Près de 90 % des Algériens disent craindre des menaces ou des représailles dans le cas d’un témoignage contre la corruption, selon une étude de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (Laddh) rendue publique ce mardi 13 décembre à Alger. « Il faut travailler sur le renforcement des dispositifs législatifs en matière de protection des dénonciateurs de corruption », a indiqué Moumene Khelil, secrétaire général de la Laddh lors d’une conférence de presse tenue au siège de la Ligue pour présenter cette étude. «Ceux qui ont le courage de dénoncer et de faire un acte citoyen se retrouvent abandonnés,livrés à eux mêmes sans aucune protection », a‑t‑il ajouté, alors que l’étude affirme que 88 % des personnes interrogées disent avoir peur de dénoncer le fléau. Il a cité l’exemple d’un fonctionnaire qui a été licencié pour « divulgation de secret professionnel » après avoir dénoncé au procureur de la République les malversations du directeur de l’entreprise publique où il travaillait.

Le dernier rapport de Transparency International sur la perception de la corruption classe l’Algérie à la  peu reluisante 112e place sur 183 pays classés du moins au plus corrompu, une conclusion contestée par les autorités à Alger. Jeudi, le président Abdelaziz Bouteflika a signé un décret sur la composition, l’organisation et le fonctionnement de l’Office central de répression de la corruption (OCRC), mis en place il y a un an mais resté discret depuis.

 

Sources: [Envoyés Spéciaux Algériens ,TSA, AFP]