Chronique du jeudi: «PRÉSIDENTIELLES : VIVEMENT LA LÉGITIMITÉ POPULAIRE!»

Les présidentielles démarrent sur le chapeau de roue. Déjà plus de 80 candidats ont retiré les formulaires et ce n’est pas assurément fini. On se croirait dans les élections d’un quelconque bureau directeur d’un club de football de division inférieure. Un peu de sérieux Messieurs, il s’agit du Président de la République ! Un zeste de « modestie » et d’humilité ne serait pas de trop.
Parmi les candidats, nous avons déjà les «Beznassa», les rejetons du système (inévitable !) les hommes (des) affaires, un Romancier, une nostalgique de la « lutte des classes», un fils d’un ex-footballeur, un ex-DRS et des émigrés. Tiens ! Qu’est-ce qui fait courir les émigrés pour la présidence ? Dilemme ! Pour la plupart, on ne connaît rien d’eux. Même pas leurs CV. Alors, pour l’expérience politique, il faut repasser. Il est clair qu’il faut donc attendre la campagne électorale pour découvrir qui a un programme, qui a de la démagogie, qui a du populisme et qui a du charisme. En fait cela ne changera rien au dénouement du scrutin. Car, chez nous, cela fait longtemps que les choses ont été réglées comme sur du papier à musique. Le peuple, il n’y compte pas. Il fait ce qu’on lui demande. Il suffit de lancer la derbouka pour qu’il rapplique. Je retiens au mois une chose de censé dans ce qu’à dit notre romancier-candidat  Yasmina Khadra, alias Mouleshoul Mohammed : « C’est notre lâcheté qui fait la tyrannie » Et là, je suis fondamentalement d’accord. On critique, on n’est pas d’accord, mais au niveau de l’urne, la majorité introduit le « Oui » La plupart ne vote pas. Bien sûr qu’il y a la fraude, mais elle n’explique pas tout. Elle n’explique pas la démission du citoyen.
L’hésitation du Président actuel sur sa candidature et le suspense qui en découle, pèsent énormément sur les évènements actuels et à venir. Djillali Sofiane, un des premiers candidats à s’être manifesté, se dit prêt à se retirer, si Bouteflika se représente pour la quatrième fois. La mouvance islamiste confirme son recul sur la scène politique. La décennie noire l’a véritablement desservi, à juste titre. Sans attendre la position de Bouteflika, le MSP décide de ne pas présenter de candidat à la magistrature suprême et de boycotter les élections. Cela est vraiment inédit pour cette tendance qui a le pouvoir comme objectif vital.
Probablement que la dernière sortie du coordinateur national des comités de soutien du Président donnera un peu plus de tonus à l’élection présidentielle. En effet, Abdelghani Touhami, déclare qu’il est «contraint de sortir de son silence face à l’impudence de l’imposteur politique Amar Saïdani qui fait pression, avec l’appui des lobbies de l’argent sale, de certains partis politiques et de personnalités, sur le chef de l’Etat pour l’obliger à se représenter, alors que Saïdani et ses soutiens sont parfaitement au courant de la décision du chef de l’Etat de ne pas briguer un autre mandat». Touhami souligne que «la décision de Bouteflika a été prise bien avant sa maladie » et précise que le chef de l’Etat lui a fait part, ainsi qu’à des membres du comité de soutien, « de sa volonté d’adopter une position neutre en s’efforçant de veiller à l’organisation d’élections transparentes et démocratiques, de réhabiliter la voix du peuple et d’ouvrir la voie à l’édification de la deuxième République en mettant un terme à la légitimité révolutionnaire»
Si cela s’avère exact, l’on pourra donc dire que le droit à la légitimité populaire est enfin arrivé. Pour peu que les lobbies dont parle Touhami et autres défenseurs de la continuité du système de rente n’arrivent pas à réaliser leurs objectifs, en « obligeant » le Président à se représenter.
Il est clair que la décision que prendra le Président pèsera lourdement sur l’avenir du Pays et sa stabilité. En effet, s’il décide de ne pas se représenter, il sera le garant idéal de la naissance de la Deuxième République et contribuera grandement à sauver définitivement le Pays. En assurant un scrutin sincère et honnête, il restera l’Homme qui aura réussi à moraliser la vie Politique. L’Algérie entrera de plein pied et définitivement dans l’ère démocratique moderne. On connaîtra probablement, même un second tour des élections pour départager deux candidats sortis au premier tour. Mais il faudrait encore que le système ne place pas quelqu’un d’autre en doublure pour se pérenniser. Car, il est notoirement connu que les comités de soutien sont aussi versatiles que les girouettes par rapport au vent. Un Saïdani a été près de Chadli, Boudiaf, Zeroual, Kafi et Bouteflika. Il sera demain facilement et toute honte bue avec Benflis par exemple et n’hésitera point à tirer à boulets rouges sur le Président actuel qu’il encense en ce moment.
Le danger, dans le cas où le Président décide de ne pas se représenter, viendra surement des candidats issus du système tels Benflis, Bahbouh…. D’ailleurs, la sortie de FFS qui dit avoir subi des pressions pour soutenir le candidat de Batna, est assez surprenante. Mais la déclaration nous laisse sur notre faim comme d’habitude. En Algérie, sur le plan politique, on ne parle qu’à demi-mot. Le FFS ne dit pas d’où viennent les pressions et qui les a faites! L’assurance avec laquelle vient Benflis étonne beaucoup. Le grand nombre de soutiens également. Voilà quelqu’un que l’on n’a pas entendu depuis 5 ans qui vient comme un Messie. Il est peut-être le candidat idoine, le providentiel, là n’est pas le problème. Benflis est peut-être l’un des rares candidats à avoir l’étoffe. Et puis il s’avère un militant de première heure des droits de l’homme et de lutte contre la corruption, ce qui peut être réconfortant. Mais toute cette assurance, tous ces soutiens, d’où viennent-ils, si ce n’est de la part d’un clan du système. D’ailleurs, les opportunistes habitués à sentir les affaires l’ont tout de suite compris. C’est ainsi qu’on a eu déjà droit à un incident diplomatique au niveau d’un plateau de télévision. Un invité se positionnant comme soutien au candidat de Benflis, victime du zèle et de son opportunisme, osera la critique d’institutions. Cela à fait réagir la cellule de communication du candidat qui se démarque du zélateur et considère que ce n’est point la position de Benflis qui milite d’abord pour la moralisation de la vie politique et le respect des institutions, en affirmant que les propos tenus n’engagent que leur auteur. Donc, si Benflis n’est pas boosté par le système, il ne sera jamais président, n’ayant aucun parti derrière lui. Dans le cas contraire, il sera coopté et donc incapable de mettre en œuvre sa vision, parasité par les priorités des intérêts du clan.
Cette semaine sera riche en évènements et en surprises. Les défenseurs du système de rente font le pressing actuellement pour que le président daigne accepter de se représenter pour un quatrième mandat. La probabilité que lui ne veut pas, est assez vérifiée. D’abord par le comportement du Président lui-même qui, jusqu’à présent n’a pas dit mot ; ensuite de la part du coordinateur de ses comités de soutien et enfin de la part de Saïdani qui confirme que M. Bouteflika ne veut pas continuer. C’est pour cela que sentant le danger, tous les leviers pouvant le contraindre à décider du contraire sont activement actionnés : Après Saïdani, il eut l’UGTA de la bouche de son secrétaire général Sidi Saïd, le RND de Bensalah mais aussi la Fondation Emir Abdekader et l’UNFA, sans compter les micro-partis. Le scénario est clair. On veut faire croire au Président que c’est le peuple qui l’exige.
En tout état de cause, le groupe qui œuvre dans ce sens, ne peut le faire continuellement. La date fatidique de clôture des candidatures approche et ceux-là doivent veiller à leurs intérêts. C’est pourquoi, l’on va assister inévitablement du report de leur soutien vers un autre candidat choisi parmi ceux que le système a formé.
En tout état de cause, ce seront certainement les élections de la dernière chance pour le Pays. Ou c’est la Deuxième République, ou le Pays fondra dans les méandres de l’incertitude….

djillali@bel-abbes.info


le 30 janvier 2014


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30 janvier 2014

1 Commentaire pour “Chronique du jeudi: «PRÉSIDENTIELLES : VIVEMENT LA LÉGITIMITÉ POPULAIRE!»”

  1. berraoui

    le probleme en algerie nest pas bouteflika.cest le systeme qui a existe avant lui et existera apres lui.
    imaginons un seul instant que boutef ne se presentera pas a lelection!!
    est ce que notre pays se transformera du jour au lendemain en une vraie democratie moderne!
    non …pire encore on aura droit un autre zele qui continuera la sale besogne celle de favoriser la mediocrite et sucer le pays de ses richesses jusqua epuisement total.
    encore une fois je dirais que le systeme est en cause y compris ces partis politiques qui crient a tue tete democratie et alternance alors quen realite leurs propres interets sont preserves en faisant le decor dune republique bannaniere qui laisse le droit daboyer mais pas le droit de gouverner.
    bouteflika et son clan ne lacheront pas le pouvoir.
    est il si idiot que ca pour signer son arret de mort de sa propre main.
    nous navons pas dopposition digne de ce nom capable de rassembler une dizaine de personnes pour un rassemblement pacifique devant le parlement.
    des guignols et des marionnettes oui nous en avons
    qui dira mieux 82 candidats a la presidentielle !!!!!!
    du jamais vu …apres le parlement a majorite CHKARA ET BENAMISME voila une autre opportunite pour gouverner un pays des miracles
    BILAD EL MOU3JIZATES………
    pauvre mon pays je te pleure et prie DIEU LE TOUT PUISSANT de te sauver des mains de ces rapaces qui ne lacheront pas prise de sitot.

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