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Quand la France panique

L’attentat du 7 janvier 2015, désormais associé au nom Charlie, révèle la France sous un visage qui contraste avec l’image d’Épinal qu’on avait d’elle. Une France des lumières  qui incarnait aux yeux du monde les valeurs universelles des droits de l’homme. Une France qui érige pour la liberté une statue qu’elle exporte aux Amériques et, pour son prestige, une tour Eiffel qui envoute la jeunesse désespérée au point qu’elle se jette en mer furieuse, à la quête d’un bonheur chimérique qu’elle n’atteindra jamais. Cette douce France, cette France des amours, comme la chantait Charles Trenet, est maintenant nue. « Charlie » mort et voilà que Marianne est sans fard. La France ridée, la France débridée est fragile. Elle a peur. Ses responsables politiques ne peuvent plus dissimuler la réalité. Ils parlent aujourd’hui d’une France qui n’est plus la même, qui a des ennemis à l’extérieur et à l’intérieur, qui est en guerre. Son premier ministre reconnait publiquement l’apartheid territorial, social, et ethnique. En réaction elle prend, dans la précipitation, des mesures liberticides qui vont à l’encontre de ce qu’elle a toujours prôné. Sa justice aux ordres des politiques et des conjonctures poursuit et condamne, dans une célérité déconcertante, à des peines lourdes pour une simple imitation du son de tir d’une arme à feu. Comment en est-elle arrivée là ?

La grandeur
Telle une forêt qui ressuscite après l’incendie, donnant vie à des arbres vigoureux sortis des cendres, certains drames donnent naissance à des hommes aux grands destins, qui incarnent des nations et qui à eux seuls font l’histoire, tels Mandela en Afrique du sud, Gandhi en Inde, Lincoln aux états unis d’Amériques, Churchill en Angleterre, Boumediene en Algérie, De Gaulle en France …etc. La postérité retient ces noms illustres, sortis tous de la douleur. Le sang, les larmes et la sueur forgent des bâtisseurs là où il n’y a que ruine, des fédérateurs là où il n’y à que division, des semeurs d’espoirs là où le malheur atteint son paroxysme. Les nations, écrit Baudelaire, n’ont de grands hommes que malgré elles.

La deuxième guerre mondiale engendra De Gaulle. Un grand homme au sens propre et figuré. L’homme de la France libre chercha à lui recouvrer ses « lumières » afin de faire oublier sa sombre période de Pétain et de Vichy. Le général n’était grand que par la résistance : résistance au nazisme raciste. Résistance à l’hégémonie américaine, en quittant le commandement militaire intégré de l’OTAN afin d’assurer pour la France une politique étrangère indépendante. Résistance au lobby sioniste qui, de son temps déjà, voulait faire main basse sur la France. N’est-ce pas lui qui déclara en novembre 1967, en provoquant l’ire de Ben Gourion et se faisant qualifié d’antisémite : « Les juifs, jusqu’alors dispersés, mais restés ce qu’ils avaient été de tout temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sur de lui-même et dominateur ». Cette phrase l’aurait trainé dans la boue et lui aurait couté dans la France d’aujourd’hui des poursuites pour incitation à la haine raciale.

Le général De Gaulle, meneur d’hommes, doit certainement sa grandeur à sa personne, mais pas seulement. Des hommes prestigieux consolidaient sa force et orientaient toujours dans le sens de la grandeur. Suffisamment solides pour lui dire qu’il se trompe de choix quand il en faisait des mauvais : André Malraux, le républicain anti fasciste, auteur de« la condition humaine », et de « l’espoir ». François Mauriac à qui De Gaulle a rendu un vibrant hommage le qualifiant de fleuron de la couronne de France, le remerciant pour sa contribution dans l’effort national et chez qui Ferhat Abbes reconnaissait le courage d’avoir reconnu la vérité sur l’Algérie. Alain Peyrefitte le visionnaire, qui avant tout les autres avait prédit « Quand la Chine se réveillera le monde tremblera ». Raymond Aron, qui a prit publiquement, en 1957, position en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Avec des intellectuels de cette trempe, De Gaulle hissait haut son pays. Il avait une conscience de l’universalisme des principes hérités de la révolution française. C’est pourquoi, à propos de Sartre, qu’il ne portait pas dans son cœur, il déclarait : « J’eus déjà l’occasion de dire que Sartre, à l’image de Villon, Voltaire et Romain Rolland en leurs temps, causa bien des tracas aux pouvoirs publics, mais qu’il n’en est pas moins indispensable que la liberté de pensée et d’expression des intellectuels demeure respectée dans toute la mesure compatible avec l’obéissance aux lois de l’État et avec le souci de l’unité de la nation ». Et de conclure «on n’emprisonne pas Voltaire », donnant ainsi à la liberté d’expression toute sa plénitude.

De cet esprit Gaullien, Jaque Chirac hérita quelque peu. Durant la visite qu’il entreprit en 1996 au Moyen-Orient, il fut empêché par les soldats israéliens de circuler librement à Jérusalem et d’entrer en contact avec les palestiniens. Il était suspecté d’être pro-arabe et pour cela les israéliens voulaient l’empêcher, lui le président de France, de circuler et de s’exprimer librement. Alors il explosa à la face du responsable de la sécurité israélienne : «Qu’est ce qu’il y a encore comme problème ? Je commence à avoir assez… », menaçant de créer l’incident diplomatique avec Israël.

Sous sa présidence, De Villepin, en gaulliste, marqua dans son discours à l’ONU contre la guerre d’Irak, l’indépendance de la France par rapport à l’Amérique des Buch, belliqueuse et injuste.
Le coup de sang de Chirac à Jérusalem et le discours de DE Villepin à l’ONU, firent des deux personnages des héros et de la France l’amie des arabes qui ont toujours honni l’occupation injuste des israéliens et l’impartialité odieuse des pays occidentaux.

La décadence

De la grandeur au nanisme. L’avènement de Sarkozy à la tête de l’état français en 2007 inaugura une nouvelle ère. Celle de l’allégeance aveugle aux États-Unis et à Israël et du mépris pour le monde arabe que ce président ne voyait jamais en partenaire mais en simple client ou fournisseur, consentant ou forcé, inflammable si nécessaire.

Sarkozy a choisi ses hommes. Il a prit pour « plume » Henri Guaino, pour conseiller personnel Patric Buisson, pour émissaire propagandiste de guerre Bernard Henri Levy et pour référence intellectuelle Glucksmann et Finkielkraut, tous connus pour ne pas être des amis des musulmans et des arabes.

Ces tristes personnages, qui ont influencé la politique de la France sous Sarkozy, ont livré des jugements réciproques et éloquents sur leurs valeurs respectives: Guaino qualifia Bernard Henri Levy de « petit con qui a la bave aux lèvres avec la haine qui suinte partout » et Bernard Henri Levy qui qualifie Gaino de raciste. Patric Buisson, recruté chez l’extrême droite, a démontré toute sa vilenie en mordant la main de son maitre Sarkozy qu’il espionnait. Quant à Bernard Henri Levy, son œuvre destructrice, mue par sa doctrine sioniste, est tellement notoire qu’elle ne mérite pas d’être rappelée. Avec des personnages de si petit acabit la France devint haineuse et ne pouvait que se rabaisser.

Sarkozy entame son mandat, dés la première année – en 2007 – par deux actes à portée symbolique : le discours de Dakar, à l’université Cheikh-Anta-Diop et la réintégration au commandement militaire intégré de l’OTAN que De Gaulle avait quitté justement pour que la France soit indépendante dans sa politique étrangère. Ces deux actes expliquent d’une part l’aisance avec laquelle Sarkozy a osé mettre le feu dans une partie de l’Afrique et du monde arabe et les mesures xénophobes qu’il a prit à l’intérieur de son pays pour séduire le lectorat de l’extrême droite, de plus en plus important en France : Il s’agit du débat sur l’identité nationale française et la loi sur le voile islamique, décriés tous les deux comme racistes.

Par le discours de Dakar Sarkozy, dévoila sa nature dédaigneuse et les choix politiques qu’il destinait pour le continent africain, sous prétexte qu’il avait reçu pour cela mandat des français. A la face des présidents africains réunis il lança cette ultime offense: «le drame de l’Afrique vient du fait que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire… Dans cet imaginaire ou tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès ». Ces mots sortis de la bouche de Sarkozy sont l’œuvre de Guaino. Ils sont jugés, même par BHL, comme des propos racistes. A lui seul, ce discours explique le racisme, l’apartheid et les ghettos en France et peut justifier, aux yeux de Dieudonné au moins, son «je suis Charlie- Coulibaly», pour lequel il est poursuivi pour apologie du terrorisme.

L’autre provocation de Sarkozy, c’est le débat sur les valeurs de l’identité nationale en France. Ce débat national suggère que l’immigration menace l’identité nationale. L’idée est du raciste Patric Buisson. Le lancement de ce débat a laissé dire à Guy Verhofstdat, l’ex-premier ministre belge: « Il y a décidément quelque chose de pourri en république française », affirmant que Sarkozy a remis les thématiques d’extrême droite au premier plan, n’hésitant pas à faire référence au « remugle vichyste ». C’était le 11 février 2010, presque cinq années avant Charlie.

S’ajoute à cela la loi du 11 octobre 2010 sur le port du voile islamique, ressentie par les musulmans comme une entrave à la liberté du culte.

Enfin, on ne peut ne pas imputer à Sarkozy et Bernard Henri Levy, la destruction de la Libye et les menaces que cette destruction fait peser sur toute la région. Tout cela au nom d’une fallacieuse volonté de libérer le peuple libyen de la dictature de Kadhafi, alors qu’en vérité Sarkozy voulait une part du marché du pétrole de ce pays et en même temps faire taire les rumeurs persistantes sur un financement de la part de Kadhafi de la compagne qui l’a menée au pouvoir.

Cette politique, proche des thèses de l’extrême droite à l’intérieur, hégémonique et pro- israélienne à l’extérieur, a conduit la France à l’état ou elle se trouve : Décrédibilisée quant elle prétend rayonner sur le monde. Hier crainte, elle est aujourd’hui défiée et menacée par des électrons libres qui sortent de ses entrailles, si petits qu’ils échappent à ses chars d’assaut et si redoutables qu’ils ébranlent ses fondements et ses fondamentaux. Ce qui la pousse à prendre des mesures critiquables, révélatrices de l’état de désarroi dans lequel elle se trouve.

(A suivre)

MEKIDECHE.A

26 janvier 2015

le 26 janvier 2015


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26 janvier 2015

3 Commentaires pour “Quand la France panique”

  1. alger-newyork

    je pense qu’il n y ni sionisme ni juif ni rien, tout le monde est sous la bote de Iblis ses partis politique financés par le vol pillage détournement drogue armement, ses banques son armé de batards…et c’est connu tout cela
    lui il ne distingue rien entre un juif un arabe un français un italien un latino un noir ou un asiatique..Tous sont devant ces yeux que du bétail, qu’il contrôle par le batake des oreilles..
    pas la peine de monter contre les israélien ou arabes vous êtes tous une même chkara

  2. Memoria

    Salam!
    La Cagoule (1937) n’aurait jamais laissé s’imposer sur son territoire un lobby “sionisant” et encore plus askhénaze pour déstabiliser cette Douce France des années bicyclettes et accordéons…La Milice aux ordres du Reich encore moins avec un Papon veillant au grain du fascisme ! De Gaulle transbordé sur cavalerie US aux confins de la banlieue parisienne sera catapulté personnage historique grâce au Plan Marshall qui l’aidera à poursuivre sa guerre d’Algérie…à crédit ! .L’épuration des FFI ne touchera pas les vichystes d’Algérie qui se rattraperont à Sétif,Kherrata et Guelma….sous l’oeil des caméras de l’Us Army …
    Soixante dix ans après,la victimologie,science juive après la criminologie,réussira à pérenniser en France l’invasion sociétale et institutionnelle d’une population revancharde et acquise au sionisme capitaliste sauvage.
    La France de Deloncle,Charles Maurras,Brasillach et …Céline pourra-t-elle se faire oublier par les nouveaux propriétaires du Boulevard qui croient trop en leur…étoile jaunie par les feux de paille?
    Une DCRI noyautée par le Mossad qui lui fait cycliquement des enfants dans le dos est de mauvaise augure pour une France dont les lumières se sont éteintes à leur siècle…
    Et puis imputera-t-on encore une fois sur conseil maussade la catastrophe d’Albacete à “un pilote converti” ,et qui révèle la présence d’unités opérationnelles européennes de l’OTAN à quelques dizaines de kms d’Oran

  3. Boualem

    Ce n’est pas seulement la France qui est confronté au terrorisme et malgré ça elle fait face avec intelligence et responsabilité en respectant le droit

Les commentaires sont fermés

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