Il y a longtemps,Très longtemps un roi prenait trop de temps à se promener dans le royaume ;  Souvent dans ses randonnées, il croisait des hommes tristes puis les  suivait, les hommes entraient dans des demeures pauvres .Le roi jetait un regard par les fenêtres et y voyait une table, des chaises et des assiettes vides ; il haussait les épaules en pensant que cette idéologie de la misère faisait le bonheur de son règne et ainsi à la cour, le festin grandissait avec les saisons et l’on se gavait à satiété ; il refaisait le chemin du retour plus gai , rassuré que son royaume prospérait ; à la vue des sentinelles , il se mettait  à sourire « Voilà bien des mesures efficaces et alors mon château est bien gardé et les hommes sont en paix avec leur misère  » songeait -il . Il s’asseyait longtemps sur son trône, se laissait emporter par un profond sommeil puis faisait ce même rêve bizarre : il se voyait  dans une grande salle où une large table faisait le tour des murs , on y avait mis couteaux, fourchettes et assiettes mais le festin manquait ; les serviteurs avaient disparu , les courtisans occupaient leurs sièges , l’air d’avoir faim et lui le roi observaient l’étrange rituel avec une tête maussade . Il se leva et décréta une loi étrange  «  que chaque courtisan s’arrache le cœur, le dépose dans son assiette et le mange » Et chacun de s’exécuter, de mâcher son propre coeur avec délectation. Le roi se réveilla en sursaut. Il cherchait la signification du rêve, fit appel à son ministre et lui raconta la vision. Celui-ci leva les mains impuissant à déchiffrer le rêve ; le roi fit appel à toute la cour, personne ne put répondre. Il demanda au peuple. Le peuple aussi ne sur répondre. Le royaume vivait pour ce rêve. Un jour un étranger passa par là, il attacha sa monture, croisa les hommes tristes, le peuple se chuchotant des propos inintelligibles, puis s’arrêta devant les deux sentinelles, il demanda « Suis-je au château du rêve bizarre ? » Les deux sentinelles ne comprirent pas. Le roi debout sur le balcon vit l’étranger, il le reçut à la cour  «  ainsi vous êtes prince ? « Oui, dit l’étranger, mon royaume est très éloigné ; j’ai traversé bien des cieux pour parvenir dans vos contrées, j’ai eu vent de ce rêve bizarre et me voilà pour tenter de le déchiffrer. Majesté pouvez me répondre à cette question ? » Le roi hocha la tête «  Votre peuple vous aime t-il ? » Le roi sourit « Oui évidemment » «  Vous donne t-il la preuve ? » Il sourit à nouveau «  Mon peuple me nourrit bien » Le prince interroge encore « Et lui est-il bien nourri ? » Là le roi perd son sourire « Est-ce bien nécessaire qu’il se nourrisse bien » Le prince imperturbable continue ses questions «  Majesté, l’amour se partage, la justice n’est-il pas que quand le peuple est bien nourri , le roi se sent rassasié ? » Le roi cette fois se met en colère «  Dites-moi qui êtes vous pour me parler sur ce ton ? » Le prince se lève à son tour et dit calment «  Je suis un homme triste, je viens pour vous arracher le cœur que vous ne méritez pas ! Et le prince d’une coup d’épée frappe le roi à la poitrine, en extirpe le cœur, le met sur une assiette en parlant à haute voix, entouré des hommes tristes lesquels s’étaient emparé du château , chassés les courtisans pendant le conversation . Le prince des hommes prononça cette loi étrange « Quand un roi rend les hommes tristes, il ne mérite plus d’avoir un cœur. » Une jeune homme s’approche du trône. Le prince déclare avec solennité «  Je te déclare Roi et je dépose ce cœur sur tête. Ce cœur sera ta couronne et le peuple tes courtisans » Le nouveau roi régna longtemps et eût des peuples riches

One thought on “Et heureux triste coeur d’un roi.”
  1. Mon cher Mehaoudi, le peuple algérien n’est pas seulement triste. il est plongé jusqu’au cou dans la tristesse par le désespoir, la mal compagnie, la mal gouvernance, et la liste est tellement longue à valoir le suicide. pas en s’arrachant le cœur pour le manger parce qu’on ne sait même pas, si on a faim ou pas, triste ou pas…..,mais en coupant le souffle, en se jetant des hauteurs, en faisant une grande bougie avec sa propre chair…..

    On veut passer un message mais on arrive pas à trouver de destinataire. On veut crier pour faire entendre sa voix mais on a peur de gaspiller encore et encore son souffle et même sa voix.

    Le rêve de notre roi est toujours inconnu, il n’osera jamais sortir, suivre le pauvre pour voir ce qu’il endure, même s’il voit des rêves en direct et suffisamment.

    L’étranger, ici, c’est dieu qui n’est pas du tout étranger dans la réalité et le châtiment ne sera certainement pas, le cœur sur la tête d’un autre roi, mais répondre de tout un corps en vie ou déjà mort de désarroi.

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