“LA PEUPLADE, LE SULTAN & LE VIZIR (II)”

A la dernière chronique d’il y a deux «moissons», nous avons laissé la Peuplade toujours avec son 6ème Sultan et son énième Vizir. Seule la Peuplade est restée la même.

Après que la malédiction eut traversé sous forme de «vents violents» une grande partie des Peuplades du Sud, où subitement, les Membres de ces Peuplades se révoltaient pour demander le départ de leurs Sultans qui régnaient sur eux sans problèmes depuis de longues, très longues années ; nous avons relevé que notre Sultan a observé pendant longtemps le silence. La peuplade voisine du côté où se lève le soleil, fut la première à renvoyer son Sultan et commençait à jouer librement, oubliant le travail et le sacrifice. Elle fut suivie par sa voisine, la Peuplade où, malgré qu’il eut prononcé son fameux «je suis votre Dieu Tout Puissant» Sultan Pharaon fut mis en prison avec ses deux chérubins chéris. Pendant une année, la Peuplade se réunissait tous les jours sans arrêt à la place centrale du village principal de la Contrée, la seule revendication était que les membres voulaient tous être Sultan. Au bout d’un certain temps, un Sultan sera désigné par la «choura» mais une année à peine, la Peuplade constate qu’elle s’est trompée et demanda un autre Sultan. Les Peuplades ne comprenaient pas pourquoi, il y a toujours des personnes qui voudraient comme Sultan des personnes qui prennent la religion en otage.

La Peuplade du Sud à la frontière des Peuplades des «saliguènes » sera plus expéditive. Réputée de nature bédouine et rude, elle s’allia avec les «impies» du nord et lyncha son Sultan sans aucune forme de procès, avant de se révolter contre elle-même jusqu’à ce jour.

Plus loin, dans la Contrée qui accueillit, il y a bien longtemps, l’Emir premier Sultan de notre Peuplade, les choses sont plus complexes. Le Sultan en exercice, descendant de son père, se montre plus puissant et résiste à la révolte de sa Peuplade. Malgré l’appui des « impies du Nord », et les «fenêtres magiques» de la minuscule contrée des Bédouins, qui montrent chaque jour des images fabriquées pour tromper les Peuplades, le Sultan résiste toujours. Même les auto-proclamés Prophètes n’ont rien pu faire avec leurs fetwas appelant les guerriers des différentes Peuplades au Djihad.

Pendant ce temps, alors que trois Sultans sont déjà partis, et que les Membres de leurs Peuplades n’ayant pas pu trouver de nouveaux Sultans, s’entretuent et que les autres Peuplades du Sud s’entretuent également parce que leurs Sultans ne veulent pas partir; le Sultan de notre Peuplade, Lui, qui revint de son voyage passé à traverser le Désert, et qui a continué à se taire, tomba subitement malade. La peuplade l’apprit à travers la « fenêtre magique » qui lui précisa que le Sultan a été transporté chez la Peuplade du Nord, celle qui occupa leur Contrée pendant 32 années et un siècle, pour se soigner. Parce qu’il paraît que la Peuplade du Nord, au-delà du «Grand Lac Bleu» a des Guérisseurs très forts et des potions qui peuvent venir à bout de n’importe quelle maladie. Les «Guerriers » et le nouveau Vizir ne cessent de répéter à la Peuplade que le Sultan n’a rien de grave et qu’il se porte bien. Mais la Peuplade n’arrivait pas à comprendre pourquoi, s’il se porte bien, il reste plusieurs lunes chez la Peuplade du Nord, autrefois, ennemie. Les «papyrus» de la Contrée ainsi que de ceux des Contrées du Nord se posent tous, la même question : «Quand rentrera-t-il ?» Seul le Sultan de la Contrée du Nord a une fois dit que notre « Sultan se portait bien et qu’il se reposait » L’autre fois, le Chef des Guerriers et le Vizir se sont déplacés chez lui dans la maison mise à disposition par le Sultan de la Contrée du Nord. Mais la «fenêtre magique» n’a pas voulu dire à la Peuplade pourquoi il ne parle pas et ne rentre pas. Même les Religieux des Membres de la Peuplade en auscultant le Ciel à la recherche du croissant annonçant le Ramadhan, ont cru voir «l’oiseau d’acier » qui transportait le Sultan vers la Contrée. Du moins, c’est ce que disent les «papyrus»

Alors, Les chefs des différentes «jmaâs» ne savent plus quoi faire et les chefs des guerriers ne trouvent plus qui prévoir comme Sultan. Les «Guerriers» sont trop vieux s’ils ne sont pas morts et la tentative faite auprès du Guerrier qui fut déjà Sultan, fut vaine. Celui-ci refuse de revenir Sultan et souhaite que l’on fasse appel à des guerriers plus jeunes et plus robustes.

Le nouveau Vizir, en l’absence du Sultan veut paraître comme le prochain Sultan. Alors, il voyage dans toutes les régions de la Contrée et distribue de l’argent. Il vient même de libérer des criminels de la prison, et grâcier les tricheurs dans le concours des meilleurs savants, désavouant au passage son vice-vizir « chargé de l’érudition » des membres de la Peuplade. Celui-ci énervé, répond qu’il n’y aura aucune grâce et que les tricheurs ne peuvent pas être des savants, alors ils seront punis, désavouant à son tour, son Vizir.

Alors, la Peuplade fait semblant de ne rien voir, fait semblant de travailler, fait semblant d’observer Ramadhan, fait semblant de faire la prière…. En somme, la Peuplade fait semblant de vivre……. Alors qu’elle est fondamentalement morte.

Ce conte fictif me rappelle l’autre conte que ma mère me racontait devant l’âtre: «Il était une fois une Peuplade médiévale qui vivait dans une contrée non moins médiévale et qui souffrait de l’absence d’un Sultan, n’ayant pas pu désigner un parmi eux. Cette contrée était connue par le nombre impressionnant de pigeons qui y vivaient. Alors, les Sages de la Peuplade se réunissent dans le centre de leur contrée et décidèrent d’introniser le premier étranger qui traverse le village et reçoit de la fiente de pigeon sur la tête. Deux étrangers : un «Bon » et un «Cruel » traversaient un jour la contrée. Arrivés au centre, les Membres de la Peuplade remarquaient de la fiente de pigeon sur la tête du «Cruel» Ils le prirent et l’installèrent comme Sultan. Celui-ci, intronisé se fera remarqué par un comportement outrancier et injuste vis-à-vis de l’ensemble de ses sujets. Il fut cruel et impitoyable. Son ami le Bon vient et lui dit : «comment peux-tu te comporter ainsi alors qu’ils t’ont donné tous leurs biens et ont accepté d’être tes sujets et te servir ! Tu ne crains pas Dieu ?» Alors le «Cruel » lui répond : «Si Dieu voulait du Bien pour cette Peuplade et si elle le méritait, le pigeon t’aurait choisi toi, pas moi!»

Moralité ?…………………..

Bonne nuit, Cher Lecteur!

djillali@bel-abbes.info

N.B. Cette chronique fait suite à celle publiée en 2011


le 11 juillet 2013


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11 juillet 2013

2 Commentaires pour ““LA PEUPLADE, LE SULTAN & LE VIZIR (II)””

  1. Memoria

    Très belle histoire qui nous rappelle un peu celle des mille et une nuit ,des intrigues de Soug Okkad en passant par les péripéties de Djeha que l’école fondamentale a évacuées très tôt de l’imaginaire et inconscient collectif de plusieurs générations formatées et en attente de nouveaux programmes de consommation fast food de cette mondialisation inexorable et incontournable…!
    C’est vrai que le conte n’est pas seulement mythologie et légitimé par les études empiriques pour son côté moralisateur,comme la métaphore ne pourrait être seulement figure de style quand on sait qu’elle peut pallier au déficit informationnel des lecteurs en élevant leur niveau de sensibilisation sous réserve qu’elle lui soit accessible et plus ou moins vulgarisée…

    Pour le grammairien et linguiste Patrick Bacry,…””le contexte joue en effet un rôle fondamental dans le décodage de la figure de style en raison,d’une part,de la disparition des mots supports,et d’autre part à cause de la connotation.Le contexte permet par ailleurs de générer une interprétation.La métaphore étant une figure de l’ambiguité,elle laisse ainsi un vaste champ possible de décodage…””

    Avec l’espoir Si Djillali de vous avoir interprété….et la certitude de vous avoir décodé !

    Ramadan Moubarek!

  2. le cygne

    Votre conte est il vraiment fictif, Mr Djillali C………????
    Peut-on, aussi, parler d’une partie de jeu d’échec qui est entrain de se jouer entre le Roi, le Fou et les Pions……sur un échiquier à la place de la contrée….!!! Un échec et mat est à envisager, mais qui des fous ou des sages va l’emporter……??? Au fait, y a-t-il vraiment des sages en lice…?
    Enfin, tout dépendra de ceux qui sont entrain de tirer les ficelles et tisser les toiles d’araignée…..!

    Moralité….kama Takounou Youwala 3alaykoum……!!!!

    Saha Shorkoum…!

Les commentaires sont fermés

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