SANS LE VICE LE LIBAN SE MEURT.

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Le Liban est en faillite.

C’est un pays menaçant ruine.

Embourbé dans une crise multidimensionnelle d’où il lui est difficile de sortir, son horizon est sombre. Pourtant il fut un temps où cette société était la plus ouverte au milieu d’un monde oriental hermétiquement fermé. Elle était le pont entre deux cultures qui se détestent mutuellement et qui s’affrontent. Le carrefour qui lie l’occident à l’orient et l’orient à l’Occident en une heure de vol d’oiseau. Le seul espace arabe où on pouvait donner libre cours à ses désirs sans être jugé, sans etre honni. L’oasis au milieu du désert. L’univers des arts et des lettres, de la beauté et du raffinement, de l’intelligence, de la curiosité et du savoir. L’exception arabe.

Quelle sont les causes de cette faillite ?

On avance plusieurs hypothèses.

On insiste sur ses contradictions internes; il est vrai qu’elles sont multiples et majeures et qu’elles fragilisent ce petit pays.

On déplore sa géographie, il est vrai que ce peuple intelligent et entrepreneur aurait fait des miracles s’il était situé la où sont situées la Suisse ou la Norvège, mais il a la malchance d’être coincé entre Israël, l’Iran, la Syrie et des monarchies sans foi ni loi.

Et on regrette la pauvreté de son sous-sol.

Mais tel était son destin depuis qu’il existe. Un destin qu’il avait pourtant toujours maîtrisé comme maîtrise un bon cavalier un cheval fougueux. Et malgré les difficultés il avait toujours fait preuve d’une exceptionnelle résilience, ce qui prouve que ni ses contradictions internes, ni sa malchance géographique, ni la pauvreté de son sous-sol ne sont les causes déterminantes du désastre qui le frappe si lourdement cette fois.

Il y’a donc forcément une autre raison. Je n’en vois qu’une:

Le Liban tenait sa force de son multiconfessionnalisme qui faisait qu’aucune confession n’était assez forte pour imposer ses interdits, de sa maîtrise de la psychologie du voisinage, et surtout du monopole des vices privés qui faisait sa vertu publique, comme l’enseignant Bernard Mandeville. Au milieu de l’archaïsme, il incarnait la modernité; au milieu de l’hypocrisie et des frustrations, il laissait liberté aux sens. L’alcool coulait à flot, le sexe n’était pas tabous, et le jeu faisait et défaisait les fortunes. Et comme il était si proche du monde frustré, il attirait tout l’argent facile dont les nababs enturbanés ne savaient que faire.

Ce monopole le pays du cèdre le perd depuis que ses voisins, en voulant se moderniser, s’occidentalisent. La nouvelle génération de rois et d’Émirs laïcisés, formés dans les prestigieuses universités du monde occidental, libéral et libertin, ne croyant plus à la vertu de leur pères, se sont révolté contre leurs tabous et ont cassé leurs totems, à commencer par les ulemas gardiens de la rigueur du dogme . Au lieu de l’austérité, ils investissent dans le luxe et la luxure et font tout pour attirer le touriste en prévision d’un temps fatale ou la nature cessera de les fournir en flot, sans effort. Et pour que ce touriste vienne, ils lui servent, jusqu’à la prostitution, tout ce qu’il désir: du faste, du jeu, du sexe et de l’alcool. C’est-à-dire tout ce dont le Liban avait le monopole dans l’enfer du middele east, mais en plus grand et en plus frappant. Cette concurrence déséquilibrée, cette course vers le diable a fait tarir toute les sources qui alimentaient le pays de Sodome et Gomorrhe, puisque Sodome et Gomorrhe se sont installés même dans les lieux saints, jadis à eux inaccessibles

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