DRA Norredine, « un artiste peintre auquel la chance n’a pas sourit » 2ieme Partie

Dra Norredine, semble être de ceux qui ont toujours cherché la perfection. Ce qu’il ressort de ses toiles est une perpétuelle recherche dans ce qu’il voyait ce qu’il ressentait ce qui le touchait. Il a su incroyablement et merveilleusement faire “parler son cœur et ses pinceaux”. L’art peint est riche, lumineux, élégant, raffiné et sensible qui vous emporte dans un univers de beauté et je me suis laissée charmer, moi qui connaissait très peu sur la peinture. Mes premières découvertes dans cet art étaient comme celle de tout le monde, celle de Picasso, Delacroix que j’admire grâce à leurs toiles féériques de renommé internationale

Au contraire des artistes qui projettent leurs sentiments dans des « paysages-états d’âme » d’autres artistes, on sent que Draa Noreddine est observateur de la vie végétale et animale. Avec un goût pour la matière dans la tradition de Courbet comme il a su me le faire comprendre, qui exprime les forces vives de la nature dans ses travaux à la fois imposants et intimistes. Il me disait que « Les sujets m’exigeront toujours de m’imprégner profondément d’eux et de travailler minutieusement jusqu’à ce que vie s’en suive… »« Pour moi, il est un grand privilège que ma passion me guide à reproduire la vie et les paysages ! ».

Mon ami le peintre aurait voulu me parler modérément de la peinture, il aurait souhaité que nous parlions de la poésie et de sa beauté. Il considère que chaque poème est un tableau. En évoquant énormément, Charles Baudelaire, je me convainquais que toute sa peinture était inspiré de ce grand auteur.En effet, Dra Norrédine se plaisait par des rappels de citations, à qualifier sa vie et les atmosphères de ses tableaux Baudelairien. Il résume, dans son réalisme irréel, toute une période récente qui le marquait dont le plus vrai que le vrai serait le signe qui insuffle sa force d’exister et de redevenir autre. Il y ajoute alors ses propres racines d’énigme.

Tout en plongeant son regard sur l’un de ses anciens tableau« il m’ajoutait presque en murmurant : « J’aime peindre des visages qui ont des choses à dire…Des femmes belles, envoûtantes, des jeunes gens qui évoluent ou rêvent dans un climat de fête cérémonielle avec la cruauté. Des vieux dont les expressions racontent toute une vie. Une plongée dans le fantastique avec des corps évanescents, des visages aux regards sombres ou joyeux, aux bouches édentée, charnues, sensuelles ou inquiétantes »

Au cours de l’une de ses périodes dans la vie, tenaillé par un manque d’inspiration chronique et une fatigue prolongée, il décidait de s’évader à la recherche de l’inspiration. Cette denrée mentale qui lui manquait lui faisait opter la destination du grand sud algérien. Il stationnait, dans toutes les régions des grandes dunes de Timimoune et d’Adrar. Cependant, il consacrait plus de temps à Tindouf.

Séduit par ses beaux paysages au caractère particulier qui sont pour lui, son violon d’Ingre lui permettant de se reposer. Ce qui explique son périple dans l’envoutant Sahara. Dans cette dernière ville du fin fond du pays, il ne pouvait ne pas être insensible aux doléances de cette jeunesse qui lui exprimait son besoin d’apprendre et d’être informé sur l’évolution culturelle dans le nord du pays. Dra Norrédine devenait pour ces passionnés du théâtre de cette contré, l’animateur et le réalisateur de la fameuse pièce de Bertolt Brecht « Hamlet » qu’Il montait avec des jeunes n’ayant pour expérience théâtrale que la passion. Cette pièce fut jouée avec des costumes et un décor de la région. Comme première expérience cette adaptation créa l’émerveillement du public assoiffé de la localité.

En fonction de son état d’âme, notre peintre optait pour l’art non figuratif, il s’imprégnait presque de toutes les écoles en tant qu’autodidacte. Il possédait un côté snob et tragique, très influencé par un caractère pessimiste mais d’un pessimisme réaliste en fonction des situations socioprofessionnelles et évènements internationaux bouleversants qui tout en occupant son esprit, pouvaient le lancer dans une interminable inspiration ou les tableaux qu’ils produisaient tombaient comme des baguettes de pain ou qu’il se cloitrait dans un état qui aggravait totalement son humeur.

Sa mémoire n’emmagasinait pas seulement-des poèmes, des visages ou des paysages, Il conservait les citations qu’il employait dans sa vie courante et entre autre, se rappelait ce que lui lui disait un jour son ami d’enfance Chouder, parti vivre sa vie de peintre aux Etats Unis .« Le désastre s’occupe de tout » et pour je ne sais quel raison, il me glissait cela entre deux tableaux qu’il me montrait. Il m’ajoutait après un temps de réflexion « Les hommes sont comme des plantes me disait-il, Certaines sont venimeuses et d’autre sont médicinales ! ».

Dra Norredine dont les capacités artistiques, méritent d’être reconnues et récompensées, m’oblige à essayer de comprendre ce qui bloque l’artiste. En effet, le talent est une mystérieuse équation de don pur, d’éducation, de volonté obsessionnelle de création. Ceci établi la part prépondérante de l’inné ou de l’acquis dans la formation du destin d’un artiste est un débat qui n’est pas prêt d’être tranché.

« L’on m’a toujours appris qu’une graine féconde ne peut pousser dans le désert, une autre rabougrie peut néanmoins se développer dans un terrain riche sans pour autant produire de fruits exceptionnels ». De la sorte, je rappellerais le cas de Mozart et demanderais « serait-il entré dans l’histoire de la musique s’il avait été fils d’un ouvrier maçon ? » Une graine exceptionnelle dans un terrain favorable ne protège pas pour autant de la grêle et de la destruction. On ne peut donc présumer de rien et nombre des prodiges n’ont pas eu la carrière que leur jeune talent promettait, émoussés devant la difficulté de se réaliser.

Les artistes besogneux ne réussissent pas mieux pour autant que ces doués que l’on évoque. Il n’y a aucune causalité entre le travail, la réussite et le talent. Ce qui est sûr, c’est que le don ne suffit pas à lui seul comme le travail seul ne peut suffire. Il faut l’amalgame des deux pour faire une œuvre. Saupoudrez d’un soupçon de chance et vous obtiendrez la réussite. Derrière ces explications, il y a un être humain. Un humain qui s’exprime par le biais de la peinture et de l’écriture. Cette dernière est également chez lui, un moyen d’expression comme un autre. « Le menuisier parle quand il créé son meuble, le boulanger parle quand il fait son pain etc etc. ».. A chacun sa façon de s’exprimer,.

Mais..Mais, je comprenais que cette réussite dont il est question quoique étant parvenue à destination exige de produire des œuvres qui correspondent à la demande au bon endroit, au bon moment, ce qui est souvent impossible. Je comprenais que l’art était pour lui un instrument qui lui permis de l’appréhender.« Le grand chemin n’a pas de porte, des milliers de route y débouchent, celui qui franchit la porte sans porte, marche librement entre le ciel et la terre » me disait-il en allusion comme pour me mener vers un terrain inexploité de ses confidences.

C’est pour cela que je ne peux m’empêcher de me révolter contre ceux, qui demeure sans comprendre que mon ami Draa Norredine, l’artiste ne peut éternellement rester incompris, et malchanceux qui ne peut continuer de faire la fortune des autres.

Son état de santé, devenue fragile, avec un moral parfois désespéré, il souhaite être reconnu, ne pas demeurer dans le besoin et c’est dans ces moment de lassitude, qu’il constate que tout se qu’il ne pouvait traduire sur toile, il le faisait par écris, parce que l’alchimie des couleurs le fait de tant à autre craindre, de ne pas apporter à la beauté se que désire la beauté- « L’art est la surprise, que l’on attend dans le résultat de la création » me confirmait-il avec les belles citations qui lui servaient de réponses à ses questions. Il ne désire pas être de ceux qui produisent épisodiquement en dilettante, sans passion ni message, des œuvres à vibratoire Surréaliste quasi inexistantes

Il n’est pas indispensable d’être un artiste maudit pour avoir du talent ni d’être issu de milieu favorisé pour ne pas en avoir…Dans la même mouvance mais issus de famille moyenne n’ayant pu supporter les contraintes d’un métier salarié, Draa Norrédine s’est trouvé devenir avec l’âge et la dégradation de sa santé comme ces artistes qui utilisent leurs œuvres comme un couvert les dotant simplement d’un statut social, d’artiste justifiant une profession. Une activité qui donnerait ses fruit quand elle le voudrait et entre temps se faire entretenir par son épouse qu’il nous décrit comme étant sa campagne,sa sœur, sa mère-Une épouse à laquelle, il réserve tout son affection et son respect.

Compte tenue des difficultés que vivait Draa Norrédine, il était aisé de savoir que rares étaient les artistes qui admettent vivre de la vente très aléatoires et toujours soumises aux incertitudes du marché de l’art lorsque celui –ci existait.

C’est pourquoi par réalisme et pour continuer à créer en toute liberté, Draa Norrédine préfère aussi subvenir aux besoins de sa famille en effectuant une activité fonctionnelle en annexe, comme tous ces artistes de l’époque, qu’ils soient besogneux ou artistes aux talents rayonnants et qui ont tous recours à un emploi de subsistance à temps partiel qui leur permet de subvenir à leurs besoins vitaux….. A ceux, qui affirment qu’un job nourricier était incompatible avec leur création et qu’ils ne pouvaient se concentrer après une demie journée de travail, je leur dirais : « la passion trouve toujours les moyens de création cependant que le doute trouve toujours des excuses pour l’inaction. »

Une œuvre d’art est une idée hors d’attente-Parfois, même lorsqu’une création est achevée, elle demeure inexplicable- Et dans ces situations, notre ami a l’impression d’être un instrument de force internes- Et alors, le géni de l’artiste qui est en lui, l’oblige de s’arrêter au bon moment- L’artiste peintre est un être qui voyage et dans ses randonnées psychique, il s’arrête la ou il le faut, prend d’autre allure, là ou il est nécessaire, sombre dans le doute de ses parcours et recherche dans des laps de temps, les issus de sorties- Il est l’artiste que l’on voit avec son pinceau et celui que l’on découvre à travers l’inspiration débordante et les couleurs qui se marient à un violet  qui ne demande qu’à dominer, sur la toile.

Cependant, je ne pourrais m’abstenir, de dire que mon ami le peintre dégage une inquiétante étrangeté dans ses travaux. Dès le prime abord, son regard de peintre est porté sur le monde qui le côtoie, tout en se souciant, d’apporter des solutions strictement picturales aux problèmes. Certains de ses tableaux font baigner ceux qui les contemplent dans la poésie et inattendu qui se manifestent à travers une grande sensibilité ou la géométrie des corps dans les jeux de la lumière s’attachent à une expression psychologique que font apparaitre les personnages. Pourtant Draa Norrédine est incontestablement marqué par la tradition, il a regardé les maîtres anciens, tous sans exception, en autodidacte passionné, Il n’en fut pas moins un représentant de son temps, admirateur des grands, il a su faire parler le vide, rendre le rythme architectural d’un édifice, privilégier les valeurs plus que les couleurs, transformer une construction en un lieu irréel, bref, il a su nous apporter l’émotion et le plaisir des yeux.

Pour conclure, je dirais que Draa Norrédine, autant qu’il aimait la peinture est arrivé à un stade où il la refuse pour se cacher à travers la littérature qui devient l’une de ses projets-Il m’avouera que la peinture dans notre pays a très peu d’avenir, en raison de l’inexistence d’un public amateur de peinture tel qu’il aurait souhaité.


le 14 décembre 2011


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14 décembre 2011

2 Commentaires pour “DRA Norredine, « un artiste peintre auquel la chance n’a pas sourit » 2ieme Partie”

  1. Riad OUABEL

    Bonjour Choucha Bonjour Nouri ,
    “no comment” pour le super interview de Mr benkhlouf :),et je saisie cette opportunité pour vous souhaiter une nouvelle année pleine de bonheur , santé et réussites incha el lah .

    Riad OUABEL

  2. choucha houari

    Il y en a qui ont le coeur si large qu’on y rentre sans frapper. Il y en a qui ont le coeur si frêle qu’on le brise d’un doigt.
    Jacques Brel

    Mon ami NORI fait partie de la peremière categorie des personnes chaleureux et généreux

    Salut à toi khayyi l’artiste!

Les commentaires sont fermés

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