Jacques Vergès : ‘Le bien aimé, le mal aimé…Une légende.’

 

Par: Dr.Driss REFFAS

Je tenais  à rendre hommage à un homme qui vient de quitter tranquillement sans bruit, ni discours ce bas monde. Critiqué ou encensé, maître Vergès était  un homme affranchi, dont  ses nobles valeurs lui dictaient sa conduite. Il ne savait pas mentir dans ses plaidoiries, il touchait du doigt « l’ignorance » des magistrats. Il n’avait  pas peur de celui d’en face, il le tournait souvent en dérision avec acuité conjugué à un calme et une simplicité embarrassante. Il fut un grand avocat  animé d’un courage convaincant qui faisait douter ses adversaires. De sa bouche s’extériorisait  l’opprimé, parfois le « coupable » pour dénoncer les origines de son « crime » quand la raison d’état voulait l’étouffer.  Le  communiste de Prague avait épousé sans préalables les causes justes, ceux des peuples qui ont pris les armes pour rétablir l’ordre ancestral bafoué  par le jeu des « maîtres du monde » : L’impérialisme. Pendant la guerre d’Algérie, maître Vergès avait opté pour La «défense de rupture», système de plaidoirie  circonstanciel qui  consistait  à faire le procès du tribunal au lieu et place de la défense de l’accusé. Cette attitude purement politique, visait à  mobiliser l’opinion publique internationale sur la dénomination de « terroriste » telle qu’elle était établie par le colonisateur. Il avait  défendu les militants du FLN, « terroriste » pour le gouvernement Français en mettant en œuvre avec perspicacité,  sa tactique déroutante qui se résumait  à nier toute légitimité aux tribunaux militaires, de là à confronter farouchement  les actes des membres de l’organisation civile du FLN à ceux de l’armée coloniale. Cette façon de procéder a créé un sentiment d’affinité au sein de l’opinion internationale, surtout progressiste pour la cause Algérienne. Tous les condamnés à mort qu’il avait défendus n’ont pas été exécutés, entre autre Djamila Bouhired  qui deviendra son épouse par la suite.

Pour définir à autrui sa vision par rapport à sa profession, il répétait souvent la phrase symbolique d’Aragon : ‘ Y’ a pas à tortiller du cul pour chier droit ’. Sur ce point  qui révèle le sens aigu dans son approche des faits, maître Charrière Bournazel, ancien président du conseil national des barreaux de France précisa : « Il exigeait de ses clients la revendication pleine et entière de leurs actes, pour en expliquer l’enchaînement comme dans une tragédie grecque et pour décrypter les passions qui sont les nôtres. Il y a d’autres grands avocats, mais lui avait une liberté de propos et une indépendance qui le caractérisaient. Il ne faisait pas de compromis, il ne passait pas entre les gouttes. Il faisait face, avec courage ».

Maître Vergès, avait épousé dans sa profondeur la cause palestinienne, et avait pris la défense de l’OLP à sa tête son ami Yasser Arafat. Il avait décrypté le danger que représentait le sionisme, l’enfant terrible du nazisme. Il avait pris aussi du recul pour  aborder la logique du danger de la « doctrine » sioniste qui sévit à ce jour sur le monde arabo-musulman. En prenant la défense du nazi Klaus Barbie à travers une « choquante » plaidoirie pour les concernés, il avait  tout simplement donné un cours magistral  sur la moralité de l’histoire des ghettos qui se confond avec celle de Sabra et Chatila et bien après avec celle de Gaza. Dans ce contexte bien précis, maître Alain  Lévy, président de la fédération nationale des déportés et internés (Parisien du 16-8-2013) a déclaré : « il s’est servi du procès Barbie pour faire le procès de la colonisation ». C’est bien dommage pour cet avocat juif qui est à mes yeux un mauvais élève en histoire, car le procès de la colonisation a été bien étalé à l’opinion publique par maître Vergès  pendant la guerre d’Algérie. Le procès de Barbie est une réponse cinglante à la justice internationale : ‘Condamner Barbie pour crimes contre l’humanité, il faut le faire aussi pour Sharon et l’état d’Israël’. Existe-t-il une différence entre les enfants d’Izieux et ceux de Sabra et Chatila ? Non maître Levy, un enfant n’a pas de nationalité, son identité c’est l’innocence. C’était le véritable message de maître Vergès. Là, il avait chié droit avec un bras d’honneur au sionisme juif qui ne plaidera jamais coupable avec la complicité du conseil de sécurité. Merci maître.

 

 

 

 

 

18 août 2013

le 18 août 2013


Vous pouvez suivre les commentaires et réponses de cet article à travers le RSS 2.0.
18 août 2013

Les commentaires sont fermés

Les Archives de Bel-Abbes.info

Visites :

  • 22
  • 6 270

TRAIN

Départ - Arrivée
ORAN - SBA

07h35 - 08h58 (*)
12h50 - 14h05 (*)
15h20 - 16h30 (**)
16h30 - 17h45 (*)
17h15 - 18h25
19h40 - 20h50(***)
22h30 - 23h40(****)
(*) vers Tlemcen
(**) Vers Saida
(***) vers Bechar quotidien
(****) vers Bechar (sam,lun,mer)

SBA - ORAN
06h15 - 07h31

06h50 - 08h09
11h30 - 12h49
16h30 - 18h57
ORAN ALGER
06h25 - 12h00
08h00 - 12h30(*)
12h30 - 17h36
15h00 - 19h00(*)
(*) rapide
ALGER - ORAN
06h25 - 12h00
08h00 - 12h30(*)
12h30 - 18h36
15h00 - 19h0(*)
(*) rapide

ORAN - TLEMCEN
07h35 09h56
12h50 15h12
16h30 18h51

TLEMCEN - ORAN
05h50 - 08h09
10h30 - 12h49
15h30 - 18h57

ORAN - MAGHNIA
12h50 - 16h22
MAGHNIA - ORAN
04h45 - 08h09
TLEMCEN- GHAZOUET
16h30 - 19h42
GHAZOUET- TLEMCEN
04h30 - 07h40
ORAN - TÉMOUCHENT
08h10 - 07h15
13h30 - 14h31
17h02 - 18h03
TÉMOUCHENT - ORAN
06h15 -- 08h14
09h30 - 10h34
15h05 - 16h05
ORAN - CHLEF
16h40 - 19h13
CHLEF - ORAN
04h30 - 07h15
ORAN - SAIDA
15h30 - 18h00
SAIDA - ORAN
05h00 - 07h30
ORAN - BECHAR
19h40 - 05h50
22h30 - 08h15 (Sam,lun,mer)
BECHAR - ORAN
19h40 - 04h50
22h00 -7h16 (Sam,lun,mer)