« L’ART DE LA GUERRE »LE GRAND JEU AFRICAIN par Manlio Dinucci

 

Washington multiplie les opérations militaires humanitaires en Afrique : ici, il s’agit d’éviter la circulation des armes, là de lutter contre une secte criminelle. Tous les prétextes sont bons pour prendre le contrôle du continent noir et de ses fabuleuses richesses. À y regarder de plus près, observe le géographe Manlio Dinucci, la pénétration états-unienne en Afrique reproduit les schémas de l’ancien colonialisme européen.

 

(Réseau Voltaire  du 18 Octobre 2011)
JPEG - 48 ko
Pour éviter un choc frontal avec les actuelles grandes puissances européennes, les États-Unis pénètrent en Afrique via les anciennes colonies italiennes et belges.

Après que le « Protecteur unifié » a démoli l’État libyen, avec au moins 40 000 bombes larguées en plus de 10 000 missions d’attaque, et fourni des armes même à des groupes islamiques classés jusque hier comme de dangereux terroristes, à Washington on se dit préoccupé que les armes des dépôts gouvernementaux finissent « dans de mauvaises mains ».

Le Département d’État a donc couru aux abris, en envoyant en Libye des escadrons de sous-traitants militaires qui, financés jusqu’à présent avec 30 millions de dollars, devraient « sécuriser » l’arsenal libyen. Mais derrière la mission officielle, il y a certainement celle de prendre tacitement le contrôle des bases militaires libyennes. Malgré l’engagement proclamé de ne pas envoyer de « boots on the ground » (troupes au sol), depuis pas mal de temps des agents secrets et des forces spéciales des États-Unis, Grande-Bretagne, France, Italie, Qatar et autres, opèrent sur le terrain. Ils ont guidé les attaques aériennes et dirigé les opérations terrestres. Leur mission, maintenant, est d’assurer que la Libye « pacifiée » reste sous le contrôle des puissances qui sont allées la « libérer ».

Le 14 octobre, le jour même où le Département d’État annonçait l’envoi de sous-traitants en Libye, le président Obama annonçait l’envoi de forces spéciales en Afrique centrale : au début, une centaine de militaires. Leur tâche officielle est celle de « conseillers » des forces armées locales, engagées contre l’ « Armée de résistance du Seigneur ». Opération financée par le Département d’État avec, jusqu’à présent, 40 millions de dollars.

La mission réelle de ces corps d’élite, envoyés par Washington, est de créer un réseau de contrôle militaire de l’aire comprenant Ouganda, Sud Soudan, Burundi, République centrafricaine et République démocratique du Congo. Et pendant que les États-Unis envoient leurs propres forces en Ouganda et au Burundi, officiellement pour les protéger des atrocités commises par l’ « Armée du Seigneur » qui se dit inspirée par le mysticisme chrétien, Ouganda et Burundi se battent en Somalie pour le compte des États-Unis, avec des milliers de soldats, contre le groupe islamiste al-Shabab.

Ces soldats sont soutenus par le Pentagone qui, en juin dernier, leur a fourni pour 45 millions de dollars d’armes, y compris des petits drones et des viseurs nocturnes.

Le 16 octobre, deux jours après l’annonce de l’opération étasunienne en Afrique centrale, le Kenya a envoyé des troupes en Somalie. Une initiative officiellement motivée par la nécessité de se protéger des bandits et pirates somaliens ; en réalité promue par les États-Unis pour leurs propres objectifs stratégiques, après l’échec de l’intervention militaire éthiopienne, elle aussi promue par les États-Unis. Et en Somalie, où le « gouvernement » soutenu par Washington contrôle à peine un quartier de Mogadiscio, la CIA est à l’œuvre depuis longtemps, avec des commandos locaux dûment entraînés et armés et des sous-traitants de compagnies militaires privées.

Les États-Unis visent donc le contrôle militaire des aires stratégiques du continent : la Libye, à l’intersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient ; l’Afrique orientale et centrale, à cheval sur l’Océan Indien et l’Atlantique. Le jeu, apparemment compliqué, devient clair en regardant une carte géographique. Mieux encore sur un atlas historique, pour voir comment le néo-colonialisme ressemble de façon impressionnante au vieux colonialisme.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)


le 20 octobre 2011


Vous pouvez suivre les commentaires et réponses de cet article à travers le RSS 2.0.
20 octobre 2011

Les commentaires sont fermés

HORAIRE TRAIN

</img/ Départ - Arrivée
Oran - Sidi Bel-Abbes 07h30 - 08h35 (*)
10h20 - 11h19 (**)
12h50 - 13h55 (*)
14h45 - 15h45 ()
15h20 - 16h25 ()
17h10 - 18h21 (*)
20h30 - 21h33 (**)

(*)Vers Tlemcen
(**)Vers Bechar

Sidi Bel-Abbes - Oran
04h30 - 05h30
06h27 - 07h31
07h53 - 08h58
08h34 - 09h42
11h20 - 12h22
12h06 - 13h10
16h29 - 17h26
ORAN ALGER
06h10 - 11h15
08h00 - 12h00 (*)
10h00 - 14h07
14h00 - 19h24
15h45 - 19h46 (*)
(*) rapide
ALGER - ORAN
06h10 11h25
08h00 12h00(*)
10h00 - 14h09
14h00 19h24
15h45 19h46(*)
(*) rapide
ORAN - TLEMCEN
07h35 09h56
12h50 15h12
16h30 18h51
TLEMCEN - ORAN
05h50 08h09
10h30 12h49
15h30 18h57
ORAN - MAGHNIA
07h30 11h05
12h50 16h22
MAGHNIA - ORAN
04h45 08h09
TLEMCEN- GHAZOUET
16h30 19h42
GHAZOUET- TLEMCEN
04h30 07h40
ORAN - TÉMOUCHENT
08h10 07h15
13h30 14h31
17h02 18h03
TÉMOUCHENT - ORAN
06h00 07h12
09h20 10h24
14h40 15h44
ORAN - CHLEF
Tous les Trains vers Alger +
11h55 14h22
16h15 18h35
CHLEF - ORAN
16h42 19h24
17h50 19h46
ORAN - BECHAR
10h20 17h11 Coradia
20h30 05h50 Train Diesel
BECHAR - ORAN
06h15 13h10 Coradia
20h20 05h00

Nombre de Visites :

  • 555
  • 6 829