Il paraît que les sanctions n’interdisent pas à la Russie de se procurer les technologies dont elle a besoin.

Lire le papier du Monde ci-dessous.

Cela invites à quelques commentaires.

1. D’abord parce que l’économie capitaliste est a-morale (et non immorale). Les entreprises vendent à ceux qui peuvent payer. Seule la solvabilité des marchés est décisive. Qui gagne, qui perd la guerre, cela est sans intérêt. Ce qui importe c’est leur chiffre d’affaires et leurs profits. Le reste…

Cela recouvrer les vieux mythes : « la gauche et le travail c’est la morale et la spéculation stérile. Le capital et la droite, c’est le pragmatisme, l’efficacité. »

2.- Les Russes n’ont pas besoin de technologies, de semi-conducteurs très sophistiqués pour leurs armes.

3.- Les drones iraniens « primitifs » ont un intérêt économique. Ils obligent les Occidentaux à utiliser des antimissiles très pointus et très coûteux pour abattre un drone très bon marché. Tous les drones n’atteignent pas leurs objectifs, mais économiquement parlant, c’est ruineux pour la défense.

Exemple :

– Le système antimissiles Patriot de Raytheon : 3 300 000 $ (version PAC-3, à 8 missiles)

– Un drone iranien : au plus 20 000 dollars.

Le calcul est vite fait. Envoyer une nuée de drones suffirait à saturer et à ruiner militairement et économiquement la défense adverse. Même si derrière, les Etats-Unis disposent de l’épargne mondiale des ploucs qui en dépendent et de la planche à billets inflationniste du système dollar.

Et je ne parle pas des coûts logistiques que le système nécessite. Rien de comparable avec un drone « primitif »…

4.- Les machines à désinformer peuvent toujours continuer à entretenir l’idée qu’hors d’Occident il n’y a ni sciences ni technologies. Cependant, les troufions opérationnels sur le terrain, savent l’ingéniosité de leurs adversaires.

Avec des pétoires médiévales, les Afghans -quels qu’aient été leurs coûts humains- ont fait plus que résister aux Yankees suréquipés. Inutile de remonter dans le passé et revisiter ce que les stratèges en chambre appellent les « conflits asymétriques » mortifères.

5.- Ce qu’il convient au contraire de constater c’est la résistance -et il ne s’agit pas ici d’un accord ou d’un soutien de la part de Djeha- de l’armée russe à une coalition militaire d’une taille et d’une puissance inconnue dans l’histoire de l’humanité.

La Russie (le PIB de l’Espagne et moins de 5% du budget militaire mondial) fait face à toutes les armées et économies occidentales, c’est-à-dire à environ 80% de la puissance militaire, économique et financière de la planète.

Ce qui devrait surprendre la galerie des pieds nickelés qui se réunissent tous les soirs sur les plateaux de TV en Occident, ce n’est pas la résistance de la « petite et pauvre Ukraine » agressée par le méchant « ours russe ».

Ce qui devrait surprendre c’est la très inégale confrontation entre toute la machine atlantique, plus le Japon, l’Australie et un brouhaha de minuscules petits supplétifs aux ordres.

Il est vrai que la Russie dispose de ce qu’il faut pour botter le c… à ceux qui franchiraient la “ligne rouge”.

Le résultat de cette confrontation est encore très incertain.

Bien sûr cela coûtera, mais sûrement pas aux machines de guerre qui engrangent contrats sur contrats, commandes sur commandes et qui voient leurs titres s’envoler en bourse.

C’est pour eux, pour ces privés (de rien) que le Père Noël a été inventé.

Pas pour les pauvres ploucs qui vivent « librement et démocratiquement » dans des pays « de droit », qui voient leur pouvoir d’achat grignoté et qui grelottent en Europe de l’Ouest alors que toute la pitié et la miséricorde est affectueusement dédiée aux « pauvres petits ukrainiens envahis ».

J’espère bien que les Marocains vont leur fiche une sacrée correction ce soir.

Aujourd’hui, les Marocains sont des « amis » parce que les Gaulois (ou ce qui tient lieu, rappelons-nous l’équipe « black-black-black » de l’« honorable académicien sioniste ») s’imaginent leur administrer une raclée et les accompagner paternellement vers la sortie… en toute amitié.

« C’est bien les ‘petits’, vous avez réussi à vous hisser jusqu’en demi-finale. Maintenant, prenez un bonbon et laissez place aux Grands. »

Demain, si le Maroc gagne, vous imaginez la tête en coin des rigolos qui ne rigolent plus aux extrêmes ?

Tant pis pour les entremetteurs monarchistes qui larbinent -en compagnie des nôtres- plus ou moins discrètement sur toutes les « rives » à Panam.

Djeha, mercredi 14 décembre 2022

La Russie continue d’être alimentée en composants électroniques occidentaux en dépit des sanctions et restrictions à l’exportation

Le Monde, mercredi 14 décembre 2022, 11:03.

Une enquête menée par Reuters en collaboration avec le Royal United Services Institute (RUSI), un groupe de réflexion britannique sur la défense établi à Londres, détaille pour la première fois la chaîne d’approvisionnement mondiale qui continue d’alimenter la Russie en composants informatiques et autres appareils électroniques occidentaux. L’enquête a identifié une galaxie d’importateurs et d’exportateurs obscurs, comme Azu International, et a révélé que des expéditions de semi-conducteurs et d’autres technologies continuent d’arriver en Russie depuis Hongkong, la Turquie, mais aussi l’Estonie, membre de l’Union européenne.

La Russie a acheté au moins 2,6 milliards de dollars (2,43 milliards d’euros) de composants informatiques et électroniques au cours des mois qui ont suivi les sanctions technologiques occidentales prises à l’encontre de son invasion de l’Ukraine, a rapporté Reuters mardi, citant des documents douaniers russes que l’agence de presse britannique a achetés auprès de trois fournisseurs commerciaux.

Les semi-conducteurs et d’autres technologies sont arrivés en Russie entre avril et le 31 octobre via Hongkong et la Turquie – qui n’ont pas adhéré aux restrictions à l’exportation des Etats-Unis et de l’Union européenne – ainsi que l’Estonie. Certains des fournisseurs – y compris des entreprises à Hongkong et en Turquie – ont des liens avec des ressortissants russes, selon un examen des documents déposés par les entreprises.

Des entreprises américaines, comme Intel, AMD et Texas Instruments, représentaient au moins 777 millions de dollars des produits importés. Intel, AMD et Texas Instruments ont déclaré à Reuters qu’ils n’avaient pas expédié de produits en Russie, conformément aux sanctions et aux contrôles à l’exportation.

Reuters a rapporté en août dans une enquête conjointe avec le RUSI que des puces produites en série par des entreprises occidentales, dans de nombreux cas non soumises à des restrictions à l’exportation, sont apparues à l’intérieur de missiles et de systèmes d’armes que l’armée russe a déployés en Ukraine. Le département américain du commerce estime que l’accès de la Russie aux semi-conducteurs a été réduit de près de 70% depuis le début de l’invasion russe en Ukraine. Cependant, l’examen des dossiers douaniers « a révélé que depuis l’invasion la valeur déclarée des importations de semi-conducteurs par la Russie a, en fait, fortement augmenté », déclare Reuters.

Selon le RUSI, la Russie s’est efforcée de trouver de nouvelles voies pour sécuriser l’accès aux micropuces occidentales. De nombreux composants sont vendus par le biais de distributeurs opérant en Asie, comme Hongkong, qui sert de passerelle pour les produits électroniques destinés à l’armée russe ou à des sociétés agissant en son nom.

La Commission européenne a déclaré qu’elle « prend très au sérieux le contournement de l’UE, car il s’agit d’une pratique qui peut nuire à l’efficacité des sanctions de l’UE ». Le Kremlin et le ministère de l’industrie et du commerce russe n’ont pas répondu aux demandes de commentaires émanant de l’agence britannique.

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