Chronique du jeudi: L’ALGÉRIE NE NOUS DEMANDE QUE DE L’AIMER AUTANT QU’ELLE NOUS AIME !

Ce 05 octobre 2015, 27 ans plus tard, je me remémore les incidents que j’ai eu à déplorer en ce moment de cette année 88, scotché devant mon téléviseur. C’est la première fois depuis 1962, que l’Unique, la RTA nationale a montré toutes les photos, les images. Elle a même réquisitionné un hélico, tout comme CNN, ensuite El Jazeera. On aimait bien à cette époque où la parabole commençait à balbutier, regarder le journal de la ravissante Anne SINCLAIR sur TF1, du temps où elle était trop belle pour se faire un DSK, mais on restait très prudents sur les «tentatives de manipulation des TV Françaises, hostiles à notre Pays » C’est pourquoi, on se sentait mal lorsqu’on voyait ces images qui nous montraient un Souk El Fellah en train de partir en cendres, Les agences d’Air Algérie saccagées, des PC détruits et jetés épars à même le sol, des voitures des entreprises publiques et des camions de NAFTAL, SNTR… brûlés…. C’était des images d’apocalypse.
Je me souviens qu’à Sidi-Bel-Abbès, à partir du 5 octobre, on ne faisait que suivre les évènements, les commenter et soulever des polémiques continuelles. Les bureaux, les ateliers se sont transformés en studios pour débats contradictoires : les pour, les contres et les oui mais…
Le 8 octobre au matin, des instructions arrivent. Il fallait organiser des permanences au niveau des Entreprises, et prévenir les attaques de destruction. Ce jour fut mon tour à partir de 17 heures. A 18 heures, je commençais à voir de la fumée qui semblait être du côté de Souk Ellil. Plus tard, je sus que c’était l’ERIAD qui a été incendiée. Ça y est, Sidi-Bel-Abbès venait de rejoindre – 3 jours plus tard –  la contestation nationale. Il était effrayant d’entendre les balles siffler et les explosions. Nous qui étions au niveau de la zone, on avait une vue presque d’ensemble au loin, d’où l’on pouvait voir plusieurs foyers d’incendies et déjà une première victime d’une balle perdue, en plein centre-ville. Vers 19 heures, j’entendis du bruit qui avançait de plus en plus. J’eus vraiment peur que ce soit la foule qui arrivait. J’appelle la sécurité, mais avant qu’elle ne réponde, je fus surpris de voir une colonne de soldats qui avançait le pied ferme. Le Capitaine qui était à la tête de ce groupe questionne : «Qui est le chef ici ?» Je réponds : «C’est moi !» Il réplique du tac au tac : «Vous ne l’êtes plus. C’est moi le seul Chef!» Il donna ses ordres et plaça ses soldats aux différents points névralgiques de la Société. Le lendemain, l’Armée prend les commandes et s’installe à tous les carrefours et prend possession de la Ville. Le calme revient comme par enchantement. Si l’on avait relevé des confrontations entre la police et les jeunes, aucune animosité ne fut notée vis-à-vis de l’Armée, bien au contraire, puisque dès le troisième jour, le couscous coulait à flot et les Bidasses s’en donnaient à cœur joie!
Au lendemain de ces évènements, CHADLI fait valider une nouvelle Constitution dont le fruit le plus immédiat fut la création d’une soixantaine de Partis et le développement d’une logorrhée verbale sur les plateaux de télévision dont la vedette incontestée fut Mourad CHEBBINE.
Mais ce n’était qu’éphémère : Le FIS récupère facilement le ras-le-bol des jeunes frustrés par 26 ans de FLN rentier. Le vote-sanction généra la décennie noire. Autant dire, que fort heureusement qu’internet et les réseaux sociaux n’étaient pas encore opérationnels, autrement cela aurait été surement le début des «automnes arabes»
Tant de sacrifices pour rien. Des centaines de milliers de morts en octobre 88 et durant la décennie noire, autant sinon beaucoup plus d’estropiés, d’handicapés, de disparus à jamais, une haine indélébile faute de repentance, pour qu’en fin, mon Pays l’Algérie se trouve paralysé économiquement, dépravé socialement, sinistré intellectuellement. Pourtant, cette Algérie nous a tant aimé, nous a tant chéri et choyé. Elle nous a dorloté et gâté jusqu’à nous gaver de flemmardise et de paresse. Prise en otage par des rentiers insatiables, elle subit. Elle subit la bureaucratie et la corruption. Ces dernières recèlent la violence. Dans un Pays qui nous aime tant, comment ose-t-on décider que lors d’un retrait de Permis de conduire suite à une infraction, le permis est transmis à Alger (Hamiz centre de biométrie) avant d’être récupéré par les services de la Wilaya d’origine pour être présenté devant la commission de Wilaya. Connaissant notre célérité bureaucratique, cette opération risque de prendre des mois, à l’exemple d’un citoyen qui réside à Tlemcen et dont le Permis a été retiré à Sidi-Bel-Abbès. Combien cette nouvelle procédure au lieu de lutter efficacement contre les accidents, sert plutôt à développer la corruption et instaurer une inflation. Dire que ce n’est qu’une mesure conservatoire et que la sanction relève des commissions de Wilaya. Pourquoi alors, dans ce cas ne pas permettre aux «prévenus» de pouvoir conduire jusqu’à décision de la Commission qui est seule habilité de fixer la durée du retrait, dans la mesure où le retrait opéré par l’officier de sécurité n’est en fait qu’une mesure conservatoire.
Cette corruption elle-même génère la violence et ses dérives. Ces comportements irritants assimilés à de la hogra, sont les sources, entre autres des 247 kidnappings d’enfants, dont 23 cas suivis d’assassinats qui ont été enregistrés depuis janvier 2014.
Des chiffres qui donnent froid au dos : de janvier 2014 à fin août 2015, plus de 8 940 enfants ont été victimes de violences, dont plus de 2 400 victimes de sévices sexuels.
Alors, il n’y a pas lieu de s’étonner par rapport à cela, ni par rapport aux nombre d’accidents, ni par rapport à la consommation de la drogue et la banalisation de la violence dans les stades et dans les établissements scolaires.
Il suffit juste d’aimer ce Pays –l’Algérie –autant qu’il nous aime!

djillali@bel-abbes.info


le 08 octobre 2015


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08 octobre 2015

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