Chronique de jeudi: «L’ENFANT D’ILLIZI ET LES PRESIDENTIELLES»

Jadis la radio constituait un moyen de véhicule d’informations extraordinaire. Les branchés de l’époque s’aimaient à polémiquer sur les meilleures émissions que diffusaient Europe1, France Inter, RMC et la Chaîne3. Puis surgit Médi1, pas pour longtemps, puisque toutes furent mises sous l’éteignoir par l’image. En effet, la révolution de l’information par l’image s’avèrera fatale en s’imposant comme faiseur d’opinions incontournable. Ainsi, la BBC, CNN ensuite El Jazeera, s’érigent comme les tombeurs de gouvernements et d’Etats. Elles sont devenues grâce à l’image renforcée par l’internet, des pouvoirs incontrôlables sur l’avenir des Nations. La technologie ne s’arrête pas là.
En effet, il nous arrive souvent de suivre mécaniquement le défilé des informations en bannière en bas de l’écran T.V. C’est une méthode qui a du être inventée – comme toujours – par les américains après des études sur le comportement. Son impact est extraordinaire puisqu’on se retrouve à être comme fasciné par l’attrait de ces mots qui défilent devant nos yeux, allant jusqu’à nous faire perdre le fil des images, que cela soit un film, un documentaire ou des dessins animés.
Mais parfois, la lecture de ces informations remue en nous des sentiments de stress, d’incompréhension, voire même de dégoût. L’enchaînement fortuit d’informations les plus contradictoires sur le plan de la perception des choses, fait que notre cerveau doit répondre dans un laps de temps très court, à des stimuli exigeant des réactions souvent diamétralement opposées. Imaginez que l’on vous annonce la victoire de l’équipe nationale, suivie immédiatement par un séisme de magnitude 7 dans une région où vous avez beaucoup de famille et d’amis. L’enchaînement des choses est toujours important. Sur le plan informationnel, il devient essentiel. Cela me rappelle une autre image relative à l’enchaînement. Parfois, la retransmission d’El Adhan est suivie sans transition aucune par une chanson Raï. Imaginez l’acrobatie à laquelle sont soumis vos neurones. Il y a de quoi quand, à peine l’information people sur la vie d’une starlette se voile, défile celle d’un accident meurtrier dont le bilan dépasse la dizaine de morts, ou d’une voiture piégée qui a déchiqueté une centaine d’enfants.
Mais la transition qui m’a le plus choqué est relative à ces deux informations: La première : «Le corps du deuxième enfant disparu dans l’oued d’Illizi a été retrouvé à des kilomètres du lieu du drame» la seconde : «Le Président Bouteflika envoie un message à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Cour Suprême. Le message a été lu par le Ministre de la Justice.» A peine, vous avez commencé par vous apitoyer sur le sort du petit enfant du désert englouti par les flots d’une averse soudaine, à peine vous essayez de percevoir les conditions de vie dans lesquelles lui et ses parents végètent, à peine vous cherchez à définir la mouise qui la conduit à cette fin dramatique, à peine vous cherchez à comprendre pourquoi ses parents ont pris la chose comme une fatalité, presque avec bonheur, ne voilà-t-il pas que votre écran vous court-circuite, vous coupe le fil des idées, vous saisisse et vous ramène au quatrième mandat. Et vous découvrez béatement que le Président est toujours là, qu’il continue à écrire, à défaut de parler. Il vient vous rappeler que cela fait cinquante ans que la cour suprême existe. Il torture vos méninges qui cherchent à savoir pourquoi que depuis cinquante ans qu’elle existe, cette cour suprême n’a pas jusqu’à aujourd’hui, rendu justice à la justice. Pourquoi n’a-t-elle pas pu donner son indépendance à la justice.
Finalement, cette transition aussi arbitraire que cela puisse paraître, est utile à quelque chose, même si souvent elle s’avère contraignante pour le fonctionnement normal d’une cervelle normale. Le cerveau subit exactement le même sort qu’un choc thermique. C’est comme si l’on passait de – 5° à 60°. Subitement. C’est le même phénomène que perçoit nos neurones quand on passe de l’information sur la fin tragique de ce petit corps d’enfant du désert au rappel que la Cour suprême fête ses cinquante ans d’existence et qu’elle n’a rien pu faire pour cet enfant, ni pour ses parents, ni pour le reste des justiciables.
A ce rythme, notre cerveau n’est plus à l’abri d’un AVC. Le choc que peuvent provoquer les transitions brusques d’informations suscitant des réactions diamétralement opposées, peut-être fatal pour nos pauvres méninges.
Pour éviter cela, il est conseillé :
– Soit de rester brancher sur «El Jazeera Moubacher» qui se contente des informations morbides non-stop sur la Syrie et l’Egypte, donc sans transition nuisible ;
– Soit souhaiter que toute l’année soit du l’année du quatrième mandat pour ne lire uniquement que: «Le président Bouteflika a décidé de postuler pour un quatrième mandat »
Quant au pauvre enfant d’Illizi, il est déjà oublié depuis longtemps.
djillali@bel-abbes.info.


le 06 mars 2014


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06 mars 2014

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