enseignants, a été fort émue de son voyage à sa ville natale, même si elle voulait à tout prix se focaliser sur l’objet professionnel de son voyage.
Mais Anne-Marie est aussi un poète et un peintre. Elle a l’art d’allier les deux pour donner une expression beaucoup plus précise des thèmes qu’elle aborde. Il nous paraît en tant que profane, qu’elle s’inspire beaucoup de l’école Picasso et son art abstrait, qu’elle s’attelle à illustrer de poèmes chargés de métaphores et de mots doucereux.
Anne-Marie CARTHE récidive et vient de nous gratifier d’un recueil de poèmes-peints dédiés à des illustres personnages. Elle passe allègrement de Julio Llamazares à Kateb Yacine. De Antonio Muñoz Molina à Assia Djebar. De Nadia Sebkhi à Olympia Alberti. De Maissa Bey à Gabriel Okoundji et Albert Camus ; sans oublier les femmes d’Alger en faisant un clin d’œil à sa complice Amel Chaouati.
Quand on lit ses poèmes, on ne peut s’empêcher de se «torturer» pour trouver le lien avec les toiles qui les accompagnent, même si cela s’avère plus ou moins aisé pour Kateb Yacine où le graphisme renvoie à l’inévitable Nedjma œuvre «fétiche » de l’auteur.
En rendant hommage aux auteurs des deux rives, CARTHE constate que si « La terre lie les cœurs » «C’est la guerre qui renverse les étoiles du bonheur» et «C’est la violence qui bouleverse» et «Plonge la vie dans le malheur» pour enfin relever avec optimisme que cette « Profonde douleur » cette «…douleur se tait.»

Dédiant une toile et un poème aux femmes d’Alger, on ne peut s’empêcher de relever une nostalgie où à travers ces femmes, c’est son vécu qu’on retrouve : “Un jour, j’ai quitté ces appartements non sans douleurs, pour ne jamais y retourner. J’aspirais à la liberté, au grand air flirter avec l’inconnu et épouser la différence.»

A travers l’hommage rendu à Maïssa BEY, Anne-Marie ne peut s’empêcher de mettre en exergue le combat des femmes Algériennes : « L’Algérie dans la lumière Lumineuse et vivante; De son cri dans la poussière Se relève combattante.»
Ne pouvant ignorer Kateb Yacine, elle donne la primeur à la perception qu’avait l’auteur de la langue Française qu’il considérait comme « butin de guerre » Quand on maîtrise une langue qui n’est pas la notre, elle nous apprivoise sans occulter pour autant la notre : « La langue maternelle demeure en nous, Vibre comme l’âme d’un violon Nous donne tous les frissons.
Apprendre un nouveau langage ; Lettres blanches sur l’ardoise ; La langue de l’autre nous apprivoise. » Le tout agrémenté par une belle étoile cinq branches, en référence à Nedjma.
Le poème dédié à Albert Camus met en évidence certaine, toute la contradiction de son rapport avec l’Algérie : « Dans son antre encombré ; Immobile dans le silence ; Il mélange les pigments ; Se laisse entraîner ; Dans ses rêves immenses. » En précisant auparavant, tous les doutes qui l’envahissent : « La nuit devient tourment ; Ses doutes bousculent son esprit ; Il interroge l’amitié ; Y trouve l’apaisement ; La chaleur d’un sourire attendri » Auparavant, elle relèvera qu’ « Aux quatre coins du châssis ; C’est sa vie tout entière Qui se cogne et se bat; Lourde comme une pierre.» Camus s’y reconnaîtrait facilement.

Les œuvres d’Anne-Marie CARTHE ont l’originalité de combiner deux arts  -la poésie et la peinture- pour donner plus d’expression. C’est un peu la télévision de la littérature, mais en abstrait. On dit souvent que la personnalité de l’artiste est souvent influente sur ses créations. Anne-Marie n’échappe pas à la règle. Son métier lui permet quelque part, d’exorciser son vécu et notamment son “déracinement.” Elle reste soumise à son attachement. Et cela se voit dans l’expression forte de ses yeux.

Si la curiosité est forte pour l’œuvre, le lecteur  peut aller au lien d’Anne-Marie CARTHE   et pouvoir lire l’ensemble des poèmes et admirer les toiles y afférentes. Nous reproduisons ci-dessous d’autres œuvres  d’Anne-Marie CARTHE

djillali@bel-abbes.info

 

 P.S. Anne-Marie CARTHE,  vient de nous adresser quelques précisions après avoir lu l’article que nous nous empressons de mettre à la disposition du lecteur:

“Picasso n’est pas un peintre abstrait, il appartient à différents styles qui ont évolué tout au long de sa vie d’artiste. Le cubisme, la période rose et bleue font partie des principaux mouvements qui ont caractérisé Picasso.
Je ne considère pas ma peinture comme abstraite, même si parfois je la situe à la lisière de l’abstraction, mais plutôt comme une peinture figurative et de dialogue, d’expression et d’interrogation, et souvent symbolique.
Le texte qui fait lien avec le tableau des femmes d’Alger, est l’unique texte (je l’ai mentionné sur mon site) qui n’est pas de moi mais c’est celui d’Amel. Après qu’elle m’ait confié ce texte, j’ai réalisé une toile (Renaissance- qui fait référence aux femmes D’Alger) qui lui ait dédiée.
« Un jour, j’ai quitté ces appartements non sans douleurs, pour ne jamais y retourner. J’aspirais à la liberté, au grand air flirter avec l’inconnu et épouser la différence.» Amel Chaouati
Concernant le travail sur Camus il serait intéressant de mentionner que mon poème et ma toile font référence à une nouvelle de Camus, dont on parle rarement : “Jonas ou l’artiste au travail”. Il évoque surtout le statut de l’artiste et sa solitude face à la création. C’est une nouvelle décalée par rapport à l’histoire de Camus.”

Dont acte.


le 29 janvier 2014


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29 janvier 2014

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