YENNAYER OU LA « PORTE DE L’ANNEE »

« Il était une fois une vieille femme qui vivait seule avec sa chèvre. Une année, le mois de Janvier apporta tellement de froid, de neige et de pluie que la vieille femme et sa chèvre n’avaient pas pu sortir. Lorsque Janvier se termina, un beau soleil se mit à briller. La vieille femme sortit alors avec sa chèvre et s’écria :

Janvier, sois maudit ! Tu es parti et tu ne m’as rien apporté de bon !

Janvier alla immédiatement trouver Février et lui demanda :

 Je t’en prie, mon ami Février, prête-moi un de tes jours que je puisse revenir et faire taire cette vieille mégère.

Février lui prêta un de ses jours. Alors, le ciel s’emplit de nuages menaçants, il se mit à pleuvoir et à neiger, le vent se mit à souffler. La vieille femme et sa chèvre furent pétrifiées de froid et moururent sur le champ. »

C’est le côté mythique de Yennayer et c’est pourquoi le dernier jour de Janvier est appelé le “jour prêté” et ainsi le mois de Février est plus court que les autres.

Le Nouvel An Berbère ou Yennayer correspond au 12 janvier du calendrier julien et provient du nom  latin du mois, ianiarius ou januarius. Il marque le début de l’année chez les Berbères et consacre le passage de «La Porte de l’Année».  Ainsi le 12 janvier 2012, nous serons le 1er janvier 2962 de l’année berbère !

Les versions divergent quant à l’origine du nom et de la célébration de cette date. Formé de deux mots, yiwen et agur, yennayer signifierait littéralement le premier mois, soit le mois de janvier.

Le Nouvel An Berbère est traditionnellement fêté un peu partout au Maghreb. Cette date issue du calendrier agraire est utilisée par les Berbères depuis l’Antiquité. Elle est liée au cycle des saisons et célébrée dans une atmosphère de fête qui dure selon les régions de deux à quatre jours.

Dans la pratique cette fête doit être de bon augure. Elle est en premier lieu marquée par la consommation d’un repas riche. Tous les convives doivent sortir de table rassasiés afin que l’année soit prospère.

Appelé également « Ennayer » dans notre région, cette fête est parmi les rares qui se sont maintenues à travers les siècles. Malgré la domination arabe à travers l’Islam, depuis 15 siècles déjà, il n’en demeure pas moins que cette tradition purement berbère à résisté à toutes les autres invasions (Romaine, Espagnole, Ottomane et Française)

Mais si elle a résisté, les modalités de célébration ont été modifiées d’une région à l’autre

Le repas, préparé pour la circonstance, imensi umenzu n yennayer, est assez copieux et différent du quotidien. Les rites sont effectués d’une façon symbolique. Ils sont destinés à écarter la famine, augurer l’avenir, consacrer le changement et accueillir chaleureusement les forces invisibles auxquelles croyait le berbère. Pour la préparation de « imensi n yennayer », le Kabyle utilise la viande de la bête sacrifiée (asfel), souvent de la volaille, mélangée parfois à la viande séchée (acedluh)  ou El khli’3, pour agrémenter le couscous, élément fondamental de l’art culinaire berbère.

Dans les Aurès et en  Kabylie, la veille, la maison est méticuleusement nettoyée et embaumée  à l’aide de diverses herbes et branches d’arbres (pin, etc.).

Le plus souvent on prépare berkoukès,  ou encore  le cherchem,  dont le nom berbère est  Icacmen, blé en grain préparé au lait ou en sauce. Ailleurs on ne consomme que du lait ou des légumes secs cuits à l’eau. Le lendemain en revanche, on partage un repas copieux en signe de prospérité.

Chez nous à l’Ouest, la veille de Ennayer est marquée par le Cherchem  à profusion et quelques fois du berkoukès. Souvent le dîner est fait de Rogag au poulet. Le lendemain c’est le tbag de fruits secs, le M’khallet (littéralement le mélange de fruits). Les enfants ont pris l’habitude de voir leurs petits sacs en toile fait par les mamans et remplis de ces fruits secs. Les sacs durent parfois toute une semaine. On n’oublie pas de consacrer les parts des enfants absents et surtout la fille mariée et les parents.

Mais cette fête qui aura résisté à tous les siècles, à toutes les invasions, à tendance à disparaître, comme par enchantement. Car, on entend  déjà plus parler de Cherchem. Dommage !

djillali@bel-abbes.info

 

Source: Wikipedia, portail berbère…

 


le 11 janvier 2012


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11 janvier 2012

4 Commentaires pour “YENNAYER OU LA « PORTE DE L’ANNEE »”

  1. mido

    on célébra cette fête, jusqu’à la fin de nos jours.

  2. mido

    je ne crois pas que cette fête va disparaitre

  3. samia SE

    Et saviez vous comment le nouvel an berbère est fêté en Kabylie ?cette journée est illustrée par deux faits majeurs : d’abord les deux repas (déjeuner et dîner). Le premier est composé d’une galette faite de semoule et d’herbes comme les blettes (tibidest) ou les feuilles de menthe, à laquelle on ajoute de l’huile d’olive et des figues… Le deuxième, plus consistant , est préparé avec un poulet farci de basilic séché , d’oignons et d’épices. A ces ingrédients (isufar) on y adjoint des petits pois et des fèves concassées, avec un bout de viande séchée et des haricots secs (Lluvian lleqbayel). La légende raconte qu’il faut compter sept ingrédients en tout (Sevâa isufar). On prépare la sauce du couscous, et pendant que cela cuit, on met dessus le poulet afin qu’il puisse gonfler grâce à la vapeur et surtout donner l’illusion qu’il y aura assez de viande pour tous !
    “Yennayer ameggaz “à tout les Algériens !
    Yoyeux Yennayer

  4. epsilone

    ENNAYER est une fête qui réunie la famille et fait la joie des enfants qui sont heureux dès les préparatifs qui se présentent ainsi dans notre région et qui n’ont pas changé :

    -Le premier soir au menu Cherchem (blé,poichiches,fèves)trempés la veille et cuità petit feu dans de l’eau jusqu’à parfaite cuisson, ensuite dans la soirée dégustation du THE A LA MENTHE avec des beignets faits maison.
    -Le deuxième soir au menu REGUEGU ou TRID avec une sauce à la volaille (UN COQ ALGERIEN) de préférence ou un gros poulet.puis pour le dessert présentation du TBAK ou du plateau des tous les fruits oliagineux et fruits secs,fruits frais (selon les moyens de chacun) alors les enfants sont invités à la table autour du plateau pour mélanger tous ces fruits avec leurs mains d’où vient le nom DE MEKHALAT et tout le monde savoure à sa manière en fourrant les dattes de noix ou de noisettes c’est super bon ce sont des souvenirs d’enfants ,et la grand-mère se charge de remplir les petis sacs des petits enfants qu’ils gardent pour les déguster le lendemain Autrefois on se réunissait autour de la cheminée vu le froid et la gelée

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