Les Lundis de l’Histoire: Le MARABOUT des ASSOIFFES

Une balade pour se détendre et éventuellement pour prendre de l’air me fait découvrir essentiellement une scène de démolition qui dure pourtant depuis plusieurs mois. En effet, une destruction totale et en silence de quelques «vieux» vétustes urbaines à l’intérieur du jardin public. En constatant les dégâts, je me suis dis : « Mon DIEU ! Pourvu que le démolisseur ne réduise pas à néant l’antique Koubba baptisée le « Marabout des assoiffés-Carte Postale 1908 »!  Ce «petit» patrimoine rappelle, si l’on venait à l’oublier, qu’aucune société ne surgit du néant et que tout patrimoine bâti, même modeste, reflète les préoccupations immémoriales des hommes et porte la trace de leurs pensées mais aussi les soucis qui accaparaient jadis leur temps dans l’Histoire.

Le jardin public de la ville de Sidi-Bel-Abbès était un lieu de promenade et de détente privilégié, plébiscité par toutes les «générations». Son histoire riche et singulière qui date de 1845 n’est pas encore écrite. La régularisation des canaux d’irrigation de la vallée des jardins ont permis d’année en année, d’enfermer la ville dans un véritable bouquet de verdure. Aujourd’hui en danger.foto 5 Vue de loin
Ce jardin, possède il est vrai, les quatre structures distinctes de base qui feront de lui un vrai jardin public. D’abord, les bases des réseaux Hydrauliques, les allées promenades, les sentiers pittoresques (à restituer bien évidemment), les endroits particuliers (à refaire diront les spécialistes), notamment : La grille, la buvette, rosserie, Service Squares, mémoriel, piscine, théâtre de verdure et l’aire des jeux (paradis des enfants) … Et un petit détail, cette Koubba plus que centenaire appelée à tort «marabout des assoiffés». Une opportunité pour la direction du tourisme de Sidi-Bel-Abbès. Construite en forme de kiosque probablement en 1891 date de la construction du square du jardin (Connu par square pasteur) aujourd’hui disparu. Elle prit l’appellation de «Marabout des Assoiffés». Sans doute à cause de la buvette qui se trouver juste à côté mais aussi à cause de son architecture style Néo-Mauresque au goût inspiré par l’orientalisme de la fin du XIX° siècle. Ce style est assez connu en Algérie. Peut être aussi des pratiques d’animismes des confréries religieuses, purement mystiques à leurs débuts, infectées de sorcellerie et de magie chez la fameuse Tarîqa Aissaouia. Un marabout qui protège le puits principal du jardin d’un méchant Djinn ! Quelle est la part exacte de cette influence ? En tout les cas, il est difficile, en l’état actuel des études ethnographiques en Algérie, de la déterminer sans fantaisie. Et comme pour toute autre superstition du monde méditerranéen, tout envahisseur nouveau possédant sur un même thème des données un peu différentes, recommence à ravoir les souvenirs, les faits renaître et les renforce chez les peuples qu’il conquiert et domine.

Ce qui rend cette Koubba incroyablement présente, c’est qu’elle n’a pas été restaurée. Enfermée depuis l’époque JUSTRABO en 1948 dans une magnifique aire de jeu pour enfants. Et heureusement d’ailleurs ! Cette Koubba est tout sauf morte ; elle est là, au milieu de l’espace « famille », elle existe. Si bien qu’on peut facilement proposer de la raser. En Algérie, il y a plusieurs endroits où des monuments sont posés comme ça, hors du temps. Nos amis de l’association de la sauvegarde du patrimoine de la wilaya de Sidi-Bel-Abbès en savent quelques choses. Ils peuvent aussi proposer la réalisation d’une barrière de protection immédiate. Il peut être très dangereux de creuser et même de jouer (enfants) sous les buses d’un puits, car le risque d’éboulement est important.Foto 1 marabout

Le mot « marabout » a été forgé par les colons français en Algérie pour désigner les coupoles de « wali » qu’ils rencontraient sur leur chemin, certainement en Oranie. Mais le mot ensuite, a très vite été diffusé dans tout le Maghreb et en Afrique noire aussi. Il renvoie au mot arabe «ribât», ermitage, d’où « murâbit » qui veut dire celui qui s’adonne à la guerre sainte contre l’occupant notamment espagnol et Portugais en suite français. Ce qui a fait dire à certains que son sens prend une acceptation militaire. Le mot, marabout s’est introduit dans les dictionnaires français de la langue française. Toutefois, il est loin de désigner à présent les coupoles seules (Koubbas)! Les anciens livres d’Histoire doivent quand même être très dépassés aujourd’hui sur bon nombre de points de ce sujet. L’étymologie du mot français « Marabout » reste donc à définir. A l’époque coloniale, les Français donnaient à ces constructions le nom impropre de marabout. Le nom de Koubba n’aurait pas été mieux. Puisque le toponyme Koubba, du moins son explication habituelle, n’est pas une coupole. A moins qu’il s’agit d’un mausolée.marabout1

Pour conclure, et après une démarche d’investigation , il parait que cette démolition à ciel ouvert ne concerne finalement que la vielle bâtisse du logement de fonction du désormais célèbre garde champêtre « Ammi Miloud ».

AL-MECHERFI.


le 11 mai 2015


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1 Commentaire pour “Les Lundis de l’Histoire: Le MARABOUT des ASSOIFFES”

  1. La Cygogne

    « Le marabout des assoiffés », une banale construction comme celle de la « maison feraoun » achetée aux enchères. Une petite construction au style mauresque baptisée « marabout des assoiffés » . Une « belle définition » pointée vers l’autochtone « arabe ». Quelle est l’étendue historique de cette banale construction? Pour garantir la pérennité d’un espace (verger, lieu de détente..),et Connaissant le sentiment d’affection des autochtones envers les marabouts, ils construisaient des « koubates » en organisant une waada. Le gendarme et le garde champêtres n’étaient pas nécessaires pour assurer la surveillance.Il faut fouiller dans les archives de l’APC pour constituer un dossier dans le but de classer « Le marabout des assoiffés ». Inchallah.

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