LA LADDH EST DISSOUTE DANS LE SILENCE DE SES DIRIGEANTS

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Un séisme de magnitude 7 a frappé le monde algérien des droits de l’homme, sans que personne ne sente la secousse pourtant très forte qu’il devait théoriquement provoquer. Le 26 juin 2022, cela fait six mois déjà que la dissolution de la Ligue Algérienne de la Defense des Droits de l’homme a été dissoute par un jugement du tribunal administratif d’Alger. Une dissolution faite à bas bruit que les têtes multiples de cette organisation ont volontairement tu.

C’est la deuxième mort du patriarche Ali Yahia Abdennour qui a été prononcée en même temps que fût dissoute l’organisation qu’il a fondé. La cendre, c’est tout ce qui reste du feu le plus ardent. Et, de l’abnégation sans faille du fondateur, il ne reste que les égoïsmes et les opportunismes de ses successeurs. Alors qu’il a vécu “pour” la ligue, eux ont vécu “d’elle”, Certains ne faisant qu’aiguiser sur son dos leurs folles appétits et leurs carrières, allant jusqu’à se disputer sa dépouille et dilapider le capital de confiance dont elle a bénéficiait pour un temps.

Depuis le prononcé du jugement de dissolution, aucun responsable n’a pris la peine d’en informer le public. Adoptant une politique d’autruche, ils ont enfoncé leurs têtes dans le sable et tenté caché la vérité et faire dans le déni du reel. 6 mois de silence jusqu’à ce qu’une personne divulgue le jugement caché sur la toile, poussant à une réaction hâtive, maladroite et non autorisée. Aujourd’hui 22 janvier 2023 un communiqué non signé et non cacheté par le sceau de la ligue, vient ” confirmer l’authenticité du document balancé sur les réseaux sociaux par de tierces personnes d’une manière intrigante et illégale”.

Ce jugement, rendu en audience publique et diffusé sans violation d’aucune loi, mérite d’être étudié et vulgarisé étant donné qu’il constitue une jurisprudence touchant à une organisation très importante que beaucoup d’Algériens sans voix considéraient comme leur voix et sur laquelle ils comptaient pour contrebalancer le pouvoir. Cet effort se fera.

D’ici là il faut dire les choses telles qu’elles sont. Crûment et sans fard. Au risque d’être taxé de toutes les trahisons. Ceux qui ont mis la main sur la LADDH sont tenus d’un devoir de vérité et de sincérité. Ce devoir ils l’ont violé allègrement. La preuve: durant six longs mois ils n’ont rien dit, ni du jugement, ni de la réaction qui est la leur, à supposer qu’ils aient réagi.

On peut leurrer les profanes. L’exercice est aisé, mais très malhonnête. Il est même suspect. Mais on ne peut pas leurrer les initiés.

Contrairement à ce qu’a été dit dans le communiqué, la LADDH ne fut pas “absente ou évitée durant la procédure qui l’a visée”. Au contraire, elle a été régulièrement citée, mais elle n’a pas présenté les mémoires de défense qui auraient pu détruire les arguments et les fondements de la demande de son adversaire. La preuve: le jugement est réputé contradictoire, ce qui veut dire que la citation a été dûment délivrée à la LADDH comme défendresse. On peut rétorquer, quand on ne connait rien au rouage de la justice, que non, elle n’a jamais été régulièrement citée et qu’elle a été évitée durant la procédure qui l’a visée, comme c’est dit dans le communiqué. Mais alors pourquoi les grands avocats, les avocats d’exception, qui la chapeautent n’ont pas réagit alors que les magistrats auraient dans cette hypothèse commis un faux. Pourquoi ils n’ont pas dénoncé publiquement, comme ils savent si bien le faire, cet hypothétique grave dépassement?

Le rédacteur du communiqué non signé et ne portant pas le sceau de l’organisation, a bien précisé qu’il y’a des véritables membres de la LADDH, et donc des faux. Reste à savoir qui sont les vrais et qui sont les faux, et est-ce c’est les vrais ou c’est les faux qui tiennent les renes de l’organisation. Si on lit bien entre les lignes du communiqué, on est forcé de conclure que ce ne sont pas les vrais qui les tiennent. Et ceux-là, des professionnels habitués des prétoires et qui n’ont soufflé mot ni n’ont signé de communiqués, ne peuvent dirent nous ne savions pas.

Il faut revenir à l’histoire de cette grande organisation, à ses moments de grandeur et de décadence, comme il faut revoir et relire les écrits du patriarche, là se trouve certainement un début d’explication.

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