«LA FRAUDE ELECTORALE N’EST PAS UNE FATALITE»

Mourad Medelci, le MAE a déclaré à propos des élections, que « la fraude n’est pas une fatalité ». Pour une fois, je suis entièrement d’accord avec lui. En effet, la fraude pour être annihilée,  n’a besoin ni d’observateurs étrangers et encore  moins arabes. Elle n’a besoin que d’une chose : « la non instrumentalisation systématique »

Le Pouvoir semble disposé et sincère cette fois-ci pour organiser des élections « propres et honnêtes », la première fois depuis l’indépendance. Pourquoi ?

D’abord, parce certainement Bouteflika n’a pas l’intention de briguer un quatrième mandat, malgré l’insistance d’une  grande partie du lobby qui dirige le Pays. L’hypothèse de passer le flambeau à son frère est tombée en désuétude après le printemps arabe. Une fois que ces certitudes se sont  affichées, la riposte ne s’est pas faite attendre :

–          Les différents responsables des partis au Gouvernement se positionnent comme candidats à la présidence pour le prochain mandat ;

–          Pour ce refaire une virginité et chasser dans le territoire de l’ex-FIS, le MSP se désolidarise de la coalition et se place dans une opposition de façade, puisque ses Ministres ne démissionnent pas du Gouvernement.

Ensuite, parce que le Président fort de cette nouvelle donne, veut sortir grandi à l’issue de trois mandats  passés à la magistrature suprême et qui n’auront pas été tous aussi bien appréciés par les citoyens. Le Président veut donc donner l’impression d’avoir été l’initiateur de la Démocratie réelle en Algérie ; ce qui pourrait l’aider à  atteindre son objectif fondamental : Figurer dans l’histoire du Pays et même briguer le Prix Nobel. Une distinction qui le hante et qu’il désire tant. Les signes précurseurs se manifestent à travers les réformes qu’il  tient à paterner, les instructions fermes à l’administration de veiller à la régularité du scrutin, la liberté totale accordée aux observateurs étrangers en nombre, en lieux et en marge de maneuvre, l’agrément de tous les nouveaux partis en un temps record (un mois) et enfin  l’implication de la justice dans le processus!

Ceci semble à priori possible et faisable. Du moins, si la sincérité est vraie (excusez le pléonasme !)

Car, il ne faut pas se leurrer. La lutte contre la fraude n’est pas impossible, pour la simple raison que celle-ci se faisait avec le consensus de tout le monde. On se répartissait le nombre de sièges avant le scrutin, ce dernier n’étant qu’une formalité. Les images d’une Khalida TOUMI exhibant les urnes bourrées avant le scrutin au J.T. de France 2 ne l’a pas empêchée d’être Ministre de la Culture et cuationner –si ce n’est participer- à la fraude des scrutins suivants. Les membres des bureaux de vote étaient instruits préalablement du contenu du P.V. et des chiffres exacts qui devaient y figurer. Toute résistance  engendrait automatiquement des sanctions professionnelles mettant en danger la carrière de ce personnel en majorité relevant de la fonction publique, donc sous l’égide et l’autorité du parti au pouvoir. Ils ne pouvaient donc que se soumettre.

Chacun de nous a certainement eu l’occasion de faire partie de ces bureaux de vote et a constaté de visu comment cela se passaient. C’est des instructions qui venaient généralement de l’administration qui – comble du paradoxe –  était chargée d’assurer la neutralité et la légalité. C’était donc une «fraude institutionnelle»  Cependant,  ce qui pourrait semer  le doute sur les déclarations de l’administration à travers le Ministre de l’intérieur DOK, reprenant les orientations du président de la République, c’est la sortie de Belkhadem qui annonce les résultats du prochain scrutin avec exactitude, comme au bon vieux temps. Sa déclaration a suscité un tollé et une levée de boucliers sans précédent dans la classe politique nationale. Mais, l’intervention du Président  M.  Bouteflika devant les assises du CNES, a contenu une réponse destinée comme une « remise à sa place » de Belkhadem. Le Président a affirmé qu’il n’était « le Président d’aucun Parti (allusion au S.G. du FLN qui quelques jours plutôt, a déclaré que le président du FLN était Bouteflika) mais le Président de tous les algériens ! »  Plus réconfortant, le Président a accusé ouvertement les élus actuels d’être responsable à part entière,  de la non réalisation du plan de développement local inscrit dans son programme !

Cette remise à l’ordre du Président conforte la « sincérité » de la démarche. Par ailleurs, les Wali en regroupement par DOK ont eu droit à un sermon en bonne et due forme, sur leur responsabilité personnelle dans le déroulement des élections et surtout leur «propreté»

Par conséquent, il devient patent que si la sincérité prime dans la démarche, les élections seront réellement « propres et honnêtes » qu’il y ait observateurs ou pas. La présence de ceux-ci, n’est demandé  (c’est la première fois que l’Algérie les demande officiellement et largement à l’avance sans conditions aucune) que pour « internationaliser »  la démarche et donner du crédit aux réformes préconisées par le Président. Car seul l’Etranger –et en particulier l’UE et les USA-  peuvent donner du crédit et lui offrir la possibilité d’atteindre ses objectifs à la fin de son dernier mandat! N’a-t-il pas assuré la « concorde nationale », « ramené la paix » et enfin permis au peuple de choisir librement ses représentants ? Le bilan terminal a de quoi flatté son ego au  travers d’un « blanc seing » fourni par la communauté internationale !

Voilà pourquoi, il nous semble que cette fois-ci, la fraude aux élections ne sera pas une fatalité.

djillali@bel-abbes.info

 

 


le 05 janvier 2012


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05 janvier 2012

1 Commentaire pour “«LA FRAUDE ELECTORALE N’EST PAS UNE FATALITE»”

  1. Djillali T.

    mon cher ami *C* la fraude électorale reste possible et d’une grande probabilité.
    1- parce qu’on n’aura jamais les moyens de contrôler tout le territoire national, en particulier les centaines de villages qui passent généralement inaperçus par leurs prétendues minorités de population alors qu’ils constituent en réalité l’enjeu de la *MACHINE*.
    2- en cherchant à répondre à la fameuse question, *QUI EST CAPABLE DE FRAUDER ?* on s’aperçoit tout de suite biens sur que ce n’est pas ce simple citoyen, mais plutôt une personne qui possède l’autorité et le pouvoir de décision et d’influence et qui s’acharne désormais à demeurer dans ce siégé.
    3- l’autorité administrative et sécuritaire sont étroitement liés à cette décision,aux influences, au système. leurs carrières dépendent malheureusement aux taux avancés après les dépouillement……..

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