Chronique du jeudi: UN PEUPLE SANS HISTOIRE EST UN PEUPLE SANS IDENTITÉ.

À chaque évènement historique, le débat sur l’écriture de l’Histoire s’invite dans la rue, chez l’opinion publique, dans les salons et sur les plateaux télés. Ce 1er Novembre, le 61ème depuis le déclenchement de la Révolution, n’a pas évidemment échappé à la règle et aura été surtout marqué par la récupération des archives qui va commencer….. Par les écrits du Journal Égyptien El Ahram depuis 1970, nous dit-on. Ne pourrait-on pas d’ores et déjà les consulter en ligne ? Et pourquoi, 70 ? Cette fête aura été également marqué par les déclarations de Daho OULD KABLIA, ex Ministre de l’Intérieur, mais surtout ex- Moudjahid des ex services secrets, qui,  semble-t-il a donné une nouvelle version sur la liquidation de Abbane RAMDANE. Bien que ce dernier se rebiffe et déclare que ses déclarations ont été déformées et/ou mal interprétées, après qu’il y eut une levée de boucliers, le débat n’est pas encore clos et suscite encore les revendications ubuesques sur l’indépendance de la Kabylie, mais aussi les repentances exigées de la France. En somme, la Révolution continue à alimenter le populisme et à servir de fonds de commerce aux abonnés de la rente et «marsiens arrivistes.»
Je ne me souviens plus du nom de celui qui a dit que «l’Histoire ce n’est pas comme un magasin de vente au détail. On y entre, on choisit, on achète et on s’en va. C’est plutôt un grand supermarché de gros où tout est servi en vrac et qu’on est tenu de prendre le tout : le bon et le moins bon.»
Chez nous, l’écriture de l’Histoire a toujours été sélective. On écrit en fonction de nos intérêts du moment, des intérêts du clan ou du lobby qu’on représente. À chaque étape son Histoire. En 1962, il fallait «débourgeoiser » en 65 c’était plutôt «débenbelliser » En 1978, il fallait à tout prix « déboumédiéniser » pour déchadliser aussitôt en 1992. Peu de temps après, il devenait impérieux de «dézeroualiser » Gageons qu’en 2019, on se surprendra en train de vouloir tout «déboutefliquer»
Ainsi perçue, l’Histoire ne sera jamais écrite justement et les générations à venir en pâtiront énormément au point de perdre définitivement leur identité. Les problèmes vécus durant la décennie noire, la violence qui alimente notre société et qui se manifeste dans la rue, les stades et l’école dans ses différents paliers, sont justement dus à l’absence de repères pour une jeunesse à la recherche de son identité. Le régionalisme nourri dans les tétines de détenteurs du pouvoir et des bénéficiaires de la rente accroit cette tendance à la rébellion, faute d’enseignement de l’Histoire dans ses différentes variantes culturelles et régionales.
L’Histoire doit faire abstraction des intérêts étroits et liés aux situations du moment. Le risque est gros pour la Société, pour l’identité, pour le Pays. L’écriture de L’Histoire doit être prise en charge par les Historiens indépendants et mus exclusivement par la science et la vérité. Elle ne doit plus être prise en otage par des récipiendaires auto proclamés détenteurs de la vérité absolue. Elle ne doit plus être un recueil d’histoires que raconte chacun à sa manière et où le rôle principal lui est dévolu. Ce magma d’histoires écrites par chacun s’estimant acteur à tort ou à raison, nuit à l’Histoire. Pire, ces histoires détruisent l’Histoire.
Pourtant, il suffit d’un simple courage, d’une juste abnégation et d’un amour du Pays pour être au diapason de … l’Histoire.
C’est ce que vient de prouver à la surprise générale, MOHAMMED VI, Roi du Maroc.
À l’occasion de la commémoration du cinquantenaire de la disparition de l’ancien leader socialiste et opposant à son Père le roi Hassan II, Mehdi BEN BARKA, le Roi a transmis un message qui a été lu par l’ancien Premier ministre Abderrahmane El-YOUSSOUFI. “Les pays se construisent sur le socle de leur histoire, avec son actif et son passif. Et un peuple sans histoire est un peuple sans identité, qui n’a pas d’avenir. Aussi, il faut tirer les enseignements de l’affaire BEN BARKA et s’en servir dans l’intérêt de la nation, pour nous aider à construire et non à détruire”. C’est ainsi que le Roi introduit sa lettre en soulignant immédiatement après que Mehdi BEN BARKA était un “homme de paix” et “proche de la famille royale.” Il est “entré dans l’histoire, sachant qu’il n’y a pas une mauvaise histoire ou une bonne histoire. Il n’y a que l’histoire en tant que telle, c’est-à-dire la mémoire de tout un peuple”. Mieux, le souverain Marocain ira jusqu’à insinuer que l’opposant à son père s’était sacrifié pour le royaume en ajoutant : “La monarchie, hier comme aujourd’hui, est attachée à la symbiose qui unit les composantes de la nation, à condition que soient respectées les constantes et les valeurs sacrées pour la défense desquelles de nombreux Marocains libres, dont Mehdi BEN BARKA, se sont sacrifiés.” Pourtant M. BENBARKA a bien été assassiné par le Makhzen, sur ordre du Père de Mohammed VI, le Roi Hassan II.
Voilà comment le courage politique peut placer les intérêts suprêmes du Pays au-dessus de ceux étroits d’un clan, d’un lobby ou d’une famille, fusse-t-elle royale !
J’aurais tant aimé que la première tirade du roi soit dite par OULD KABLIA où BEN BARKA serait remplacé par ABANE RAMDANE. Ce qui aurait donné : «Les Pays se construisent sur le socle de leur Histoire, avec son actif et son passif. Et un peuple sans Histoire est un peuple sans identité, qui n’a pas d’avenir. Aussi, il faut tirer les enseignements de l’assassinat de  Abane RAMDANE et s’en servir dans l’intérêt de la nation, pour nous aider à construire et non à détruire »
Ç’aurait été le prélude d’une volonté d’écriture juste et cohérente de l’Histoire de l’Algérie contemporaine.

djillali@bel-abbes.info

 


le 05 novembre 2015


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05 novembre 2015

3 Commentaires pour “Chronique du jeudi: UN PEUPLE SANS HISTOIRE EST UN PEUPLE SANS IDENTITÉ.”

  1. AL MECHERFI

    Djilali@
    Les Historiens appellent cela une lettre de bafouillage ! M6 veut Créer un mythe c’est tout ! Il viens de donner le départ d’une autre histoire officielle . MEHDI BENBERKA comme « Star-Système ».Oh ces mythes de l’Histoire !!! c’est en premier lieu le propre des hommes politiques ça été tjr comme ça ? Il a donc confié cette tache d’éboueur à « l’Historien » .C’est désormais lui qui fera le ménage ! Et voilà il viens de donner le coup du starter ! Le carburateur, qui facilitera le démarrage d’un moteur à froid vous dira un mécanicien anglais.

    C’est parti ! L’année prochaine sera l’année du meilleur livre d’Histoire sur la soi-disant vrai Histoire de BENBERKA .Une chose est sure on dira bcp de mauvaises choses sur le méchant père de M6. Mais apparemment ,lui il ne dira rien ! Les anti-inflammatoires aident à tolérer la douleur disent les pharmaciens de harmattan et autres maisons d’éditions à rabat ou à Paris c’est kif kif.

    De toute façon : Les peuples qui dorment n’ont pas d’Histoire.

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