Chronique du jeudi : «OÙ VA L’ALGÉRIE?»

Ce titre emprunté à Feu Boudiaf est on ne peut plus idoine pour la conjoncture actuelle du Pays.
Des statistiques croisées au gré du zapping, ont de quoi donner de sueurs froides. Imaginez que l’Algérie a vu le volume de ses importations augmenter de 5,7 Milliards de dollars en 2000 à 54,9 milliards en 2013. Or, on sait que les importations augmentent quand la production nationale diminue. En d’autres termes, il y a désinvestissement. Si c’est le cas, comment expliquer alors, les montants faramineux injectés chaque année, à l’occasion de la loi des finances, dans la chapitre investissement? Où sont parties ses sommes astronomiques?
Par ailleurs, alors que le Pays traverse pendant 13 ans une phase de désinvestissements, on ne lésine point sur le redressement des entreprises publiques en y déversant à chaque fois des montants donnant le tournis, et qui servent non point d’investissements productifs, mais de pérennisation de la rente au nom d’une sacro-sainte paix sociale. Voilà que le nouveau Ministre de l’industrie (il faut rappeler qu’il fut pendant longtemps le bras droit d’Ouyahia au niveau du RND) récidive avec une énième restructuration du secteur public. L’autonomie des entreprises avait commencé en 1989 sous l’ère réformiste de Hamrouche avec une vision de management privé des EPE qui étaient chapeauté par des « Fonds de Participations. » Après le départ de Hamrouche, la première restructuration fut l’abolition des fonds de participation qui seront remplacés par des « Holdings. » Comme chaque Ministre doit marquer son passage, ces derniers se verront quelques années plus tard remplacés par des « SGP. » Et voilà que Bouchaouareb « innove » avec une notion de « Groupes » Pourtant si l’on regarde de près le fonctionnement, rien n’a changé depuis Hamrouche : Une pléthore de cadres recyclés et recrutés sur la base d’un clientélisme ignoble, qui trônent dans des buildings au centre d’Alger et qui passent leur temps à monnayer les postes d’Administrateurs au sein des Conseils des EPE sous leur autorité, à surveiller de près leurs intérêts et les dividendes des différents services rendus, ainsi que la rente à partager. Des nouvelles nominations à la tête des EPE et de leurs conseils d’administration en s’appliquant à choisir parmi les plus dociles et les plus maniables. Assurer le plein emploi sans contrepartie productive. D’ailleurs, Bouchouareb, n’a-t-il pas annoncé que l’un des objectifs de la restructuration est le maintien et la sauvegarde de l’emploi ?
Gageons que cette énième restructuration va générer d’autres restructurations d’entreprises avec une nouvelle injection d’argent au profit d’entités rentières qui n’arrivent plus à produire, hormis la rente et l’assistanat.
Si le Pays a atteint ce seuil de désinvestissement, signe de dépendance totale du Pays de l’étranger (y-a-t-il quelque chose que l’on n’importe pas en dehors de la rente et de la violence?) C’est du justement à cette politique de sérum continu pour des entreprises qui depuis longtemps ont démontré qu’en l’état dans lequel elles existent, elles ne sauront jamais être performante, ni compétitive.
Mais c’est du, aussi au fait que les lobbies de l’importation constitués et dominants font pression sur toute tentative d’investissement visant une production nationale menaçante pour leur activité. Ces lobbies qui ont infiltré l’ensemble des réseaux décisionnels du Pays, sont devenus de l’aveu même d’Ouyahia alors premier Ministre, une menace pour l’existence même du Pays et qu’il est impossible d’affronter. Férus de l’enrichissement rapide sans fonds de roulement personnels (puisqu’il y a le pétrole!) Ils annihilent toute tentative d’investissement productif.
Sinon, comment comprendre qu’avec une importante armée déployée au niveau des frontières, des tranchées creusées, et tout le dispositif sécuritaire, la drogue continue à pénétrer le territoire national avec des quantités astronomiques qui requiert des moyens gigantesques par conséquent détectables facilement. On a beau incriminer le Royaume Chérifien, mais notre responsabilité n’est pas des moindres, il faut en convenir ; car la frontière a beau être fermée, cela n’a jamais empêché le va-et-vient incessant dans les deux sens moyennant 2000DA (aller simple et 3500 DA aller et retour).
Les Gouvernements qui se succèdent et les chambres d’enregistrements développent une politique économique et sociale qui ne présage rien de bon pour l’avenir du Pays. En effet, le prix du pétrole commence à baisser, la Loi des finances 2015 prévoit de puiser dans le fonds des réserves, déjà. A ce rythme, à la fin de ce quinquennal ou peut-être bien avant, il n’y aura plus de réserves et l’Algérie pourra alors revivre la situation des années 80, où nous avons traversé une longue période en «cessation de paiement»
Tout cela est du à l’absence de stratégie réelle menée par des cadres aimant leur Pays par-dessus tout et militant pour son développement. Si c’était le cas, on n’aurait pas mené une bataille de plus de trois ans pour avoir une petite manufacture de production de Renault « Symbol » destinées exclusivement au marché national, avec des contraintes et des concessions, alors que la Maroc à coté, a ficelé une usine complète moderne en six mois. Tout cela, parce qu’en Algérie, le politique prend le dessus sur l’économique. Parce qu’une politique de prestige est plus importante aux yeux de nos Gouvernants qu’une politique économique productive à moyen terme.
La priorité donnée au maintien d’une paix sociale à n’importe quel prix depuis l’avènement des « pseudo printemps arabes » a induit des dérives graves dans la Société. Ainsi, plus aucune limite d’est reconnue par les citoyens qui ont compris l’état actuel de déliquescence, et profitent pour en tirer le maximum : De la fermeture des routes jusqu’au prêt ANSEJ sans intérêt et souvent non remboursé et dévié de sa destination initiale prévu, passant par les tentatives d’immolation pour des logements donnés gratuitement.
Alors que le Pays ne produit plus rien, les salaires ne cessent d’augmenter. Il est prévu d’ailleurs suite à l’abrogation de l’article 87 bis, de redéfinir le SNMG qui va générer des augmentations touchant plus de 2 000 000 de salariés, sans compter l’effet de boule-de-neige qui risque de multiplier les bénéficiaires et les montants alloués. D’ailleurs, la même loi des finances prévoit plus de 25% d’augmentation des dépenses qui sont certainement destinées à financer cette rubrique et prélevées sur le fonds des réserves.
Cette politique a mené vers un football instrumentalisé qui devient une priorité absolue pour le pouvoir. Ainsi, la mort regrettable d’Ebossé, a engendré une flopée de réunions interministérielles avec des décisions urgentes et immédiatement applicables ; alors que des accidents d’avion simultanés secouent les entreprises Air Algérie et Tassili Airlines, (on parle même d’un télescopage entre un avion et un sanglier sur la piste de l’aéroport d’Oran !) n’ont suscité aucune réaction digne de celle faite pour le football ; tout comme les évènements de Ghardaia qui, malgré leur ampleur et gravité n’ont suscité aucune mesure aussi importante que celle prise pour le football. A propos de football et de rente, il y a lieu de rappeler la prise en charge du MCA par Sonatrach, qui en sus de la prise en charge des toutes les dépenses, assurent une masse salariale de 30 joueurs , largement suffisante pour  rémunérer 40 000 smicards!
djillali@bel-abbes.info


le 04 septembre 2014


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04 septembre 2014

7 Commentaires pour “Chronique du jeudi : «OÙ VA L’ALGÉRIE?»”

  1. elgambiti

    Supposons que que toute l’analyse qui est faite de la situation économique et sociale de notre pays soit juste et que les commentateurs sur cette situation aient raison ,sommes- nous indemnes de tout reproches ,nous le peuple qui tuons ceux que nous encensons et portons haut ceux que nous critiquons ?
    Méritons -nous tout le faste que nous déployons à ciel dégagé ( pas tous ,j’allais dire malheureusement pour rejoindre le reproche sur les disparités ) comme si c’est un droit de bénéficier de quoi que ce soit au lieu de combattre le mal acquis et de vanter le travail de l’homme comme seule richesse pouvant faire prévaloir l’équité et naître l’espoir. Critiquer c’est bien ,travailler c’est mieux.

  2. kamara

    Bonjour Madame,
    Je partage avec vous les termes de votre commentaire. Comme vous, j’espère que les torches ne s’éteindront jamais. Cependant si cela devait arriver, quelle serait notre parade ? Je pense qu’il ne faut pas attendre que le ciel nous tombe sur la tête pour réagir. Pour l’instant, je ne vois pas les dispositions de ce plan de réaction pour mettre notre pays à l’abri. Je me permets de rappeler que le catalyseur du déclenchement de la décennie noire a été une chute brutale du prix du pétrole.
    Salutations

  3. kamara

    Si le prix du pétrole baisse ou s’il y a mévente de ce pétrole dans la durée, l’État algérien serait incapable de payer ses fonctionnaires. Alors, l’inattendu arrivera. Il faut envisager honnêtement la situation de notre pays et dire la vérité, toute la vérité avec sincérité et sans équivoques. Malgré l’apparence trompeuse d’une satisfaction des besoins ou d’une fausse abondance, notre pays est dans une mauvaise passe. Un peuple ne peut être nourri, vêtu, transporté éternellement par les autres. Seuls les simples d’esprit et les faussement optimistes peuvent nier la grave réalité de la situation actuelle. Notre problème se pose sur des questions matérielles. Notre drame ne provient pas d’un manque de moyens et les richesses diverses de notre pays auraient pu nous prodiguer beaucoup de bontés.
    Mais il y a un problème qu’on ne peut éluder, celui de la gouvernance qui n’a pas réussi par obstination et(ou) par incompétence. Certains responsables ne veulent pas admettre leur échec. Ils ont perdu. Ils ont perdu parce qu’il leur manque d’une vision d’avenir qui pourra sauver ce pays et ce peuple. Il est temps de se remettre en cause et revenir à de véritables valeurs sociales qui ont constitué notre ciment et qui sont plus précieuses que le profit matériel immédiat. Pour nos ancêtres, le Bonheur ne résidait pas dans la seule possession des biens matériels, il est dans la joie de l’exploit et dans la perception de l’effort du bâtisseur et du moissonneur.
    Nous devons revenir à la valeur du travail productif qui procure tant de joies et nous éloigner des profits éphémères. Un peuple qui ne vit pas de son travail doit s’attende à des moments terribles.
    Reconnaître la fausseté des biens matériels comme critère de réussite ne peut qu’éclairer que les fonctions officielles et les charges politiques qui ne peuvent se résumer à la fierté d’occuper un poste ou à l’accaparement de biens matériels. Il n’y a presque jamais l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Un homme respectable est un homme qui sert avec compétence et dévouement ses concitoyens. La confiance se perd, car elle ne peut se construire que sur l’honnêteté, et le respect des obligations de la charge. Notre pays n’a pas besoin de discours, mais d’actions vigoureuses. Notre peuple sait faire la différence entre le grain et la paille. Il est urgent de remettre les gens au travail et cela est possible s’il l’on s’y prend avec honnêteté, courage et sagesse. Il n’est pas possible de corriger cette situation avec des paroles ou des discours, il faut agir et rapidement pour espérer réussir

    • le cygne

      Vous avez entièrement raison, Mr Kamara…!!! Même si on s’accorde à dire que l’argent du pétrole a été utilisé pour les besoins de développement du pays, a permis de payer des factures d’importations qui se chiffrent annuellement à des dizaines de milliards de dollars qui vont nourrir les caisses des pays des Trois Nord, a servi à amonceler des réserves de change, à approvisionner les fonds de régulation des recettes, à s’acquitter d’une dette extérieure qui pesait très lourd sur le pays, à assurer l’autofinancement de la vache laitière, et à alimenter des transferts sociaux tels que l’aide accordée aux catégories les démunies de la population et la subvention des produits de première nécessité, il va sans dire que l’efficience de cette dépense et la probité dans la péréquation sont remis totalement en cause. Cet état de fait est conforté par le fameux répertoire des scandales de corruption dévoilées en chaîne dans la presse nationale et internationale, ce qui augmente la sensation de l’iniquité et la détermination de réclamer un droit de contrôle sur cette rente pétrolière, alors que des « nouveaux riches » transfèrent leurs « fortunes » à l’étranger et les investissent dans des biens immobiliers en France, en Espagne ou au Emirates, sans oublier les placements dans des paradis fiscaux qui servent à alimenter les différents lobbies américano-sionistes qui nous combattent…!!! Pôvre de nous !!! Pourtant, l’argent du pétrole appartient à tout le monde alors pourquoi ces disparités où seule une minorité en profite au détriment de la majorité…..????

      Avec tout cette rente, l’Algérie devrait faire partie des pays émergents, malheureusement, le statut du sleeping partner est toujours en vigueur, sinon qui va alimenter les caisses en crises des ex-néo empires…. !!!!

      Le pays ne tient debout depuis des décennies que grâce aux 97% des revenus qui proviennent des exportations d’hydrocarbures, alors prions pour que ça dure longtemps….car je ne pense pas que les choses vont réellement changer d’ici peu, vu plusieurs facteurs décourageants….!!!!!

      Au fait, qu’est ce qui va se passer si les torches cessent de brûler….????

      Mes Cordiales Salutations

  4. le cygne

    Où va l’Algérie….???? Oui, c’est une bonne question, que tout le monde se pose d’ailleurs….!!! Eh bien, à mon avis, elle suit la flèche de la dérive des continents, jusqu’au jour où on va assister à une collision ou à une subduction engendrant des conséquences désastreuses telles que les tremblements de terre…!!!!

    Avec tout ce qui se passe dans le monde, l’Algérie est entrain de gérer le jour le jour, pour éviter un printemps sans hirondelle, et pour cela la facture de la paix sociale est bien saucée….!!!! Mais, il faut dire qu’une bonne partie de cette facture sert à sauver les entreprises en difficultés ou en faillites chez l’ex-néo-colon sur l’autre rive, d’autres investissements pour servir les Faux Bourdons et une autre partie se trouve dans les paradis fiscaux etc…etc…..!!!
    Et le meilleure, c’est le statut du sleeping partner qui nous est imposé avec la bénédiction des Oursons en peluche et des importateurs en mèche avec les différentes multinationales, car l’Algérie ne doit rien produire, même pas les cerveaux…..!!!! Devinez pourquoi…???

    Bonne soirée à tous et à toutes.

    • Boualem

      Citez quelques exemples mme . ne parlez pas dans le vide . hatou borhanakoum ine kounetoum sadikine

    • Lamine

      Où va l’algerie n’est pas du tout idoine pour la situation actuelle. cette question a été pose en 1964 par Feu Boudiaf ,c’est a dire juste 02 ans après l indépendance.

      Actuellement on est a 52 ans de notre indépendance ,la phrase qu il faut utilisé ; Ou est parti l’algerie.

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