Voila 44 ans que le lycée EL DJALA (Lapérinne) est devenu AZZA ABDELKADER

Le lycée Lapérinne a été baptisé en post indépendance lycéee EL Djala ,cette appellation ne dura pas car le 19 avril 1968 , il y a de cela 44 ans, c’est au nom de l’intellectuel engagé Feu Azza abdelkader qui prit définitivement le nom de ce lycée du secondaire.

Qui est Azza Abdelkader ?

C’était au nom du parti UDMA en 1948, pour les Algériens, que cette victoire fut réalisée par l’accès de Azza Abdelkader au conseil municipal pour défendre la promotion des autochtones cantonnés au nord de la ville. Ce n’est pas, bien sûr, l’unique profil de Azza Abdelkader. C’était un intellectuel de renom. Il naquit le 5 décembre 1905 à Sidi Bel Abbès. Il grandit toutefois dans une atmosphère d’attachement aux racines tribales et culturelles. Le jeune enfant est, en ce début du 20ème siècle, parmi les très rares enfants indigènes à être admis à l’école. Faisant figure de privilégié, il fréquenta l’école primaire (école Marceau) de Sidi Bel Abbès, puis en 1927 des études supérieurs à la médersa d’Alger. Il obtient à 24 ans une licence d’arabe à la faculté de Paris et commence alors une carrière professionnelle comme professeur d’arabe à l’école Sonis. Puis on le retrouve comme professeur au collège colonial à partir de 1929. Il est alors le premier Algérien à occuper la chaire d’arabe dans ce collège, qui deviendra en 1936 le lycée Laperrine. Il restera enseignant dans ce lycée plus de vingt années. Sa carrière professionnelle commence donc en 1930, année au cours de laquelle les colons commémorent avec arrogance les fêtes du centenaire avec un faste provocateur. De façon générale, les populations algériennes vécurent ces fêtes avec un profond malaise. Même les rares bourgeois indigènes « intégrés » et les notables musulmans les plus acquis à l’administration coloniale ne purent cacher leur gêne et leur embarras devant l’étalage impudique des manifestations des colons. Cela est encore plus vrai pour Sidi Bel Abbès coloniale qui célèbre, en plus des fêtes du centenaire de l’occupation d’Alger, le centenaire de la Légion étrangère. Dans ce berceau de la légion, les manifestations sont encore plus arrogantes et plus provocatrices qu’ailleurs.

Le cercle musulman, les islahistes…(réformistes)

Le jeune Azza Abdelkader, comme les très rares lettrés et notables indigènes de la ville, vit l’étalage de la puissance coloniale comme une sourde et douloureuse humiliation. Un indigène lettré, aussi modéré fût-il, ne pouvait rester insensible aux provocations des colonisateurs qui rappelaient aux Algériens leur état de vaincus. Intellectuel indigène, il se posait, souvent malgré lui, comme le représentant de ses coreligionnaires. Et, de fait, dès 1932, en réaction probablement à l’attitude impertinente des colons, Abdelkader Azza sera l’un des fondateurs du premier cercle culturel musulman de Sidi Bel Abbès. On n’a pas assez d’informations sur les activités de ce cercle culturel musulman. Il a dû être très prolifique. Mais on peut cependant s’interroger sur les éventuels rapports qu’auraient eu ce cercle et le professeur Azza avec le mouvement islahiste (réformiste), très dynamique à cette époque dans diverses régions du pays. C’est en effet à cette époque, 1934-1935, que cheikh Mustafa Benhalouche vient s’établir à Sidi Bel Abbès en qualité de Alem (savant), chargé de propager la doctrine de l’association des Oulémas réformistes algériens. Le cheikh tentera de sensibiliser la population aux idées de l’islah (réforme). La population indigène, en majorité prolétarienne, était, dit-on, peu sensible aux discours des confréries maraboutiques, mais plus près des slogans de la CGT et du PCF-PCA. Feu Mustafa Benhalouche y anima toutefois de nombreuses causeries sur l’islam, l’éducation de la jeunesse, la nécessité d’apprendre la langue arabe et le Coran.

L’engagement pour la « chose politique »

Y aurait-il une relation entre cet enseignement du cheikh Benhalouche et l’initiative prise quelques années plus tard par le professeur Azza de lancer l’association El-Irfane pour venir en aide aux étudiants musulmans nécessiteux ? Quoi qu’il en soit, Abdelkader Azza, en dehors de ses activités culturelles, son activité politique n’était pas encore très définie. Il faut attendre la création de l’UDMA, en 1946, parti des notables et des intellectuels indigènes, et aux positions politiques modérées, pour voir Azza émerger.

Qu’est-ce qui explique cet attrait relativement tardif de Abdelkader Azza pour la « chose » politique ? A-t-il était choqué par les massacres du 8 Mai 1945 ? Probablement. Se sentait-il plus proche, intellectuellement, de ce courant modéré et moderniste ? Certainement. A-t-il été séduit par le nouveau programme politique développé par Ferhat Abbès ? Sûrement.

Le programme préconisait une solution pondérée au problème Algérien : « Ni assimilation, ni nouveau maître, ni séparatisme. Un peuple jeune, faisant son éducation démocratique et sociale, réalisant son équipement industriel et scientifique, poursuivant son renouvellement intellectuel et moral, associé à une grande nation libérale ».

Une année plus tard, en 1947, Abdelkader réussit à se faire élire au conseil municipal de la ville, où le maire communiste René Justrabo avait comme adjoints Azza, Goelli, Villela, Laguer, Benamou. Au sein de l’assemblée, il y avait Ben Hassaïni, Ouhibi, Elhaïna, Adim, Benali, Badsi, Abrouss et autres conseillers municipaux. L’activité du militant intellectuel Azza au sein du conseil municipal de la ville a été caractérisé par ses efforts pour promouvoir l’éducation et la formation de la jeunesse indigène. Les archives de la ville gardent le document de la motion proposée par Abdelkader Azza et adoptée le 15 avril 1947 par le conseil municipal de la ville. Le texte de cette motion nous renseigne sur la situation de la jeunesse indigène de la ville à cette époque et aussi des préoccupations qui agitaient à l’époque le professeur Azza : « Vous n’êtes pas sans avoir remarqué le grand nombre des yaouleds (enfants) qui circulent à travers la ville, vivant livrés à toutes les tentatives malsaines, désœuvrés, déguenillés, misérables, bruyants. Nul ne se soucie de porter remède à leur situation et tout le monde se plaint de leurs méfaits, de leur humeur chapardeuse, de leur effronterie, de leur insistance, véritable plaie sociale. Leur nombre va croissant d’année en année. Dans leur tendre jeunesse, ils n’ont pas trouvé place dans les écoles et des parents ignorants et insouciants les ont abandonnés à la rue. Ils ont conquis cette rue, les boulevards et les marchés, les cafés, la ville, toute la ville. C’est le tribut que paie au système colonialiste l’Algérie, qui devient progressivement un peuple de mendiants faméliques et misérables. De beaux projets touchant l’enseignement des Français musulmans ont vu dernièrement le jour. Ils concernent la jeunesse de demain, dont ils n’absorberont la totalité que dans vingt ans. Mais, pour le passé, pour le présent immédiat, l’administration n’envisage rien de précis, sinon des opérations policières. Elus conscients de la population, nous sommes obligés de nous pencher sur ce problème social de l’enfance déshéritée, de l’enfance malheureuse. L’enfance et la jeunesse, c’est le peuple, c’est l’Algérie de demain », clamait l’intellectuel, auteur de plusieurs œuvres littéraires de renom, un legs à faire connaître. C’est l’un des objectifs de toute fondation dont une en gestation, et c’est également le vif souhait de la population locale, conclut-on.

Le militant et intellectuel Azza Abdelkader s’est éteint le mercredi 11 avril 1967. Il a été enterré le jeudi 20 avril après la prière du Dohr au cimetière de Sidi Bel Abbès. L’ex-lycée El-Djalaa (Laperrine) porte son nom depuis le 19 avril 1968.

En termes de productions littéraires, et en dehors de son activité avec l’UNESCO avec laquelle il a longtemps collaboré, feu Azza, qui a été docteur ès lettres à la faculté des lettres d’Alger, après avoir obtenu à la Sorbonne la mention « honorable », s’est livré à l’enseignement des sciences ethnographiques et ethnologiques.

Comme productions, on citera le roman « Le pacte de sang », SNED Alger, 1984. « Nouvelle nuit sur Mléta », paru chez Forge, juillet 1947, Revue périodique. « Mostefa Ben Brahim, Barde de l’Oranais et chantre des Béni Ameur », SNED Alger, 1979.


le 18 avril 2012


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7 Commentaires pour “Voila 44 ans que le lycée EL DJALA (Lapérinne) est devenu AZZA ABDELKADER”

  1. Adil

    Mr LARADJI SLM ALYKM,
    je ne suis pas contradictoire ,mais j’ai eu affaire à Mr SMAHI censeur pour des certificats de présence dont le bureau se trouvait dans les anciens batiments ,au rdc gauche ,et que son neveu était avec moi dans la même classe et nous avions un camarade de classe Khémisti neveu du défunt ministre qui fut assassiné à alger et dont le père(frère de ce ministre )qui lui était commandant de police àsba en ce temps là .Que de souvenirs qui ressurgissent ,c’est vieux tout ça .Enfin ravi d’avoir échangé avec vous quelques souvenirs de lycéens .Cordialement…..Adil

  2. Mohamed LARADJI

    Mr Adil,bonsoir
    A l’époque où j’étais au lycée,entre 1962 et 1965,Mr SMAHI était maitre d’internat(l’équivalent d’adjoint d’éducation);Mr BOUKHDIMI était Surveillant général de l’internat et il y avait un Surveillant général de l’externat dont je ne me rappelle plus le nom mais je ne crois pas que c’était Mr BOUCHENAK;quant au censeur,je crois que c’était Mr NACER qu’on nous disait frère du chanteur OURRAD Boumedienne.
    Mr Oméga,bonsoir à vous aussi et je vous fais savoir que la prochaine rencontre des anciens du lycée AZZA Abdelkader aura lieu au lycée même le samedi 28 avril à partir de 10 heures;c’est la 3ème rencontre.
    P.S. Mr BOUKHDIMI sera certainement présent à la rencontre et il nous renseignera davantage.

  3. Adil

    Mr LARADJISLM ALYKM,
    pour ce qui est de l’administration du lycée en ce temps là:le Proviseur Mr Azza rahimahou allah,le Censeur Mr Smahi et le surveillant Général Mr Bouchnak.

  4. Mr LARADJI , Bonjour !
    Nous les belabésiens connaissons parfaitement la vie et le parcours de ces grands hommes qui ont tant donné pour leur ville en général et à l’éducation en particulier ,fort malheureusement on oublie parfois .
    Le 30 juillet 1963, portant inscription pour l’année scolaire 1963/1964 sur les listes d’aptitude aux fonctions administratives de chef d’établissements,de censeurs et surveillants généraux furent nommés par le chef du gouvernement président du conseil des ministres . le Feu AHMED BEN BELLA le 26 Juillet 1963 au temps de Mr Abderrahmane BENHAMIDA ministre de l’éducation nationale.
    fonction de chef d’établissement : AZZA Abdelkader lycée de garçon El Djala à Sidi Bel Abbes .
    Fonction de surveillant général de même lycée : Hadjij Mohamed aussi professeur de ce lycée .Tous deux ont été installés à la même date.

  5. Mohamed LARADJI

    Vous avez omis de mentionner que feu Mr AZZA Abdelkader fut Proviseur du Lycée El Djala, si ma mémoire ne me trahit pas,de 1962 à sa mort;d’ailleurs c’est sous son provisorat que le lycée fut baptisé « EL DJALA ».
    Pour l’histoire,c’est Mr BOUKHDIMI,surveillant général de l’internat qui fut chargé d’annoncer la nouvelle aux potaches que nous étions en nous précisant qu’el djala voulait dire »évacuation.
    Je profite de cet èspace pour rappeler à Mr BOUKHDIMI le « rendez-vous » des anciens du lycée le samedi 28 avril prochain

    • omega

      Mr LARADJI bonjour,
      Peut-on avoir de plus amples informations sur la tenue de cette rencontre entre anciens du lycée Azza? Cela peut intéresser plus d’un d’entre nous. Merci.

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