L’indépendance algérienne n’est toujours pas digérée.

L’Algérie mêlée à une querelle qui n’est pas la sienne. Des diplodocus, des grabataires amputés du néocortex et de vieux débris en profitent pour semer la zizanie.

En pleine catastrophe sismologique

L’« Algérie française » embrouille les relations entre le Maroc et la France

Un séisme fait près de 3000 morts, des milliers blessés et de sans abris, des villages complètement rasés, des services publics débordés, des réseaux essentiels désorganisés…

La solidarité internationale s’est mobilisée comme en semblables circonstances dramatiques, en secours à un pays frappé par le malheur.

Des pêcheurs en eaux troubles en profitent pour brouiller les cartes et régler de vieux comptes.

Le Royaume Uni, le Qatar, l’Espagne, les Emirats sont accueillis en grandes pompes comme bienfaiteurs du Maroc martyr.

Le Maroc refuse de répondre officiellement à l’aide publique de la France qui attend un feu vert des autorités marocaines pour apporter son assistance. Le Maroc semble bloquer dédaigner le secours public de la France.

Pourquoi cela ?

Ce matin, France info, radio publique française, n’a rien trouvé de plus intelligent, de plus opportun que de convoquer un historien spécialiste de l’histoire médiévale espagnole pour éclaircir un débat qu’il a en réalité contribué à obscurcir.

Gabriel Martinez-Gros, un pied-noir né à Oran en janvier 1950, professeur émérite à l’université de Nanterre, en a profité pour remettre le feu à une histoire que Paris prétend par ailleurs vouloir pacifier.

Depuis 1962, l’« Algérie française » n’a jamais cessé de vouloir reconquérir l’histoire après la perte de sa géographie. Avant d’en venir à la volonté d’humilier des autorités françaises ainsi écartées de la solidarité qu’elles sont disposées à apporter au Maroc endeuillé par le séisme, précisons tout de suite que cette affaire n’est qu’un prétexte dont la France ne cesse d’être le dindon de la farce.

Aucun pied-noir, dont la majorité forme aujourd’hui le coeur de l’extrême droite française, ne songe une seconde à la reconquérir ce qu’elle a perdu. Bien au contraire.

Ce qui est en jeu, c’est la domestication de la France pour la soumettre à un axe atlantico-sioniste auquel quelques français semblent (mollement) résister.

Placés aux commandes des principaux leviers de la décision en France, en l’occurrence dans les médias publics et privés, les sionistes et les atlantistes (leurs nationalités importent peu) sont aux manettes pour achever d’aligner Paris sur des intérêts qui n’ont rien à voir avec ceux de la France.

La crise ukrainienne l’a mis en évidence : Macron a définitivement été écarté du dialogue avec Moscou et Pékin et tout a été fait par Washington pour terminer de chasser la France du Sahel en négociant dans le dos de Paris.

Que dit donc Gabriel Martinez-Gros pour expliquer le refus du Maroc d’accepter l’aide de la France ?

Inégalité de traitement

Le Maroc est fâché parce que l’Algérie est mieux traitée par Paris.

Reprenons mot à mot ses arguments.

« Il y a un troisième partenaire dont on ne parle pas. C’est l’Algérie »

« La France est coincée entre deux anciennes colonies. Deux pays que tout oppose. Il y a eu une ‘Guerre d’Algérie’, mais pas de ‘Guerre du Maroc’ ».

« Et la France n’a pas su choisir entre les deux pays. »

« C’est pourquoi le Maroc accueille l’aide des pays du groupe d’Abraham, ceux qui ont admis que le Sahara Occidental est marocain et qui poussent le monde islamique à une régularisation de leurs relations avec Israël. »

« L’Algérie réclame toujours une position privilégiée. Il n’est pas normal que vous accordiez tel droit à l’Algérie et que vous le refusiez au Maroc, alors que le Maroc vous a soutenu beaucoup plus que l’Algérie dans les instances internationales et, d’une manière générale, dans toutes les crises que la France a pu traverser. Des services secrets marocains ont joué un rôle important dans l’échec d’un certains nombre de complots ou d’attentats terroristes en préparation

« Il y a une dignité offensée, un sentiment d’ingratitude marocain vis-à-vis de la France. Tout simplement parce que les accords avec l’Algérie ont été portés par un siècle et demi de colonisation au cours duquel l’Algérie c’était la France.

« Il suffit de voir aussi quelle a été la répartition que la France a faite des terres sahariennes. L’Algérie en a évidemment tiré la part majeure tout simplement parce qu’elle était encore la France au moment où ce partage s’est fait, c’est-à-dire entre 1958 et 1962. »

En un mot, Sa Majesté est offensée parce que son voisin est avantagé par l’histoire, de l’époque où l’Algérie était la France et que cela lui a été profitable. Un argument de plus pour la thèse de 2005 sur les « bienfaits de la colonisation ».

Ces propos demanderaient de longs développements. Nous nous en tiendrons à quelques uns.

1.- Il n’y a pas eu de « guerre du Maroc », pas plus qu’il n’y a eu d’indépendance du Maroc. Ce pays est toujours une colonie partagée par les sionistes, les atlantistes et les affairistes français. La décolonisation du Maroc est toujours d’actualité. Mehdi Ben Barka l’a payé de sa vie.

Situation identique en Afrique où, peu à peu, les Africains continuent leur décolonisation, par-delà les indépendances formelles : hymnes nationaux, drapeaux, flonflons et potentats locaux grassement corrompus par l’ancienne métropole coloniale.

2.- Par respect pour la multitude des martyrs algériens qui ont payé pour notre liberté (par-delà l’indécence des rigolos nombreux qui s’en gaussent chez nous), je ne répondrai pas à l’insulte sur les « bienfaits » que les colons nous ont généreusement concédés.

J’en profite pour souligner l’impossibilité dans laquelle nous nous trouvons à rédiger une illusoire histoire à quatre mains.

3.- Les frontières algériennes, en particulier avec le Maroc, n’ont pas été tracées entre 1958 et 1962 comme l’affirme la malhonnêteté et l’incompétence de l’historien de l’Espagne médiévale