Cela fait des mois que la presse française accorde un intérêt particulier au cas Adrien Quatennens, ce brillant député de la France Insoumise qui vient d’être condamné en première instance à 4 mois de prison avec sursis pour violence contre son épouse. Dès le début de l’affaire, ce jeune loup qui avait un belle avenir a reconnu les faits et il s’est complètement éclipsé depuis. Pour cela il a été jeté aux chiens, traité comme un parias, lynché par ses adversaires politiques, renié par ses amis et suspendu de son groupe parlementaire.

Pour nous qui n’avons pas atteint un aussi haut degré de civilité et de respect à l’égard des femmes et des LGBTQ, infliger un tel traitement à un haut personnage pour une petite gifle, c’est vraiment excessif. Et d’ailleurs une telle affaire n’est pas de nature à remuer nos sentiments, ni a ameuter le monde, tellement on nous a inculqué que infliger une correction à la femme est un droit divin accordé au mari.

Il n’y a que l’affaire de Kamel Daoud, qui fût poursuivi et condamné pour les mêmes faits, qui a fait la une d’une partie de la presse pour un temps très court. Et si l’auteur de ” Cologne, lieu de fantasmes”, n’avait pas concentré beaucoup de haine sur sa personne, personne en Algérie n’aurait accordé d’intérêt à sa condamnation.

Mais Kamel Daoud est un français. Un modele d’assimilation. Un franco-compatible bien accueilli chez les bobos, qui a accès à la haute sphère parisienne. Il a même les clés de l’Elysée, puisqu’il est l’ami personnel du président, sa voix au Sud ?

Et pourtant ce français là, que l’on considère comme l’un des intellectuels les plus influents au monde, échappe au sort infligé à Adrien Quatennens alors que les violences pour lesquelles il a été poursuivi et définitivement condamné à Oran sont beaucoup plus graves. En effet, malgré sa condamnation définitive, et malgré les échos qu’à reçu cette condamnation en France, Kamel Daoud n’a rien perdu de son aura, ni de l’intérêt que lui accorde la presse de droite et les intellectuels de l’extrême, notamment BHL, Franz-Olivier Giesbert et Finkielkraut. Mieux, il reste toujours l’ami qu’invite le président français à la cérémonie de son sacre et chez qui à Jupiter rend la politesse en venant dîner chez lui à Oran.

Tant mieux pour lui. Mais que c’est triste pour cette France qui n’est plus crédible, qui va de chrysanthème et chrysanthème et qui n’est que l’ombre d’elle-même. Qu’importe pour ces droitdelhommistes de demi-mesure que le lieutenant Daoud violente une Fatma, pourvu que le délit échappe à la compétence territoriale française et qu’ils se produisent entre indigènes en terre indigène.

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