L’homme des Aurès, le Général et les émirs

Mohamed Medjahdi relate dans cet ouvrage intitulé « L’homme des Aurès, le Général et les émirs », une histoire réelle, pour glorifier la mémoire de ceux qui sont morts au service de la patrie, lors de la décennie noire qui demeure une tâche exsangue dans la vie de la nation.
L’auteur décrit avec force détails comment nos forces de sécurité ont réussi de, mains de maître à neutraliser le plus important groupe de terroristes implanté dans cette zone abrupte de Aïn Defla durant l’été 1994.
Dans ce livre l’auteur raconte la reddition d’un émir qui a révélé à l’ex wali de cette région l’existence de centaines de criminels qui préparaient des attentats et coups d’action à Alger la capitale avec ses nombreuses institutions, sa périphérie et Blida.
Deux nobles figures de proue à savoir l’ex wali de Ain Defla et le Général Commandant de la 1 ère région militaire, avaient ainsi à cette date que l’histoire retiendra, accompli avec abnégation leur acte courageux.
Les unités de l’armée nationale populaire avaient mobilisé les grands moyens pour les besoins de cette opération militaire de grande envergure, mais surtout pour venir à bout d’un groupe terroriste qui activait déjà depuis quelque temps dans cette zone névralgique.
Les massifs montagneux qui vont de Beni Melik et Bourkika jusqu’à Hammam Righa et certains maquis de la wilaya de Aïn Defla ont été bombardés par l’aviation et les mortiers, suivis d’une grande opération de ratissage qui a duré plusieurs jours. Bilan : plus de 1.200 terroristes, ont été éliminés et d’importants lots d’armes et autres documents saisis.
Cette introspection dans l’univers des terroristes qui voulaient mettre à genou le pays tout entier, se veut être un témoignage de l’épopée de patriotes et serviteurs de l’Etat à l’image de l’ex wali et du général chef de la place de Aïn Defla, lesquels au risque de leur vie, se sont dressés solidairement face au péril extrémiste, tel un rempart dressé pour sauver la capitale et sa région de l’assaut des damnés de la terre. Ce témoignage se veut aussi un message aux générations montantes mettant en évidence l’esprit de dévouement à la mère patrie démontré par de valeureux nationalistes occupants des postes importants mais fermement engagés à mettre en péril leur vie pour tenter de sauver celles de leurs coreligionnaires
rédaction
1994. Une matinée d’été comme une autre, à Ain Defla. Après les grosses chaleurs un petit vent frais et caressant s’enroule à  mes épaules tel un compagnon amoureux, après une longue absence. La ville est  étrange,  alanguie au soleil, débarrassée du flot des voitures.
    Dans cette région qui faisait partie du triangle des Bermudes, et malgré toutes les douleurs, Ain Defla, ne désespérait pas. Elle luttait sans relâche contre les hordes sauvages. La population s’est imposée tous les sacrifices, pour ne pas laisser entrer le terrorisme dans ses murs. Elle a supporté tous les dangers avec une admirable énergie.
    Dans cette région frappée par le terrorisme, des assassinats aussi lâches les uns que les autres ont été commis. De nombreuses personnes avaient péries sous les balles assassines, des attentats à la bombe, par arme blanche lors des faux barrages ….C’était l’apocalypse.
    Cette journée, de cet été de l’an 1994, était un peu particulière. La ville assiégée par des monts,  où aujourd’hui on trouve le plaisir à l’aventure dans ces montagnes environnantes tout en se frottant  aux dénivelées cahoteuses des routes des djebels. Avec ses magnifiques dômes alpestres, le touriste peut aisément  effleurer avant de remonter dans la fraîcheur à plusieurs mètres d’altitudes.
    Ces monts, étaient un véritable fief des terroristes. Là on organisait des congrès. On préparait des attentats. C’était en quelque sorte le poste de commandement des groupes armés.
    En cette journée le mercure flirtait avec les 40°, température à laquelle les habitants n’étaient plus habitués. Pour faire face à cette grosse chaleur, chacun y va de sa petite astuce. Mais cette chaleur, s’ajoute à celle du « climat assassin ».
    Sous une chaleur étouffante, j’ai trouvé  cette ville, calme, malgré des attentats meurtriers signalés dans la région ou dans les wilayas voisines  comme Blida.
    Je déambulais, dans cette ville en empruntant le boulevard qui conduit à la wilaya. Soudain, je vis un homme étrange.
    Ce n’est point le hasard qui amena, en face de moi, l’homme. De là il contemple une  femme aveugle qui cheminait lentement le long du mur d’enceinte et cherchait à se diriger par les tâtonnements de son bâton.            
Elle paraissait fort âgée et sa démarche était chancelante, autant par suite du poids des ans qu’à cause de sa cécité. Ses vêtements, propres d’ailleurs et raccommodés avec un soin extrême, n’étaient point ceux de la saison et faisaient pressentir une cruelle misère.
    L’homme si pressé, traversa le boulevard pour assister la dame à longer la route. Il aperçut un visage honnête et calme, une physionomie dont de longues souffrances avaient adouci les traits fortement arrêtés. L’orbite des yeux était complètement vide, et les paupières, fermées et ramassées l’une sur l’autre, ne pouvaient s’ouvrir que juste assez pour laisser passer des larmes.
    L’embarras de cette malheureuse femme, l’aspect de ce visage que la souffrance avait marqué de son empreinte, de ces paupières vides et désolées, de ces vêtements … tout cela était fait pour toucher profondément le cœur. L’homme connaissait cette dame qui a perdu tous les membres de sa  famille. Tous égorgés par les terroristes. Il se sentit ému. Il s’approcha de cette pauvre femme pour lui indiquer son chemin, et la conversation ne tarda pas à s’engager. L’homme, lui parlait de Dieu et des consolations éternelles qu’il réserve à nos chagrins d’un jour. Le passant lui avait offert son bras pour la diriger. Il assouplissait sa démarche à l’allure peu rapide de la vieille aveugle, et ils suivaient lentement leur chemin en devisant des choses de Dieu.
    Elle se mit à raconter son histoire.
    -Ce n’est pas la peine, je la connais parfaitement dira-t-il
    -je sens votre souffrance, et nul ne peut nier ce que vous endurer. Un jour ces criminels le payeront cher. Et ce jour n’est pas loin. Lui dit-elle, en la réconfortant.
    Ramené de l’autre côté de la chaussée, l’homme, la laissa seule, comme toujours sombrée dans sa solitude. Il lui demanda de prier Dieu, afin que justice soit faite.
    Hâté, il avait  les yeux humides : il était remué jusqu’au fond des entrailles par le ton désolé dont la malheureuse aveugle avait prononcé ces dernières paroles.
    Celui se dirigeait droit vers le siège de la wilaya. Tellement il était pressé, notre homme ne faisait pas attention aux gens qui le saluaient.
    Il voulait à tout prix rencontrer le wali d’Ain Defla.
L’homme en question, était sollicité par un émir. Il faisait partie des dirigeants du groupe de terroristes qui tentaient de frapper fort la capitale et la région de Blida. Cet émir voulait se rendre. Il ne faisait confiance qu’à notre homme et le chef de l’exécutif.
D’ailleurs, c’est hier, que l’émir lui avait rendu visite. L’homme qui occupait une habitation située presque à la sortie de la ville, ignorait qu’on frappait à sa porte à une heure tardive. Il était allongé dans sa petite cour à observer  les étoiles, même si en ville le ciel y est beaucoup moins beau. Seules les étoiles les plus brillantes sont visibles. Le peu d’éclairage urbain masquait la myriade de petites étoiles certainement mortes.
Cet homme allongé, et qui sirotait son café en silence, n’avait pas sommeil. Il  portait toujours ses vêtements comme si il attendait quelqu’un. Dehors, la ville dormait déjà. Il est presque minuit. L’homme se leva, quand soudain il entendit frapper à la porte. Une peur bleue s’empara de lui.
          – Ouvre si…, c’est moi …. , murmura l’émir derrière la porte.
           – Ouvre n’est pas peur  a-t-il rassuré.
L’homme qui a reconnu la voix longea  le couloir et tourna la clé ! Le barbu  est apparu sur  le seuil.
          -n’est pas peur, n’est pas peur, laisse-moi entrer.  Lança-t-il.
L’émir, avec sa longue barbe et une tenue débrayée, dans laquelle il dissimulait un pistolet, poussa la porte. La respiration de notre homme  s’affola .Il sentait son cœur frappait dans sa cage et ses membres tremblaient de frustration et d’un autre sentiment dont il n’arrivait à identifier la raison de sa présence.
         –  Ghi  El khir ?  Souffla-t-il
 Rassure-toi !! Rien de grave. Répond l’émir, en ajoutant :
    – Si je suis là, c’est parce que j’ai besoin de tes services.
Les deux hommes entrèrent dans la cuisine. L’émir affamé sauta sur  le reste du diner, froid, encore sur la table.
Tenaillé par la faim, fatigué après plusieurs mois dans le maquis, l’émir  a décidé de se rendre. C’était un homme las et amaigri.
Il se retourna ver notre homme, et d’une voix basse lui dira :
    – Il faut absolument que tu me fixe un rendez-vous avec le wali, et dans les meilleurs délais. Je veux me rendre. Je veux me racheter. Les terroristes qui tiennent leur congrès se préparent pour mener leurs sales coups.
     L’homme qui l’écoutait attentivement, ne faisait que hocher sa tête, en signe d’accord. 
Aucun son n’était sorti d’entre ses lèvres, rien n’avait osé s’échapper de sa gorge alors qu’il était face à  son regard perçant, les lèvres entrouvertes, son cœur sur le point de s’échapper de sa cage doré. Sa bouche semblait indépendant du reste de son corps, refusant de se fermer ni de sortir le moindre mot alors il se terra dans son mutisme.
L’émir était clair et net dans ses dires. Celui-ci prendra une gorgée d’eau et quitte le domicile.
Le silence venait de reprendre sa place de maitre des lieux alors qu’un long soupir brûlant s’échappe des  narines du propriétaire de la maison.
  El Hamdoullah !!!!!!!!El Hamdoullah !!!!!Oh mon Dieu que dois-je faire?
Les doigts emmêlaient dans ses cheveux humides dus à la transpiration et ses dents torturant sa lèvre inférieure jusqu’à laisser échapper un mince filet rougeâtre de sa muqueuse.
Il avait l’esprit encore embrouillé par les mots  de l’émir. sa gorge était seche. Avec un pas lourd il se rendit dans la cuisine pour trouver de l’eau.
C’était la première fois de sa vie qu’il voyait un terroriste armé.
A ce moment, sa femme se réveilla. Heureusement elle n’avait rien entendu ni vu.
   – Il est une heure du matin, et pas encore au lit ? lui lance-t-elle.
Tremblant encore, le cœur au bord des lèvres alors que son organe semblait vouloir s’extraire de sa poitrine lui répond difficilement que la chaleur l’empêchait à s’éclipser.
Lentement, il se dirige vers la cour, et s’allongea sur le tapis. La ville d’Ain Defla  baignait dans la pénombre fraicheur de cette nuit d’été, et semblait endormi sous le poids d’une pleine lune éclatante tandis que les habitants étaient tous bercés dans les bras protecteurs de Morphée.
Ecore sous le choc, l’homme avait de la sueur qui  dégoulinait de ses tempes et coulait dans l’arrière de sa nuque pour venir s’échouer sur son tee-shirt blanc désormais humide et d’une froideur cadavérique, le sang de sa muqueuse dévalait l’arrête de sa mâchoire. Il était très nerveux. Il ne savait quoi faire. « Dois-je voir le wali ? Dois-je être l’intermédiaire ? S’interroge-t-il, tout en priant Dieu de venir à son aide.
La nuit était si longue. Ses doigts serrèrent alors brusquement son menton avec une violence non maîtrisée. Il décida de voir le Wali pour lui parler de cette reddition.
Sa tête était désespérément orientée vers le ciel, alors qu’il sentait son crâne le brûlait horriblement. Ses doigts ne cessaient de tirailler sa crinière comme si son corps était inanimé alors que la rage, et la peur perlaient au coin de ses yeux. De légères billes brillantes s’accumulaient dans le recoin de ses paupières tandis que ses dents torturaient sa lèvre inférieure dans l’espoir de compenser la douleur provenant de son crâne.
Il attendait avec impatience le levé du jour. Mais ……la nuit était si longue. Les paroles  de l’émir résonnaient encore dans son oreille. Elles ‘re’pénétraient dans son esprit, dans les tréfonds de son âme jusqu’à le percuter de plein fer, semblable à une balle, sifflante et implacable transperçant son cœur et s’implantant dans sa chaleur.
L’homme était si furieux, si énervé, et complètement déboussolé.
    – Wach had el mossiba ? Oh!!Mon Dieu !!  Murmure-t-il.
Les heures passaient mais ressemblaient à des siècles, quand, soudain  l’homme sursauta en entendant le muezzin. Il contempla les premières lueurs de l’aube avant de rejoindre sa chambre. Plongé dans un profond sommeil, il ne se réveilla que vers 11 heures du matin …..
Devant l’entrée de la wilaya, l’homme fut stoppé par les agents de sécurité.
Je veux voir Sid El Wali. Dit-il d’un air emporté.
Désolé, vous devez revenir après demain, jour de réception, lui répondra un agent
Mais c’est pour une affaire d’une extrême urgence, messieurs, laissez-moi entrer, insiste-t-il.
SVP, monsieur n’aggravez pas la situation et revenez après-demain.
Pas question, pas question, il faut que je vois, le Wali, même s’il faut que je l’attende ici.
Soudain, une main puissante s’empara de son vêtement et le tira brusquement en arrière. L’agent de sécurité tentait de l’expulser des lieux. A ce moment précis, la voiture de Monsieur le Wali entrait.
L’homme se libéra des mains de son agresseur,  et cria haut et fort  « Sid El Wali !!!- Sid El Wali !!!.
La voiture s’arrêta.  L’homme s’approche en courant. Le volume sonore de sa voix s’amenuisait au fur et à mesure des mots qu’il lâchait.
Les agents de sécurité reçurent l’ordre de la laisser entrer. Le wali savait qu’il s’agit d’une histoire sérieuse.
Le visage  de l’homme se figea un instant et une ombre passa devant ses yeux. Elle lui faisait  signe de main  de le suivre.
Il a été invité à prendre place, à la salle d’attente. L’homme attendait avec une folle impatience. Le bruit du climatiseur, le dérangeait à outrance. Il était entièrement stressé. Cloitré entre les murs, il ne faisait que déambuler en faisant des vas et viens.
Trois quart d’heures après, le chef du protocole du wali, fit son entrée dans la salle où l’homme était complètement « déglingué ».Il lui demande  de le suivre. Son visage  se crispa de stupeur, puis vira au noir ténébreux du bois d’ébène. Ses jambes ne supportaient plus son poids. Il s’efforça de monter l’escalier qui mène au bureau du wali.
Il était 15 heures passé.
Ayant franchi le seuil de la porte du bureau,  son regard va droit au wali qui observait, depuis la fenêtre, le décor,  de dehors. Il se retourna vers lui et lui demanda de prendre place.
   -Alors ! … lui souffla la wali.
Le cœur de l’homme  a accéléré à une vitesse affolante. Son visage est devenu pale. Il avait du mal à composer des mots.
Rassuré, et consolé par le premier responsable de la wilaya, le  mystérieux homme commence le récit de l’aventure d’hier.
   -Est ce que cet émir te connait ?
   -Oui Monsieur le Wali. Il est de ma tribu. Et il fort confiance en vous.
   -Très bien. Mais écoute, que cette histoire restera « top secrète » et avise-moi dès qu’il sera prêt.
   -Ok ! Ok ! Monsieur le wali. C’est promis. Affirme l’homme avant de quitter les lieux.
La wali, était perdu dans ses pensées. Puis il se leva.
Il se dressa sur ses deux pieds et se posta près de sa fenêtre d’où filtraient toujours les rayons du soleil, qui se dirige droit vers l’Ouest. Le cœur tambourinant contre son thorax, le wali contemplait les monts lointains d’Ain Defla. « Il faut réagir, même si ceci me coûtera  la vie » dit-il au fond de lui.
C’est un homme qui aime beaucoup son pays. Autrement il n’aurait jamais accepté de travailler dans cette région conquise par les terroristes.
Dehors, l’homme se dirigeait droit chez lui. Arrivé à proximité d’un jardin, il décida de se reposer.
Allongé dans l’herbe humide, la respiration saccadée et les poumons en feu, l’homme  tentait vainement de reprendre son souffle. Son ventre désespérément vide criait avoir faim alors que son cerveau le félicitait de l’effort fait.
Se relevant du mieux qu’il put, vacillant à plusieurs reprises, la tête lancinante et éprouvée, il se traîna avec difficulté vers son domicile
Arrivé, et avec  une lenteur exubérante, l’homme fit un effet et se glissa sous la douche d’une température tiédasse. Mais l’eau se déversant dans ses pores lui faisait un bien fou et lui rendait les idées un peu plus claires. Il s’habilla prestement et demande à sa femme de lui service à manger.
Et alors que la lune reprenait ses droits, enchaînant une nouvelle nuit interminable, l’homme hésitait à parler à sa femme.
Celle-ci ahurissante devant le comportement de son mari, ne cessait de lui exiger les motifs de son état bouleversé.
 -Tout ce que je te demande, c’est d’interdire les filles de venir chez nous ces jours ci.
L’homme avait deux filles mariées, alors que ses deux garçons vivaient en France.
   -Pourquoi ? lui demanda-t-elle.
  – fais ce que je te dis et ne cherche pas à comprendre. Lui ordonna-t-il.
  – Mais je n’oserais jamais dire ceci à mes filles et tu le sais bien.
  – je le ferais moi-même, et après tu comprendras pourquoi.
Sa femme avait depuis la nuit d’hier des doutes .Elle savait que quelque chose s’est passé. Alors que son esprit cherchait à élucider ce qui se passe, la femme fut surprise par une drôle question de mari.
–           Et si le fils de ……. Viendra ce soir chez nous ?
–           Quoi ? Le terroriste ? Mais ……..
–           Ne t’affole pas, il veut simplement se rendre, et puis il a beaucoup de choses à dire .D’ailleurs le wali est au courant.
–           Mais……..
–           Ecoute, il viendra sûrement cette nuit pour fixer son rendez-vous. De grâce, considère ça comme un secret.
L’homme quitte sa femme .Il va droit se coucher.  Allongé dans le noir de sa chambre, la seule lumière étant celle de la pleine lune berçant les nuages à travers sa fenêtre, l’homme fixait un point inconnu du plafond, le souffle lent, le cerveau ébouillanté.
Mais, les “tic-tac” de cet imperturbable réveil, résonnent de plus en plus fort dans sa tête… Il se tourne et se retourne pour tenter de les étouffer. Son dos le fait souffrir. Condamné, impuissant, il ne me reste plus qu’à espérer que la déesse des rêves, le berce et l’offre son refuge, loin de tout… Ça y est, délicatement, elle vient à son secours ; ses paupières s’alourdissent… Le silence, la douceur l’enveloppent : il part…
Sa femme vint se mettre à côté de lui sans le déranger. Elle a peur. Elle se souvient des massacres perpétrés contre les populations. Elle sait pertinemment que ces sanguinaires n’ont pas de cœur.
Ne pouvant dormir, elle  retira la fine couverture de son corps et se leva lentement du lit. Elle se rendit dans la salle de bain pour se rafraîchir. .Elle éclaboussa son visage avec de l’eau froide, tout en massant ses yeux devenus
Ses cheveux,  étaient un peu ébouriffés suite aux retournements, qu’elle avait effectué au court de la nuit, mais elle s’en fichait. L’heure affichait minuit 20mn.
Ses pensées furent interrompues. Elle venait d’entendre quelqu’un marcher à l’extérieur. Une peur s’empara d’elle.
–           Qui pourrait être ? Des soldats qui font la ronde ?
Elle se dirigea vers sa chambre, où son mari est plongé dans un profond sommeil. Elle voulait le réveiller. Elle hésite.
–           Peut-être ses sont des militaires ? Dit-elle.
Sa tête lui disait de rester calme. Mais son cœur ne pouvait s’empêcher de se soucier de  son mari. Elle savait que l’émir, frappera une seconde fois à leur porte.
 Le calme est revenu. La femme jeta  un regard sur l’horloge. Les aiguilles affichaient presque 1 heure du matin. Quand soudain, on  se mit à frapper à la porte.
Elle sursauta violemment. … N’importe qui aurait pu voir à quel point elle avait  peur.
Elle sentit son cœur s’emballer à coup redoublé dans sa poitrine.
Elle court vers son mari.
–           Ya radjel , ya radjel , on frappe à la porte , réveille toi.
L’homme se réveilla en sursaut et se dirigea vers la porte.
  -C’est qui ? dit-il d’une voix basse.
   -C’est moi …..Ouvre. Je ne resterais pas longtemps. Lui répond l’émir.
Et la lourde porte blindée, s’ouvrit dans un grincement.
Le barbu, salua l’homme. Ils entrèrent dans une pièce. L’émir prit place. Alors qu’ils discutaient la femme préparait du café.
En quelques minutes, tout a été dit.
L’émir a fixé le rendez-vous. Le mercredi après la prière d’El Asr, à la résidence.
Le matin, l’homme se mit à table en face de sa femme pour prendre son petit déjeuner. Ses yeux  étaient connectés avec ceux sa femme. Il remarqua que ses sourcils étaient légèrement froncés et ses lèvres faisant légèrement la moue. Elle était curieuse de savoir tout.
La femme  avait tellement de questions qui se bousculaient dans la tête. Comment mon mari est entré en contact avec l’émir ? Pourquoi le choix est-il porté sur lui ?  De quels sujets  parlaient-ils ? Toujours et encore plus de questions. Mais à  cet instant précis, elle se disait que ce n’était pas le moment de chercher des réponses.
L’homme se dirigea vers le salon, pour donner un coup de téléphone. Il compose le numéro du wali, et l’avise de la date du Rendez-vous.
Ce jour-là j’ai décidé de rentrer chez moi. J’habite à Tlemcen, plus précisément à Sebdou. Je ne pouvais supporter la chaleur d’une part, et les histoires des massacres, données chaque jour par les médias.
 La ville vit au rythme de la chaleur. Un épisode caniculaire  d’une intensité exceptionnelle, facteur qui oblige les populations à rester chez eux, rendant la ville calme, et sans grande circulation. Une fois le soleil au zénith,  Ain Defla plonge  dans une torpeur quasi-totale imposée par la chaleur.
Je me rendais au café du coin.
A l’intérieur, l’ambiance est plus recueillie. Quelques joueurs, des vieux, sont déjà attablés et à leur table préférée. Ils s’adonnaient à une partie de dominos.
Ça fait presque une semaine que je me rends dans ces lieux. Le garçon savait ce que je devais prendre. Sans faire ma commande, celui-ci me sert un café noir.
Commençant à consulter les journaux, je n’ai trouvé aucun article intéressant. Tout ce qu’on publiait, c’était les massacres perpétrés contre les populations, et les embuscades tendues par les terroristes à travers le pays.
Autres sujet traitent les  négociations avec le FMI  qui avaient permis de rééchelonner le remboursement de la dette ; le gouvernement obtint aussi un prêt de 40 milliards de francs de la communauté internationale pour libéraliser son économie.
Mon père avait raison un jour lorsqu’il m’avait dit qu’autrefois, le journal faisait partie de la vie quotidienne. On l’utilisait pour envelopper la salade ou la botte de carottes au marché ; on tapissait les poubelles de ces pages pour que les ordures ne collent pas. Il était aussi là pour emballer et protéger verres et bibelots à l’occasion d’un déménagement. On ne le lisait jamais complètement mais on l’achetait et on le lisait dans les grandes lignes.
Je tire une légère bouffée de ma cigarette que je regardais pensivement comme pour l’interroger. Encore assis, à contempler ce décor, et à entendre le bruit  des pièces de dominos, l’homme fit son entrée dans le café, et en voyant la une des journaux  qui rapporte des massacres, me dira « bientôt, bientôt ».
Un peu surpris, j’ai écrasé ma cigarette sous ma chaussure. Il m’a poussé à rester encore quelques jours dans cette ville. En réalité j’étais curieux de savoir ce qui se passera le Mercredi.
J’ai téléphoné à mes parents, et à ma femme  depuis un kiosque multi service.  Je les ai rassuré que tout va bien, et  que je ne viendrais que la semaine prochaine. Pourtant ma  fille Amira,  âgée a peine d’un an, me manquait tant.
Les journées sont longues. Elles se ressemblent. L’été reste traditionnellement le temps des vacances et du repos. Mais pas pour tous. Les massacres signalés partout empêchaient les citoyens à voyager, ou emprunter des routes.
Ain Defla , à l’instar d’autres villes , présentait un visage mort. Chaque jour depuis que j’y suis, des patrouilles, composées de véhicules légers et de blindés, circulent sur les principaux boulevards. Et le long des routes nationales, on constatait des barrages fixes. A partir de 18 heures, toute circulation de véhicules civils est interrompue.
Et pour cause on craignait les faux barrages.
Je n’avais rien d’autres avec quoi tuer mon temps sauf un vieux roman de Balzac intitulé le Père Goriot. Et comme les journées étaient longues je l’ai vite parcouru.
Mercredi. Déjà aux premières heures de cette  journée, un soleil de plomb brille sous un ciel bleu complètement dégagé, dans une chaleur moite et paisible.
J’étais pressé. Très curieux. Ce rendez-vous m’était important. Le temps ne passe. Les aiguilles de ma montre tardent à afficher 17 heures. Je n’ai pas quitté le périmètre de la résidence. En face je prenais un sandwich, quand soudain je vis quelque chose de particulier. Des agents de sécurité qui se positionnaient directement. A quelques minutes de la prière, trois voitures entrèrent à la résidence. Celle du Wali, faisait partie de ce petit cortège.
Je savais que le premier responsable de la wilaya a été avisé par l’homme. L’émir et sa femme sont en ville.
Je vidais dans ma bouche les dernières gorgées d’eau.
A l’intérieur de la résidence, le wali, le visage fermé, le regard sombre, les mains derrière le dos, faisait les cent pas. Ses chaussures ne faisaient pas le moindre bruit en frappant le sol. Il n’avait point peur. Il cherchait à savoir que voulait au juste le terroriste. Que peut-il dire de si intéressant ? Cette histoire de congrès des émirs, est-elle réelle ?….
Ses pensées furent stoppées en entendant son protocole parler « aux invités » dont une femme. Enfin l’émir est là.
Le wali donna l’ordre qu’on les fasse entrer.
Il voit en face de lui homme barbu, chétif, d’une taille normale, aux joues maigres,   blême, anguleux, osseux, dans les gestes, quelque chose d’automatique ; une figure ravagée de rides, avec des yeux fouilleurs.
L’émir qui était avec sa femme salua Si Nouri .
   -Essalamou allyakoum !
Le wali donna l’ordre à ce qu’on accompagne la femme au premier étage.  Celle-ci, emmitouflée dans son voile, portant un niqab , gravi les escaliers.
L’émir dépose la valise en taule qu’il portait. La glisse avec la pointe du pied.
–           Ouvrez Monsieur. Hada El Arboune
Le wali, et avec un sang-froid, ouvre soigneusement la valise.
A sa grande surprise, il découvre  deux têtes de terroristes et un important lot d’armes automatiques, entre autres pistolets, grandes, kalachnikov …
Il se retourne vers l’émir, et lui dit
   -Je vois que c’est sérieux. Qu’avez-vous à me raconter.
   -Sid El Wali, sachez que plus de 1300 terroristes sont là-haut sur les monts. Tout est prêts pour attaquer Blida et Alger. On compte tout sauter la semaine prochaine.
Si Nouri écoutait attentivement l’émir.
Le barbu a expliqué que les émirs dirigent l’opération .ils disposent désormais de nombreuses armes. Ils  multiplient les entraînements.
   -Je ne vous dis pas ça  pour  vous surprendre, mais afin que vous soyez  vigilant pour détecter et neutraliser ces ennemies. Fera-t-il observer.
18 heures. Après la fin de cette conversation avec l’émir ; le wali a pris le chemin vers Blida. Destination : la première région militaire.
A bord de sa 505, il emprunte la route. La route nationale est sinueuse et traverse des forêts floues. La route,  qui serpente  entre les collines pelées tapissées d’arbres, travers des villages  et villes. Le trafic  sur ce tronçon entre Ain Defla et Blida est peu constaté. Le soleil  est sur le point de se coucher, quand Blida lui ouvre les bras.
Slalomant  entre les bus, motos, voitures sur un large boulevard, il prend la direction de la 1ère Région Militaire.
El hadj Nourri Abdelouahab  , a tout raconté au général lui priant de prendre personnellement cette opération .
Pour le général, considéré par tous un véritable homme de terrain, courageux et vaillant, celui-ci a décidé de lancer immédiatement l’action. Le Général était connu par sa droiture, son intégrité, son patriotisme, son dévouement et son engagement envers sa patrie.
Le ministère de la défense a été avisé.
El Hadj Nourri, a repris le chemin de retour. Il faisait nuit. L’heure est presque 22 heures.  Son révolver était posé sur le siège avant. Balle au canon. Par précaution. Tout le long de la route, son regard est attiré par le  scintillement qui  embrase les villes et campagnes.
L’obscurité sur la route est découpée par les phares  de sa Peugeot 505. Il n’y avait pas d’autres lumières que les siennes. Il était solitaire comme une étoile.
Au quartier général de la 1ère Région Militaire, le Général, face à ses officiers traçait son plan d’intervention.
Il est presque minuit lorsque le wali rentre à Ain Defla. Une nuit chaude et douce pèse sur la ville peu  éclairée. …
Le lendemain. Jeudi. Alors que les militaires prenaient position partout, le général se rendit à Ain Defla, à bord d’un hélicoptère.
Au bureau du wali, il rencontre l’émir. Le repenti a tout dit.
Il décida alors de faire une prospection des lieux.  A bord de son hélicoptère, il constate une zone très pentue et très peu accessible. Celui-ci qui survolait ces monts entra en contact par radio  avec les émirs.
Ceux-ci juraient de tous les dieux, qu’ils n’épargneraient personne.
Le général, confiant et calme, n’a trouvé mieux que de dire :
Et moi, je suis un homme de guerre.
Durant toute cette journée de jeudi, tout le périmètre de Ain Defla  était quadrillé. Des barrages partout.  En un mot tout était vert.
Dans quelques heures, cette grande opération redorera  l’image de l’armée. Les populations satisfaites et rassurées, encouragent et soutiennent les soldats.
Le mouvement de l’armée, faisait un sujet de grande actualité.
Le soir, les soldats appuyés de blindés avancent. Ratissent, en  écoutant le silence et essayant de faire parler ces arbres centenaires qui ont vu passer des bombardiers français lors de la guerre de libération.
Puis, venant de nulle part, ou du ciel peut-être, des bruits étranges, puissants, des terroristes qui crient « Allaho Akbar », des rafales de mitrailleuses, des bombes éclatent.
Dès lors l’ordre a été donné aux soldats de garder leur position. Le général , lance par radio une intervention aérienne.
Vendredi, dès la première heure un bruit grandit dans le ciel, devient énorme. Des Mig et hélicoptères survolent les monts de Ain Defla,et le ronflement des moteurs prend des proportions formidables. Les avions sont à peine 600 mètres, les vallées paraissent  particulièrement visées, la première bombe est lâchée, sur un groupe armé. Les premiers corps des sanguinaires furent éjectés.
Les bombes tombent dru, les avions  s’acharnent sur les cimes et lieux abritant
ces criminels qui ripostaient en tirant à volonté .Les avions se livrent à une véritable fantasia au-dessus des monts, alors que les hélicos mitraillent  les terroristes complètement dispersés, à bout portant. Le bruit est effroyable. La terre tremble, fume et brûle…
En bas aux pieds des montagnes les soldats encerclaient le périmètre. Le général a mis en ligne des forces considérables, des blindés, des centaines de fantassins lourdement armés (mitrailleuses), les forces spéciales, …
Pour le moment l’opération a enregistré une parfaite réussite. Et jusqu’à présent aucune perte n’a été enregistrée dans les rangs d l’ANP. Les premiers bilans, parlent de la neutralisation des dizaines de criminels.
Cette opération, a été évoquée par la presse étrangère  en écrivant : «  Tandis que des négociations entre le gouvernement et les dirigeants, sont en cours,  la bataille à Ain Defla, a provoqué  en son début,  la mort de centaines  d’islamiste.
Les médias étrangers ont rappelé  que c’est à partir du printemps  de cette année (1994) que, quotidiennement, des morts  seront à déplorer par dizaines. Les forces de sécurité sont mobilisées dans la « lutte contre le terrorisme ». Et les nouveaux crédits qu’obtient l’État, grâce notamment au soutien de la France (qui favorise alors le rééchelonnement de la dette publique algérienne au Club de Paris), permettent aux militaires d’intensifier leurs opérations de ratissages et de luttes.
Ce jour de Samedi, le général prépare  un second assaut. Son objectif était de neutraliser le groupe. Les groupes sanguinaires  gagnent d’autres maquis toujours dans le département de Ain Defla , où  les moyens de liaisons entre  eux  sont mauvais . Les émirs, étaient surpris par les forces de l’armée nationale populaire. Ils essayaient de regrouper leurs  hommes, avec beaucoup de difficultés. Les blessés leurs posaient beaucoup de problèmes.
Aux pieds des monts, l’ANP est très bien structurée. On n’entendait que l’ordre pour passer à l’action.
Les terroristes tentaient de  rompre la ligne, et d’exploiter éventuellement une percée, était une solution au-dessus de leurs moyens. Ils étaient pris au piège. La panique souffle sur eux.
Les avions survolent les cibles. Les yeux de la population étaient tous braqués sur les lieux des bombardements. De loin on entendait les violentes explosions.  Les cimes étaient couvertes d’épaisse fumée. Les énormes  explosions engendrèrent  de  grandes colonnes de feu et de fumée.
D’énormes  excavations marquaient les endroits ciblés par l’aviation.
Les émirs avaient perdu beaucoup leurs hommes. Ils étaient affaiblis.
L’après-midi, des groupes commandos se sont infiltrés dans le secteur des terroristes. L’attaque était brutale et si bruyante. Dès l’aube, les forces spéciales avaient déjà anéanti une bonne partie du groupe restant.
Au troisième jour de cette « bataille » les forces de sécurité sont tombées sur la casemate qui servait de refuge au groupe. Les survivants se seraient réfugiés dans le massif forestier situé à plusieurs centaines de mètres de là, où ils tiendraient tête aux forces de sécurité. Ces dernières avanceraient lentement en raison d’un terrain escarpé et miné.
Le général donna l’ordre de déclencher un barrage d’artillerie sur les collines. Les terroristes répondent .L’artillerie réussit à stopper les derniers groupes. L’armée avance, laissant derrière elle des corps de terroristes  déchiquetés.
Les derniers émirs, tentent de prendre les cimes  à partir de l’ouest, mais les militaires repoussent cette attaque rapidement, en  infligeant de lourdes pertes aux criminels.
Durant toute la nuit l’ANP harcèle  le secteur avec des patrouilles, de l’artillerie et des tirs de mortier.
Le quatrième jour, les derniers émirs effectuent de timides assauts. Le général a compris dès lors qu’il s’agit du dernier quart d’heure des islamistes
Malgré cependant quelques pertes dans les rangs de l’armée nationale populaire, le moral reste élevé.
Le dernier jour, de cette opération, le général a constaté que les terroristes  sont durement touchées et se replient. A peine quelques-uns ont réussi à prendre la fuite profitant des mails des services de sécurité.
De nombreuses armes automatiques ont été récupérées, des documents, des équipements, et l’ensemble des casemates (refuges) a été détruit.
« Cette bataille  a été gagnée » disait le général. Quoiqu’il en soit, pendant ces journées l’ANP  a tutoyé l’histoire de l’Algérie, en montrant au monde que le terrorisme n’a pas de place en Algérie.
Les forces de sécurité ont combattu avec héroïsme,  autant de pugnacité, de hargne, de volonté, de conviction, en cinq jours.
En effet dans toute l’histoire de lutte contre le terrorisme aucune bataille n’a égalé en agonie la bataille de Ain Defla .
Le paysage lunaire du champ de bataille, est resté témoin pendant des mois.
Cela s’est passé, il y’a 20 ans. Une génération a été sauvée grâce à ces deux hommes. Cette génération âgée aujourd’hui de 20 ans et qui est composée d’hommes de de femmes, ne doit nullement oublier que si elle vit actuellement  en paix, en sécurité, c’est grâce à l’homme des Aurès et le Général.
Un fait d’armes exceptionnel, digne d’intérêt, marquant la lutte contre le terrorisme à son apogée a marqué il y a vingt ans l’histoire de la paisible région de Aïn Defla blottie dans la vallée du Chélif, dominée par la majestueuse chaine du Zaccar et de l’Ouarsenis culminant à 1800 mètres d’altitude. Un cadre de l’Etat et un officier supérieur de l’armée nationale, tous deux ayant prêté le serment de servir les intérêts du pays et de défendre haut la main la dignité de l’algérien dans sa vie quotidienne, ont conjugué leurs efforts et mis en œuvre une stratégie militaire pour venir à bout d’une bande sanguinaire qui était sur le point de défrayer la chronique en signant une hécatombe parmi la population et ses institutions.
 20 ans. Un temps d’introspection civique et de réflexion historique autour d’une mémoire unificatrice porteuse de valeurs. Il y a avait, en effet, tous les ingrédients pour le succès de cette lutte contre le terrorisme.
Hier Ain Defla était outragée ! Brisée ! Martyrisée ! Mais grâce à cette opération menée par les forces de l’ANP, toute la région centre a été libérée… Après cinq jours de combats acharnés, les vaillantes troupes du Général ont réussi à déloger et à neutraliser les émirs.
Les groupes des émirs  ont été balayés par notre vaillante armée.
Des sacrifices que l’histoire ne saurait oublier. S’adonner à une lutte sans merci mérite la plus grande considération surtout quand l’objet est aussi noble que la liberté. L’armée a  prouvé à l’humanité entière un exemple de motivation et de courage face à la horde sauvage qui a voulu dicter sa loi.
Les citoyens de la région, centre du pays, étaient convaincus que la bataille de Ain Defla  demeurera l’un des événements majeurs de la décennie noire. Cette grande opération a donné aux forces de sécurité  toutes ses lettres de noblesse.
L’homme des Aurès, et le Général, car ce sont d’eux qu’il s’agit faisaient partie de cette « guerre » qui ne disait pas son nom. Deux décennies après la profonde crise politique qui l’a traumatisée, l’Algérie en est sortie plus forte que jamais de cette douloureuse épreuve ayant laissé des traces indélébiles pour que nul n’oublie.  Les desseins des terroristes et de l’organisation qui les a portées ont été littéralement stoppées après certes des pertes incommensurables, mais que l’histoire retiendra comme étant le prix à payer pour que la bête meure. Grâce à la réconciliation nationale prônée et mise en œuvre par le président Abdelaziz Bouteflika, l’homme des défis qui a su pardonner au moment opportun, le pays s’est remis au travail, mais n’oubliera jamais.
Un jour, ceux qui tenteront à nouveau de mettre le pays à genoux n’auront plus droit de cité. Un jour, les populations vivront sans crainte dans la félicité. Un jour enfin, chaque citoyen pourra contempler, flottant au-dessus du drapeau de notre pays, la partie de blancheur immaculée de la colombe de la paix et se sentira fier de la grandeur de cette Algérie.
Après plus de dix ans de lutte contre ce phénomène, l’Algérie est à nouveau libre. La politique judicieuse de son excellence le Président de la République l’a hissé dans la cour des grands. Le pays a consacré d’importants financements dans le cadre de son plan d’appui à la relance économique et du programme de soutien à la croissance. Le Programme 2010-2014 en cours s’inscrit dans cette optique de développement durable et vient renforcer l’approche intersectorielle et participative de la planification et de la mise en œuvre d’une gestion intégrée des ressources naturelles. Il permet la prise en charge des questions liées à la préservation et à l’utilisation durable de la biodiversité, à la dégradation des sols, à la gestion de l’eau et/ou à la stabilisation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère….

le 21 septembre 2014


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21 septembre 2014

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